Ce Jour-là

Incendie de Notre-Dame de Paris

Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019

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L'incendie de Notre-Dame de Paris est un incendie majeur survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris, les 15 et 16 avril 2019, pendant près de quinze heures.

Le sinistre se déclare en fin d'après-midi à l'intérieur de la charpente et prend rapidement une grande ampleur. Les flammes détruisent intégralement la flèche, les toitures de la nef et du transept ainsi que la charpente. En s'effondrant, la flèche provoque l'écroulement de la voûte de la croisée du transept et deux voûtains d'une travée de la nef. L'effondrement d'un voûtain du transept nord est causé par la chute d'une ferme.

L'intervention de centaines de pompiers, jusqu'au lever du jour, permet de sauver la structure globale de l'édifice et d'épargner la tour sud, sécurisée quelques heures après le début de l'incendie, ainsi que la façade occidentale, le trésor et l'essentiel des œuvres d'art de la cathédrale. Il s'agit du plus important sinistre subi par la cathédrale depuis sa construction.

L'incendie entraîne une très forte émotion, tant en France que dans le reste du monde, une large couverture médiatique, ainsi que de nombreux dons financiers privés et publics. Après des débats sur la construction d'un édifice plus moderne à l'emplacement de l'ancienne flèche conçue par Eugène Viollet-le-Duc en 1859, il est décidé de la reconstruire à l'identique. Le vœu du président de la République Emmanuel Macron de voir la cathédrale rénovée rouvrir dans un délai de cinq ans est tenu en décembre 2024.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, construite entre les XIIe et XIVe siècles sur l'île de la Cité, au cœur de Paris, avait été restaurée au XIXe siècle. Elle n'avait jusqu'ici jamais été touchée par un incendie, alors que les départs de feu dans les églises étaient fréquents avant l’invention du paratonnerre au XVIIIe siècle, selon Odon Vallet, historien des religions. L'électricité n'avait jamais été installée dans la charpente (surnommée « la forêt ») pour limiter les risques d'incendie.

Avertissements sur les risques d'incendie

En février 2015, un rapport relève la présence de nombreux mégots au sol dans la charpente.

D’après une enquête du Monde, plusieurs employés de l'entreprise de sécurité Elytis, chargée de surveiller la cathédrale, avaient alerté sur des défaillances depuis plusieurs années. Ainsi, à partir de 2014, il n'y avait qu'un seul agent au PC sécurité de Notre-Dame, chargé à la fois de l’écran de surveillance et de la ronde sur le terrain, contre deux précédemment. Les employés ont également critiqué l'impossibilité de s’entraîner à monter dans les tours et de faire les rondes de prévention nécessaires. Le PC sécurité n’aurait pas toujours été tenu au courant des travaux en cours. Des incidents sont rapportés, comme : « le 18 mai 2015, à 13 h 45, le chef d’équipe s’étonne que des travaux de point chaud aient été effectués sans permis feu ». Un agent de la cathédrale assure que « personne n’allait vérifier le chantier après le départ des ouvriers », alors qu'il s'agit d'un impératif sur ce type de travaux en l’absence de caméras thermiques.

En 2016, Paolo Vannucci, professeur d’ingénierie mécanique à l’université de Versailles, étudie pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) les risques d'incendie de Notre-Dame de Paris, notamment dans l'hypothèse d'un attentat terroriste après les multiples tragédies de l'an passé. Son rapport, qui signale la nécessité de remédier à la quasi-inexistence de systèmes de protection de la toiture contre l'embrasement, est classé « Confidentiel-Défense » par le gouvernement de Manuel Valls au motif qu'il contient des informations susceptibles d'inspirer des incendiaires. En dépit de discussions entre les auteurs de l'étude et le CNRS, le rapport n’est pas utilisé. Également approchée, la mairie de Paris indique que Notre-Dame de Paris ne relève pas de sa compétence.

Travaux de restauration en cours

Depuis plusieurs mois avant l'incendie, dans le contexte d'un vaste projet d'ensemble pour l'île de la Cité, une partie du monument était en travaux de restauration, notamment pour nettoyer l'extérieur de la flèche, noircie par la pollution, et un ensemble de sculptures métalliques, oxydées. Le chantier de la flèche devait durer quatre ans et, par la suite, le chœur devait être restauré sur dix ans. L'État avait financé à hauteur de 2,5 millions d'euros la restauration de la flèche, somme que Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale, avait jugée insuffisante pour couvrir l'ensemble des travaux de rénovation. Il avait notamment été question de faire appel à des mécènes internationaux. Pour permettre cette restauration, un imposant échafaudage extérieur était en cours de montage, ainsi que des plateformes et autres structures dans les combles de la flèche. L'échafaudage extérieur était desservi par deux ascenseurs situés à 45 et 65 mètres de la flèche.

L'incendie se déclare le lundi 15 avril 2019 (au début de la Semaine sainte), vers 18 h 20. Il trouve son origine au niveau de la charpente, à la base de la flèche, œuvre de l'architecte Viollet-le-Duc, constituée de 500 tonnes de bois et 250 tonnes de plomb, qui surmonte la croisée du transept et culmine à 93 mètres. D'après les pompiers, les flammes sont apparues au niveau des échafaudages installés sur la toiture et se sont propagées extrêmement vite, atteignant l'ensemble du toit et détruisant la charpente.

Cette charpente était la plus vieille de Paris pour les parties de la nef et du transept. Elle était faite de 1 300 chênes, soit 21 hectares de forêt.

Alertes et début de l'incendie

D'après les informations de Rémy Heitz, procureur de la République de Paris, un agent de la société privée Elytis observe à 18 h 18 un voyant et un message d'alarme sur son écran de contrôle du PC sécurité installé dans le presbytère, soit cinq minutes après le début de la messe du chanoine Jean-Pierre Caveau, qui commençait la lecture de l'Évangile au moment de cette première alerte. Cet agent alerte le surveillant d'astreinte (salarié du diocèse), qui se rend rapidement dans les combles de la sacristie pour effectuer une levée de doute. Cette première alerte a retenti grâce au déclenchement automatique d'un des DAAF présents dans la cathédrale. Le surveillant ne constate aucun départ de feu ou incident, si bien que l'alerte est signalée comme négative, ce qui pourrait conduire à l'hypothèse d'une erreur humaine lors de la levée de doute. Selon The New York Times, une mauvaise interprétation des messages d'alarme ou un défaut de communication auraient conduit l'employé de sécurité à se rendre dans les combles de la sacristie au lieu de ceux de la nef.

À 18 h 23, l'origine de l'alerte n'est toujours pas trouvée. L'alarme incendie se déclenche, accompagnée d'un message vocal en français et en anglais demandant aux visiteurs de procéder à l'évacuation des lieux. Tous les visiteurs et fidèles présents dans l'édifice se retrouvent sur le parvis. La levée de doute étant infructueuse, l'alarme est éteinte et les fidèles sont autorisés, à 18 h 35, à reprendre l'office interrompu.

À 18 h 43, l'agent de sécurité appelle au téléphone son responsable afin d'avoir des précisions sur le code qui s'est affiché sur l'écran de contrôle du PC sécurité. Ce dernier lui explique que le message « combles nef/sacristie » désigne les combles de la nef, pas ceux de la sacristie. Une seconde levée de doute donne lieu à une vérification positive : le surveillant, accompagné cette fois du régisseur de la cathédrale, constatent le début d'incendie dans la charpente et déclenchent manuellement l'alarme à 18 h 45, conduisant à une nouvelle évacuation.

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris est alertée à 18 h 51 ; c'est la caserne de Poissy (située rue du Cardinal-Lemoine et appartenant à la deuxième compagnie du deuxième groupement d'incendie) qui est la plus proche. Son véhicule de Premiers Secours Évacuation (PSE) sera le premier véhicule de pompiers à se présenter sur les lieux à 18 h 58, alors que le départ d'une trentaine d'autres engins est déclenché simultanément. Les pompiers s’engagent alors à pied par les escaliers de la cathédrale pour rejoindre la charpente et établir leurs lances à l'intérieur de celle-ci ainsi que sur les corniches, afin de tenter d'enrayer la propagation du feu[réf. nécessaire].

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