Isabelle Mergault, née le 11 mai 1958 à Paris 14e et morte le 20 mars 2026 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est une actrice, scénariste, réalisatrice, dramaturge, chroniqueuse et romancière française.
Dans les années 1980, elle enchaîne les seconds rôles au cinéma et à la télévision, généralement comiques, en jouant souvent de sa dyslalie. Elle acquiert une certaine notoriété grâce au film Profs en 1985 et apparaît dans des séries télévisées populaires telles que Maguy, Marc et Sophie et Navarro. Après une cinquantaine de rôles, elle décide d'arrêter sa carrière d'actrice en 1991 et de se consacrer à l'écriture, notamment de scénarios.
En 2005, elle écrit et réalise son premier film, Je vous trouve très beau, qui lui vaut un succès public et critique et un César du meilleur premier film, puis elle réalise trois autres longs métrages : Enfin veuve (2008), Donnant donnant (2010) et Des mains en or (2023). En parallèle, elle refait quelques rares apparitions en tant que comédienne au cinéma et à la télévision.
Après avoir joué plusieurs pièces de théâtre dont deux de Laurent Ruquier, elle écrit et interprète ses propres comédies : L'Amour sur un plateau (2011), Adieu je reste ! (2012), Ouh Ouh (2014), Ne me regardez pas comme ça ! (2015), La Raison d'Aymé (2018), Elle et lui (2020) et Le Bracelet (2024).
Faisant partie de la bande à Ruquier à partir des années 1990, elle participe régulièrement en tant que chroniqueuse aux émissions radiophoniques et télévisuelles de l'animateur, notamment à Rien à cirer sur France Inter, On va s'gêner sur Europe 1 et à On a tout essayé sur France 2.
Elle est sociétaire de l'émission de RTL Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard entre 1988 et 1998, et à partir de 2014 dans la version de Laurent Ruquier.
Isabelle Anne Gabrielle Mergault naît le 11 mai 1958 à Paris 14e d'un père chirurgien et d'une mère chercheuse en médecine et dermatologue . Elle décrit son père comme étant « lecteur d’Astérix et bon vivant », quant à sa mère elle est « très pince-sans-rire, intello, végétarienne ». Elle est l’arrière-petite-fille d’Eugène Régilait, l’inventeur du lait en poudre. Elle grandit à Aubervilliers avec son frère et sa sœur. L'été, la famille fréquente les plages de Royan (Charente-Maritime).
Faisant régulièrement l'école buissonnière, renvoyée de plusieurs établissements scolaires, elle passe son baccalauréat en candidate libre qu'elle obtient sans mention. Elle étudie ensuite à l'école des Beaux-Arts. Parallèlement, entraînée par une amie, elle prend des cours de théâtre.
Atteinte d'un « chuintement » (défaut de prononciation sur les sons « ch » (/ʃ/) et « j » (/ʒ/)) appelé « dyslalie », elle consulte un orthophoniste à l'âge de 18 ans. Le spécialiste lui assure qu’il ne lui suffira que de trois cours pour éliminer ce chuintement, mais lui conseille toutefois de garder cette particularité, qui lui permettra, selon lui, de se différencier dans le milieu du théâtre. Elle suit le conseil et persévère dans cette voie en courant les castings. Elle travaille également comme secrétaire sténo-dactylo pour financer ses études.
Le réalisateur Daniel Duval, venu assister à un cours de théâtre, éclate de rire en découvrant Isabelle Mergault en train de déclamer un classique. Il lui propose alors un rôle dans son prochain film, une adaptation d'un roman de Jeanne Cordelier. C'est ainsi qu'en 1979, elle tourne dans son premier film avec La Dérobade, où elle joue le rôle d'une prostituée rigolote. Elle obtient un autre petit rôle en 1981 dans Diva de Jean-Jacques Beineix (la fille du jeu vidéo).
Dans les années 1980, son chuintement lui fait enchaîner les seconds rôles comiques, comme On n'est pas des anges... elles non plus et Les hommes préfèrent les grosses en 1981, ou Pour cent briques, t'as plus rien... et Ça va faire mal ! en 1982. En 1985, après être apparue dans les films dramatiques L'Été prochain et Blanche et Marie, elle se fait remarquer dans le rôle d'une professeur de sciences naturelles lunatique dans Profs de Patrick Schulmann, ce qui la fait accéder à une notoriété au cinéma en France. En 1987, elle incarne à l'écran Bunny, l'un des personnages principaux de Club de rencontres de Michel Lang. Elle apparaît consécutivement dans deux films de Jean-Pierre Mocky : le thriller Agent trouble, toujours en 1987, puis campe l'année suivante le personnage de Fernande dans la comédie Une nuit à l'Assemblée nationale, avec Michel Blanc en tête d'affiche.
En 1984, elle est invitée dans un épisode de l'émission télévisée humoristique Merci Bernard réalisée par Jean-Michel Ribes et diffusée sur FR3. Dans les années 1980 et 1990 elle est également présente dans des téléfilms et séries télévisées telles que Médecins de nuit, Maguy, Marie Pervenche ou encore Marc et Sophie. Elle interprète Miss Lulu, la babysitteur de Yolande (Emmanuelle Boidron) dans sept épisodes de la série Navarro de 1989 à 1991.
Les Grosses Têtes et scénariste de cinéma
Parallèlement à son activité d'actrice, son exubérante gaieté et sa gouaille délurée lui permettent d'intégrer en 1988, Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL et participe également à la version télévisée sur TF1 de 1992 à 1997. Elle y est sociétaire jusqu'en 1998[réf. nécessaire].
À la fin du tournage du film Les Clés du paradis de Philippe de Broca, un directeur de production lui lance, alors qu'elle est âgée de 32 ans : « Tu es trop vieille pour apparaître à l’écran ! ». Loin de s'en offusquer, elle décide en 1991 d'arrêter sa carrière d'actrice. Plus tard, elle explique que ses débuts étaient difficiles : « Après ma première pièce, je pensais que ça allait rouler… Et puis en fait, je passais des castings et on ne m'appelait pas… À 29 ans, j’en ai eu marre et j’ai tout arrêté. C’est là que j’ai commencé à écrire ». Elle se consacre ainsi à sa véritable passion, l'écriture. Elle écrit les scénarios et dialogues d'épisodes de séries télévisées et de films, comme ceux de Voyage à Rome de Michel Lengliney en 1992 et Meilleur Espoir féminin de Gérard Jugnot en 1999.
Au théâtre, elle s'essaye au one-woman-show avec CQFD, joué au théâtre de Dix Heures du 1er avril au 31 juillet 1997.
Succès dans la bande à Ruquier et passage à la réalisation
Côté radio, elle rejoint en 1998 son ami Laurent Ruquier pour la dixième et dernière saison de son émission Rien à cirer, sur France Inter. Elle le suit également pour On va s'gêner, sur Europe 1, dès l'année suivante. Pilier de la bande à Ruquier, elle est aussi chroniqueuse dans l'émission On a tout essayé du même animateur, diffusé en avant première partie de soirée sur France 2. Son défaut de prononciation fait rire ses camarades, comme Laurent Ruquier, Jacques Martin et Olivier de Kersauson.