Ce Jour-là

Isadora Duncan

Danseuse américaine (1877-1927)

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Angela Isadora Duncan, simplement dite Isadora Duncan, est une danseuse d'origine américaine naturalisée soviétique, née le 26 ou 27 mai 1877 dans le quartier irlandais de San Francisco et morte le 14 septembre 1927 à Nice.

Au cours de son existence, Isadora Duncan révolutionne la pratique de la danse par un retour au modèle des figures antiques grecques. Par sa grande liberté d'expression, privilégiant la spontanéité et le naturel, elle apporte les premières bases de la danse moderne européenne à l'origine de la danse contemporaine. Influencée par son frère Raymond Duncan sur un retour à l'hellénisme et au culte du corps, elle veut redonner sa place à la beauté et à l'harmonie du corps, osant s'exhiber presque nue, à peine dissimulée par quelques voiles. Par ailleurs, son travail chorégraphique accorde une place particulière à la spiritualité.

Elle est la fondatrice de plusieurs écoles de danse, aux États-Unis, en Europe et en Russie.

Isadora Duncan naît au no 55 Geary Street à San Francisco le 26 ou le 27 mai 1877. Elle est la benjamine de quatre enfants dont ses deux frères, Raymond et Augustin, et sa sœur Élisabeth. Ses parents sont Charles Duncan, homme des arts et banquier à la Bank of California, et Mary Dora Gray.

Peu après la naissance d'Isadora, son père se retrouve sans emploi et ruiné, à la suite de la faillite de la banque. Ils doivent alors se séparer de leur maison. Puis sa mère apprend que son mari entretient une relation extra-conjugale. Selon un article publié sur le site du San Francisco Museum, sa maîtresse serait la poétesse Ina Coolbrith. Les parents divorcent en 1879 et Mary Dora Gray s'installe avec ses enfants à Oakland, où elle travaille comme pianiste et professeur de musique. Isadora va fréquenter l'école dans ses jeunes années mais l'abandonne rapidement. Pour son caractère indépendant, le système scolaire se révèle bien trop contraignant. D'autre part, sa famille étant pauvre, sa sœur et elle se mettent rapidement à donner des cours de danse aux enfants du quartier afin de contribuer aux finances de la famille. Isadora a douze ans et cette école de danse, où elles enseignent alors la valse et la polka, est la première d'une longue série.

En 1895, elle devient membre de la compagnie de théâtre Augustin Daly à New York mais est rapidement déçue par cet art. En 1899, elle décide d'aller en Europe, d'abord à Londres puis, un an plus tard, à Paris. C'est là, en deux ans, qu'elle obtient le succès et la notoriété. En effet, aidée par Loïe Fuller qui avait déjà beaucoup de succès et qui l'accueille dans sa compagnie en 1902, Isadora se fait remarquer dans les salons artistiques de Londres, Paris, Berlin et Munich.

À Paris, l'effervescence de la vie de bohème de Montparnasse ne lui convient pas. Elle s'installe à l'hôtel de Biron, rue de Varenne, où elle fonde une école de danse en 1905 et y exerce jusqu’en 1908. Elle y est voisine d'Auguste Rodin, « son ami et son maître » selon son récit intitulé Ma vie publié en 1927. Elle l'avait rencontré en 1900 à l'exposition du pavillon de l'Alma. En 1909, elle emménage dans deux grands appartements au 5 rue Danton : le rez-de-chaussée devient son logement et le premier étage fait office d’académie de danse. Pieds nus, vêtue d'écharpes clinquantes et de fausses tuniques grecques, elle crée un style primitif basé sur l'improvisation chorégraphique pour aller à l'encontre des styles rigides de l'époque. Elle est particulièrement inspirée par la mythologie grecque. Elle rejette les pas de ballet traditionnel pour mettre en valeur l'improvisation, l'émotion et la forme humaine. Isadora Duncan pense que le ballet classique, avec ses règles strictes et ses codifications, est « laid et contre nature ». Un nombre très important de personnes se rallient à sa philosophie, ce qui lui permet d'ouvrir une école et d'y enseigner.

Son importante influence inspire de nombreux artistes et auteurs dans leurs créations de sculptures, bijoux, poésies, romans, photographies, aquarelles et peintures, à l'exemple du personnage d'Élise Angel du roman de John Cowper Powys intitulé Comme je l'entends . Élise est une danseuse librement inspirée d'Isadora Duncan et représentant l'amante (libre) du héros principal, Richard Storm, en contraste avec son autre amour, légitime et possessif, Nelly.

Lorsque le théâtre des Champs-Élysées est construit en 1913, le portrait d'Isadora est gravé par Antoine Bourdelle dans les bas-reliefs situés au-dessus de l'entrée, et peint par Maurice Denis sur la fresque murale de l'auditorium représentant les neuf Muses. À cette époque, elle s'installe à Meudon Bellevue, où elle fonde une nouvelle école de danse.

Engagement politique et mariage

En 1922, afin de montrer son adhésion à l'expérience sociale et politique de la nouvelle Union soviétique, elle décide de s'installer à Moscou. Sa notoriété internationale apporte une attention plus que bienvenue sur le ferment culturel et artistique du nouveau régime. Elle rencontre et épouse en mai 1922 le poète Sergueï Essénine son cadet de dix-huit ans. Leur relation tumultueuse qui l'épuise et la dureté des conditions de vie sous le régime des Soviets, après la révolution, l'amènent à retourner à l'Ouest en 1924. Au cours de sa dernière tournée aux États-Unis en 1922-1923, elle agite une écharpe rouge qu'elle porte sur sa poitrine en proclamant : « Ceci est rouge ! Je le suis aussi ! ». Essénine l'accompagne en tournée en Europe, mais ses tendances alcooliques et les accès de rage qui s'ensuivent l'amènent régulièrement à détruire des meubles ou enfoncer des portes et fenêtres dans leurs chambres d'hôtel, générant une publicité tapageuse autour du couple. L'année suivante, il quitte Isadora, leur divorce sera prononcé, il retourne à Moscou, où il entre bientôt en dépression nerveuse puis est interné dans une institution spécialisée. Il est admis qu'une fois sorti de l'hôpital il se suicide, à l'âge de 30 ans, le 28 décembre 1925. Les circonstances de sa mort ne sont pourtant pas claires et le doute persiste entre meurtre et suicide.

La vie privée d'Isadora Duncan, tout comme sa vie professionnelle, fait fi de toutes les mœurs et règles de la moralité traditionnelle. Bisexuelle, ce qui n'est pas chose inhabituelle dans les cercles hollywoodiens de l'époque[réf. nécessaire], elle a une longue relation très passionnée avec la poétesse Mercedes de Acosta et a aussi été probablement engagée dans une histoire amoureuse avec l'autrice Natalie Barney. Elle a notamment déclaré : « Je crois que l'amour le plus élevé est une pure flamme spirituelle qui ne dépend pas nécessairement du sexe du bien-aimé ».

Elle a une liaison avec Jules Grandjouan, dessinateur et révolutionnaire connu pour ses dessins dans L'Assiette au beurre, qui dessine aussi sa danse, et avec le compositeur André Caplet.

Isadora Duncan a deux enfants hors mariage : Deirdre, née le 24 septembre 1906, avec le décorateur de théâtre Gordon Craig, et Patrick, né le 1er mai 1910, avec Paris Singer qu'elle surnomme « Lohengrin », l'un des nombreux enfants d’Isaac Merritt Singer, le fondateur des célèbres machines à coudre de même nom.

Pour Isadora Duncan, Paris Singer fait aménager l'hôtel Coulanges de la place des Vosges : il fait transformer la salle de réception en une salle de danse avec un escalier monumental, celle-ci devenant un lieu de représentation où la jeune femme peut esquisser ses chorégraphies.

Mais le 19 avril 1913 survient la noyade dans la Seine de Deirdre et Patrick Augustus lors d'un accident. Les enfants se trouvent dans la voiture avec leur nourrice Annie McKessack Sim, d'origine écossaise, de retour d'une journée d'excursion pendant qu'Isadora est restée à la maison. La voiture fait un écart pour éviter une collision. Le moteur cale, le chauffeur sort de la voiture pour faire redémarrer le moteur à la manivelle, mais il a oublié de mettre le frein à main. Dès qu'il fait démarrer la voiture, celle-ci traverse le boulevard Bourdon à Neuilly-sur-Seine, dévale la pente, et les deux enfants et leur nourrice meurent noyés dans la Seine.

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