L'incendie du bar Le Constellation survient le 1er janvier 2026 à 1 h 26 du matin à Crans-Montana dans le canton du Valais en Suisse, lors des festivités du nouvel an organisées dans l'établissement. L'utilisation de fontaines pyrotechniques fixées à des bouteilles de champagne enflamme la mousse acoustique, fixée au plafond et hautement inflammable, entraînant un embrasement généralisé éclair et une explosion de fumées.
Le bilan humain au 1er février est de 41 morts, dont une moitié de mineurs, et de 115 blessés graves. Il s'agit de l'un des accidents les plus meurtriers de l'histoire contemporaine de la Suisse.
L'émotion est internationale et des questions autour de la sécurité et de l'application des normes anti-incendie émergent rapidement.
Le Constellation est un bar-club et lounge bar connu à Crans-Montana, une station de ski huppée surplombant la haute vallée du Rhône. Le quotidien Tages-Anzeiger le présente comme incontournable et particulièrement prisé par une clientèle jeune et internationale.
Les origines du bar remontent à 1967. En 2015, un couple de restaurateurs français originaires de Corse, Jessica et Jacques Moretti, en reprend la gérance. Ils commencent par entièrement rénover et moderniser le lieu en adaptant ses installations et son offre à une clientèle internationale, notamment jeune et touristique. En 2022, ils deviennent propriétaires des murs qu'ils avaient loués jusqu'alors.
Sur le plan judiciaire, Jacques Moretti a déjà été condamné en France dans deux affaires remontant à la fin des années 1990 pour l’une et à 2005 pour l’autre.[pertinence contestée]
Le couple gère deux autres établissements à Crans-Montana et dans les environs : le bar-restaurant Le Senso (spécialisé dans les hamburgers) depuis 2020, fermé depuis le drame, et le Vieux Chalet à Lens depuis 2023, un établissement qui se présente comme « auberge corse ».
L'établissement peut accueillir 300 personnes à l'intérieur et 40 en terrasse selon son site web consulté juste après l'incendie ; il dispose d'un sous-sol où sont organisés des soirées et événements. Toutefois, selon les rapports rendus publics par la commune le 6 janvier, les limites de capacité sont de 100 personnes pour le sous-sol et 100 personnes pour le rez-de-chaussée.
Le sinistre s’est produit le 1er janvier 2026 à 1 h 26 du matin dans le sous-sol du bar-club. À ce moment-là, 164 personnes étaient présentes dans l'établissement. L'incendie semble avoir été provoqué par deux fontaines pyrotechniques allumées et projetant des étincelles verticalement, disposées sur deux grandes bouteilles de champagne apportées, selon la coutume de l'endroit, par une serveuse coiffée d'un casque ; elle était juchée sur les épaules d'un barman portant un masque de Guy Fawkes. Les étincelles de l'engin pyrotechnique auraient enflammé le plafond recouvert de mousse de correction acoustique en polyuréthane non ignifugé avant que ne survienne un embrasement généralisé appelé flashover en anglais et une explosion occasionnée par l'accumulation de fumées.
Selon un article de Blick rapportant les informations parues dans le Corriere della Sera, le casque porté par la serveuse décédée dans l'incendie limitait fortement son champ de vision.
Opérations de secours, plan KATAMED
Les premiers secouristes arrivés sur les lieux décrivent la situation comme «une zone de guerre ». Une zone d'exclusion aérienne est décrétée au-dessus de Crans-Montana, l'État du Valais décrète la situation particulière. Le plan KATAMED, réseau national de médecine de catastrophe, est activé de même que le mécanisme de protection civile de l’Union européenne afin de faire « face au nombre de grands brûlés à traiter ».
Les nombreux blessés sont répartis dans différents hôpitaux de Suisse, notamment ceux de Sion et Riviera-Chablais, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), les hôpitaux universitaires de Genève, l'hôpital de l'Île de Berne, l'hôpital universitaire de Zurich. Quinze hélicoptères (treize de compagnies de secours suisses, un français et un italien), une quarantaine d'ambulances, trois camions lourds de médecine de catastrophe et plus de 150 spécialistes de la santé sont mobilisés dès le déclenchement de l'alerte.
Afin de faire face à l'afflux exceptionnel de patients souffrant de brûlures graves et à la durée de leur prise en charge, la Confédération suisse active le mécanisme européen de protection civile, en lien avec le soutien offert par le Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC). Cette aide comprend des places de traitement spécialisé et des capacités de transport médical aérien. Venues de France et d'Italie, des équipes médicales spécialisées (Burns Assessment Teams) renforcent les effectifs des hôpitaux du Valais et de Lausanne et participent à la coordination des transports vers ces pays.
France, Italie, Allemagne et Belgique
Une soixantaine de patients sont admis à l'hôpital du Valais sur les sites de Sion, Sierre, Viège et Martigny. Environ 60 autres sont répartis dans des hôpitaux suisses, dont les centres suisses de prise en charge des grands brûlés (le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne, l'hôpital universitaire de Zurich et les hôpitaux universitaires de Genève). Les hôpitaux suisses identifient les patients devant être transférés, puis les répartissent en fonction des places disponibles dans les hôpitaux spécialisés dans l'Union européenne.
Des vols médicalisés sont organisés avec la Garde aérienne suisse de sauvetage et des partenaires nationaux et européens. Les évacuations médicalement urgentes interviennent en l'intervalle de quarante-huit heures maximum, unique période où l'état des patients est suffisamment stable pour permettre un transport.
La France, l'Italie, l'Allemagne et la Belgique accueillent une partie des grands brûlés. En France, où une cinquantaine de places avec capacité de réanimation lourde pour grands brûlés sont disponibles, les transferts ont lieu vers le centre des grands brûlés de l'hôpital Édouard-Herriot à Lyon, le centre de traitement des brûlés de l’hôpital de Mercy à Metz et celui de Nantes. En Italie, les patients sont transférés au centre des grands brûlés de Milan. Quatre victimes sont admises dans des centres de traitement des grands brûlés en Belgique. Au total, trente-huit grands brûlés seront transférés dans les centres spécialisés des hôpitaux européens : seize en France, huit en Italie, sept en Belgique et sept en Allemagne. Au 6 janvier, 46 grands brulés sont soignés dans des hôpitaux européens. Le paragraphe sur les victimes donne le détail de la répartition des blessés par pays.