Isabelle Carré est une actrice, écrivaine, et réalisatrice française, née le 28 mai 1971 dans le 12e arrondissement de Paris.
En 2003, elle obtient le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Se souvenir des belles choses, ainsi que le Molière de la comédienne à deux reprises pour Mademoiselle Else (1999) et pour L'Hiver sous la table (2004).
En 2018, elle publie un premier roman, Les Rêveurs, chez Grasset, qu'elle lit ensuite à la Bibliothèque des voix. Un deuxième roman, Du côté des Indiens, paraît en 2020. Un troisième roman, Le jeu des si, paraît en 2022. Elle réalise l'adaptation cinématographique de son premier roman, donnant à ce film le même titre : Les Rêveurs. Isabelle Carré y tient le premier rôle féminin.
Isabelle Carré est l'unique fille d'une fratrie de trois enfants. Son père André Marie qui a révélé tardivement son homosexualité est designer et a fondé une agence de design travaillant notamment pour les stylos Waterman ou pour Pierre Cardin. Sa mère Claire Françoise Marie Morisson de la Bassetière est secrétaire de direction ; elle est l'arrière petite-fille de Louis Morisson de La Bassetière fils d'Édouard Morisson de La Bassetière aristocrate et homme politique vendéen et vit de sa sculpture. Isabelle passe son enfance dans le 7e arrondissement de Paris avec ses deux frères : l'aîné Benoit Carré, auteur-compositeur et ex-membre de Lilicub, et Vincent.
À quatorze ans, elle se retrouve dans le service psychiatrique de l'hôpital Necker-Enfants malades après une tentative de suicide. Elle dit y découvrir le film Une femme à sa fenêtre, de Pierre Granier-Deferre, et conclut, après avoir été conquise par le jeu et les répliques de Romy Schneider, que devenir actrice lui apporte une solution à son hyperémotivité. Un an plus tard, elle quitte ses parents à la suite de leur séparation, pour vivre seule. Son père règle son loyer tandis qu'Isabelle Carré pose pour des photos pour les magazines Jeune et Jolie, OK, Podium pour gagner un peu d'argent. Elle s'oriente vers la comédie et suit alors des cours d'art dramatique à l'American Center, au cours Florent et au Studio Pygmalion[réf. nécessaire], tout en suivant sa scolarité au lycée Victor-Duruy. Elle joue son premier petit rôle au cinéma dans le film Romuald et Juliette de Coline Serreau en 1988.
En 1989, elle obtient son bac B, puis intègre l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT). Elle commence rapidement une importante carrière théâtrale et cinématographique, alternant films grand public, films d'auteur, téléfilms et pièces de théâtre.
Débuts et révélation (années 1990)
En 1992, Isabelle Carré décroche son premier grand rôle au cinéma dans le film Beau fixe de Christian Vincent pour lequel elle est nommée au César du meilleur espoir féminin. Elle enchaîne dans le film à grand succès Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau, pour lequel elle est encore nommée aux César, puis dans Beaumarchais, l'insolent d’Édouard Molinaro en 1995.
En 1997, elle réalise un splendide jeu d'actrice dans La Femme défendue de Philippe Harel où elle est filmée en vue subjective de son amant, également narrateur du film. Elle occupe ainsi l'écran durant tout le film. Cette prestation lui vaut le prix Romy-Schneider de l'espoir du cinéma français et une troisième nomination au César du meilleur espoir féminin. Elle remporte la même année le prix Gérard Philipe.
En 2000, elle joue dans À la folie... pas du tout de Laetitia Colombani, dans lequel elle interprète la compagne avocate de Samuel Le Bihan, que lui dispute Audrey Tautou.
En 2003, Isabelle Carré reçoit le César de la meilleure actrice pour le film Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman, où elle joue le rôle d’une jeune femme atteinte de la maladie d'Alzheimer.
En 2004, elle remporte le Molière de la meilleure comédienne pour son rôle dans la pièce de Roland Topor L'hiver sous la table, mise en scène par Zabou Breitman.
En 2006, elle est nommée pour le César de la meilleure actrice pour le film Entre ses mains d'Anne Fontaine, dans lequel elle joue aux côtés de Benoît Poelvoorde. Elle joue également de nouveau au théâtre dans Blanc d'Emmanuelle Marie sous la direction de Zabou Breitman, aux côtés de Léa Drucker qui interprète sa sœur sur la scène du théâtre de la Madeleine transformée en un champ de blé entourant une maison campagnarde.
En 2007, elle joue dans Anna M., de Michel Spinosa, avec Gilbert Melki et Anne Consigny. Elle joue l'un des rôles principaux de la comédie Tellement proches, en 2009.
En 2008, elle joue le rôle d'une femme enceinte dans Le Refuge de François Ozon, ce qui est alors son cas. Au début du tournage, l'actrice est enceinte de six mois ; elle accouche de son fils Antoine, le 11 octobre 2008, peu de temps après la fin des prises de vues.
En 2011, Isabelle Carré partage l'affiche du drame Rendez-vous avec un ange avec Sergi López, puis, en 2012, fait partie du casting Des vents contraires, de Jalil Lespert, porté par Benoît Magimel. Elle est aux côtés de Pascal Elbé et de Laura Morante, également réalisatrice du film romantique La Cerise sur le gâteau. Autre trio pour la comédie dramatique Du vent dans mes mollets de Carine Tardieu, cette fois avec Agnès Jaoui et Denis Podalydès. Enfin, elle donne la réplique à Jean-Pierre Bacri et Kristin Scott Thomas pour la comédie dramatique Cherchez Hortense, mise en scène par Pascal Bonitzer.
En 2013, elle partage l'affiche de la comédie Cheba Louisa avec Rachida Brakni.
L'année 2014 la voit défendre trois films : elle est mariée à Sami Bouajila pour la comédie dramatique familiale Du goudron et des plumes, de Pascal Rabaté, puis retrouve le réalisateur Jean-Pierre Améris pour jouer une religieuse dans le drame Marie Heurtin. Enfin, elle joue la mère de l'héroïne (jouée par Joséphine Japy) du drame psychologique Respire, réalisé par Mélanie Laurent.