Ce Jour-là

Italie dans la Première Guerre mondiale

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, l'Italie qui jusque-là était alliée de la Triple-Alliance (Autriche-

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Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, l'Italie qui jusque-là était alliée de la Triple-Alliance (Autriche-Hongrie, Allemagne, Italie) décide de rester neutre avant de s'engager auprès de la Triple-Entente (France, Russie, Royaume-Uni) qui lui concède de nombreux territoires en cas de victoire. L'Italie entra en guerre le 24 mai 1915. Les opérations italiennes restent limitées à un front qui les oppose, la plus grande partie de la guerre, à l'Autriche-Hongrie. De 1915 à 1917 l'armée italienne, mal équipée et mal commandée, arrive néanmoins à pénétrer de quelques kilomètres en territoire ennemi, les Autrichiens restant en général sur la défensive. Cependant à l'automne 1917 les Italiens subissent une cuisante défaite à Caporetto avant d'obtenir la victoire à Vittorio Veneto en novembre 1918 qui amène l'Empire austro-hongrois à demander l'armistice qui met fin au conflit.

Dans un contexte politique marqué par la crise politique liée au débat colonial et par l'agitation sociale encouragée par l'aile gauche du Parti socialiste italien, regroupée autour de Benito Mussolini et tournant à la guerre civile, le gouvernement italien déclare sa neutralité dans le conflit qui débute.

En effet, le 3 août 1914, le gouvernement conservateur d'Antonio Salandra déclare que l'Italie ne prendrait pas part au conflit, puisque le caractère défensif de la Triple-Alliance ne l'y oblige pas, contrairement à ce que pense Sidney Sonnino. Les interventions diplomatiques du pape Benoît XV et des prélats du Saint-Siège, craignant une guerre catastrophique entre deux nations catholiques que sont l'Italie et l'Autriche-Hongrie, ne sont probablement pas non plus étrangères à cette décision. À gauche, l'opposition à la guerre est animée par les principaux chefs du Parti socialiste, au premier rang desquels Mussolini, dans ses éditoriaux de la fin août 1914 et trouve un large écho auprès des ouvriers et des paysans.

Dans le même temps, conformément au traité de 1912, les responsables du royaume, persuadés que la double-monarchie va annexer certaines portions du territoire serbe, réclament de son allié austro-hongrois des compensations territoriales.

Cependant, alors que le pays se divise sur la question de l'intervention, le gouvernement fait rapidement savoir au gouvernement russe son souhait de connaître le prix que l'Entente attache à son entrée dans le conflit. Tout en initiant des pourparlers avec les Alliés, les responsables du royaume ouvrent des négociations avec les responsables des puissances centrales : le prix de la neutralité italienne, selon Sidney Sonnino, ministre des Affaires étrangères, serait une compensation dans les Balkans, à laquelle serait joint le Trentin.

La campagne des interventionnistes

Alors que, dans les premières semaines du conflit, Benito Mussolini, dans les colonnes du journal qu'il dirige, Avanti!, prend position de manière claire contre le conflit, il participe, dès son exclusion du PSI au début novembre 1914, à la campagne en faveur de l'intervention de l'Italie dans le conflit.

À partir de ce moment se forme un conglomérat, un groupe de pression favorable à l'entrée de l'Italie dans le conflit, regroupant à la fois des anarchistes partisans de la guerre pour hâter la révolution et des groupes plus réactionnaires et plus nationalistes. Ce conglomérat fonde en décembre 1914 le « Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste ».

Le 3 mai 1915, l'Italie se désengage de la Triple-Alliance et, dans les jours qui suivent, Giovanni Giolitti et le Parlement essaient de sauver l'Italie du conflit, pendant que les nationalistes manifestent pour l'entrée en guerre de l'Italie. L'Italie se divise alors entre « interventionnistes », partisans de l'entrée en guerre et largement minoritaires, et « neutralistes ». Une partie de la gauche se rallie à l'interventionnisme, composant les « interventionnistes de gauche », qui mettent en avant le caractère monarchique des puissances de la Triple-Alliance et l'aspect démocratique des puissances de l'Entente.

Financé notamment par la France, le camp interventionniste regroupe les nationalistes d'Enrico Corradini et de L'Idea nazionale, soutenus par certains milieux industriels, quelques ex-syndicalistes révolutionnaires (Alceste De Ambris, Filippo Corridoni), qui n'ont qu'une audience restreinte, des « renégats du socialisme comme Mussolini », exclu du Parti socialiste italien (PSI) ou encore le poète Gabriele D'Annunzio. Ayant appelé, depuis Milan, à l'insurrection en juin 1914 (la « Semaine Rouge »), dans les Marches, en Émilie et Romagne, contre la guerre, Mussolini est en effet brutalement passé des neutralistes aux interventionnistes, en publiant dans l'Avanti!, le 18 octobre 1914, un article intitulé « De la neutralité absolue à la neutralité active et opérante », ce qui lui vaut d'être écarté deux jours plus tard de la direction de l'organe de presse du Parti socialiste italien (PSI), puis d'être exclu de ce même parti le 29 novembre. Au cours des semaines qui précèdent l'intervention dans le conflit, ces groupes multiplient les interventions, par des actions dans les rues des principales villes d'Italie, par des manifestations à Rome auxquelles participent de nombreux orateurs, dont Gabriele D'Annunzio.

Dès 1914, certains interventionnistes se regroupent autour du manifeste des Faisceaux d'action internationaliste, signé par Michele Bianchi, futur quadriumvir de la Marche sur Rome, Angelo Olivetti, ou encore Filippo Corridoni.

Le 11 décembre 1914, les Faisceaux d'action internationaliste fusionnent avec les Fasci autonomi d'azione rivoluzionaria (Faisceaux autonomes d'action révolutionnaire), fondés par Mussolini, qui participe à la campagne interventionniste pour l'entrée en guerre de l'Italie. Mais le véritable coup d'envoi de la campagne interventionniste est lancé par le poète Gabriele D'Annunzio, lors de son discours du 5 mai 1915 au Quarto, près de Gênes. Dans les jours qui suivent de nombreuses manifestations en soutien à la politique d'intervention italienne contre la double-monarchie ont lieu dans l'ensemble des villes italiennes, tandis que D'Annunzio appelle la foule romaine à la participation au conflit.

Durant tout le conflit, les partisans de l'intervention de l'Italie, notamment Mussolini, développent une rhétorique qui peut se révéler dangereuse du mot même de l'un de ses promoteurs.

Non contents de développer cette rhétorique incendiaire pour inciter les Italiens, majoritairement hostiles à l'intervention italienne dans le conflit, les partisans de l'intervention prodiguent des conseils politiques au gouvernement : après Caporetto, Mussolini et l'ensemble des acteurs du mouvement interventionniste suggère d'encourager les tendances centrifuges au sein de la double-monarchie, de moins en moins en mesure de poursuivre seule le conflit.

Les négociations avec chaque bloc d'alliance et le choix de l'Entente

Dans les années qui précèdent la guerre, le royaume d'Italie intensifie ses rapports avec la France et le Royaume-Uni, bien qu'elle soit membre de la Triple-Alliance, un traité défensif qui la lie à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Rome est en effet conscient de ne pouvoir obtenir le soutien de l'Autriche pour l'expansion de son territoire vers le Trentin-Haut-Adige, Trieste, Istrie et la Dalmatie, les terres irrédente.

Le 3 décembre 1914, Salandra, président du Conseil, définit les termes de la neutralité italienne, fixant les termes de l'attentisme italien, les responsables politiques du royaume se déclarant prêts à le faire basculer dans un camp ou dans l'autre, en fonction des propositions qui doivent être faites au gouvernement. À partir de ce moment, le gouvernement de Rome semble prêt à formuler ses revendications politiques et territoriales à l'ensemble des parties en présence. En dépit des pressions du Reich, les responsables de la double-monarchie se montrent réticents à l'idée de céder au royaume d'Italie tout ou partie des territoires convoités, le Trentin, le Frioul, une partie de la côte dalmate.

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