Les Innus ou Ilnus, appelés auparavant Montagnais, sont un peuple autochtone d'Amérique du Nord, originaires de l'est de la péninsule du Québec-Labrador, plus précisément des régions de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean au Québec, ainsi que de la région du Labrador à Terre-Neuve-et-Labrador selon le traité de 1949 de la cessation du Labrador à Terre-Neuve. Les Innus désignent leur territoire ancestral sous le nom de Nitassinan. Les Innus habitent le Nitassinan depuis 8 000 ans. Par ailleurs, ils désignent l'intérieur des terres, territoires de chasse, par le terme nutshimit.
Le terme Innu provient de leur langue, l'innu-aimun, et signifie « être humain ». Ce nom fut officiellement adopté en 1990 [réf. nécessaire] et remplace le terme Montagnais donné par les premiers explorateurs français.
Un certain métissage a eu lieu entre les populations innus[style à revoir] et des colons européens, donnant lieu à des noms de famille innus de souche francophone (Bellefleur, Fontaine, etc.) ou anglophone (Mark, MacKenzie, etc.). Pratiquant la chasse, la pêche, la cuillette et un mode de vie nomade, les communautés innus sont reconnues pour leur humour[réf. nécessaire].
En 1618 les peuples algonquiens alliés aux colonies françaises de la Huronie, des Pays-d'en-haut, de l'Acadie, de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Orléans se voient dans un conflit territorial opposés aux tribus nomades Iroquoises, alliés des Anglais et Hollandais. Les Innus, les Hurons (Wendats) et les Algonquins demandent à Champlain de les assister dans leurs guerres contre les Iroquois afin de protéger les villages algonquiens. Celui-ci accepte de fournir son appui militaire et attaque les Iroquois sur leur territoire en échange de fourrures destinées au marché de la traite des fourrures.
En 1701, invités par le gouverneur de la Nouvelle-France, Louis-Hector de Callière, les Innus signent le traité de La Grande paix.
En 2016, on estimait leur nombre à plus de 27 755, dont plus de 25 275 au Québec répartis dans 11 bandes et moins de 2 480 répartis en deux bandes au Labrador, population en décroissance à la suite des conflits reliés entre Terre-Neuve-et-Labrador et les communautés innus.
En 2021, au Québec, la population innue est estimée à 20 000 personnes établies sur la Côte-Nord, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et à Schefferville.
Les Innus sont un des peuples Algonquiens du Nord avec les Naskapis, les Attikameks, et les Cris, qui occupent le reste de la zone subarctique de Québec.
Il y a environ 7 000 ans, le réchauffement de l'Amérique du Nord qui entraîne la fonte des glaces amène les Innus à s'installer un peu partout sur la Côte-Nord du Québec et sur le territoire du Labrador. Leur premier contact avec une autre nation se fait avec les Inuit du Grand Nord qui chassaient la baleine migrant vers le Sud en raison de la fonte des glaces. Les Innus et les Inuit, pendant que ces derniers résident sur le même territoire durant quelques centaines d'années, partagent cultures et coutumes par des raids. Le combat le plus mémorable se passe en 1640 sur l'Île aux Esquimaux en Basse-Côte-Nord.
Les premiers missionnaires ayant rencontré les Innus de la Côte-Nord les ont appelés « Montagnais » qui désigne l'habitant des montagnes. Par contre, ceux vivant dans la région de la toundra étaient appelés Naskapis qui signifie « païen ». Au XXe siècle, les anthropologues ont rassemblé les deux termes, créant ainsi Montagnais-Naskapi, puisqu'ils considéraient que les deux peuples avaient une même culture. Cependant l'innu-aimun est la langue des Innus et le naskapi est celle des Naskapis.
Puis, les premiers Européens entrent en contact avec les Innus vers l'an 1500. Leurs premiers échanges sont des produits locaux (la nourriture, les médicaments, les fourrures, etc.) contre des objets de métal que les Innus ne peuvent pas produire eux-mêmes.
Les Norses (en), ou Vikings, dans la Grœnlendinga saga (1002-1003) nomment Skræling toutes les populations autochtones rencontrées dans la Péninsule du Québec-Labrador, et Markland leur territoire (Nitassinan), situé au sud du Helluland et au nord du Vinland.
En 1814 apparaissent l'Acte des Sauvages et les fondements de la politique d'assimilation. Comme partout sur le territoire, les missionnaires français arrivent sur la Côte-Nord afin d'assimiler les Innus. Ils changent leur nom, leur enseignent la religion catholique et leur apprennent le français. La culture autochtone est condamnée par les missionnaires.
Les Innus du Labrador, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord n'ont jamais officiellement cédé leur territoire au Canada par voie d'un traité autochtone, et jusqu'en 2002, les Innus des villages de Natuashish et Sheshatshiu du Labrador n'étaient pas assujettis à la loi sur les Indiens.
Avec l'expansion de l'exploitation minière et forestière depuis le début du XXe siècle, une proportion de plus en plus grande des Innus s'établissaient dans des villages au long des côtes et dans l'intérieur des terres. La sédentarisation des Innus était aussi activement encouragée par les gouvernements du Canada, du Québec et de Terre-Neuve et par les Églises catholique et anglicane, ce qui a mis définitivement fin à leur nomadisme.
Les Innus commencent le travail salarié lors de la construction du chemin de fer Québec North Shore et Labrador qui a été bâti entre les villes de Sept-Îles et de Schefferville. Comme la majorité de leur temps est consacré au travail et que ce dernier se retrouve à un endroit fixe, les Innus salariés cessent de parcourir de longues distances pour la chasse. Ils se contentent de chasser près du chemin de fer.
Avec le déclin des activités traditionnelles (la chasse, le piégeage et la pêche), la vie dans ces nouveaux villages fut souvent troublée par la toxicomanie, la violence familiale et le suicide.
En 1999, l'organisme Survival International a publié une étude sur les conditions de vie dans les deux communautés innues du Labrador et sur les politiques gouvernementales favorisant leur localisation dans des villages éloignés de leurs terres de chasse traditionnelles. Survival International affirmait que ces politiques violaient le droit international et étaient comparables au traitement infligé aux Tibétains par les autorités de la république populaire de Chine. De 1990 à 1997, selon ce rapport, la communauté innue de Davis Inlet au Labrador, affichait un taux de suicide douze fois plus élevé que celui de la population canadienne, donc au moins trois fois plus élevé que le taux observé dans plusieurs villages nordiques isolés du Canada.