Les impacts sur Jupiter sont les collisions d'objets célestes, astéroïdes ou comètes, avec la planète Jupiter. Depuis les années 1990, plusieurs de ces impacts ont pu être observés, le premier et plus spectaculaire d'entre eux étant celui de la comète Shoemaker-Levy 9 en juillet 1994.
Jupiter a une masse équivalent à deux fois et demi le total des masses des autres planètes du système solaire, ce qui en fait le deuxième objet le plus massif de notre système planétaire, après le Soleil. De ce fait, la géante gazeuse possède une grande sphère d'influence gravitationnelle, d'environ 50 millions de kilomètres de rayon (un tiers d'unité astronomique), qui lui permet de capturer nombre d'objets passant à proximité. La proximité du système solaire interne, et en particulier de la ceinture principale d'astéroïdes, renforce également l'influence de la planète géante sur les objets qui en font partie et favorise donc les captures par la planète orange.
La plupart des objets suivent, une fois capturés, une orbite fortement elliptique autour de Jupiter. Ces orbites sont généralement instables et demeurent fortement influencées par le Soleil — en particulier lorsque l'objet se trouve à son apozène, c'est-à-dire à son point le plus éloigné de Jupiter. Certains de ces objets retournent sur une orbite héliocentrique après plusieurs révolutions autour de la planète, mais d'autres finissent par s'écraser sur cette dernière ou, plus rarement, sur un de ses satellites.
Pendant longtemps[Quand ?], les astronomes ont cru que ces caractéristiques tendaient à favoriser l'expulsion en dehors du système solaire ou la capture par la géante gazeuse de la majorité des objets qui traînent dans son voisinage et, par conséquent, à conduire à une réduction du nombre d'objets potentiellement dangereux pour la Terre. Des études dynamiques ultérieures[Quand ?] ont montré que, en réalité, la situation est plus complexe : la présence de Jupiter tend en effet à réduire la fréquence des impacts sur Terre d'objets du nuage d'Oort, mais tend à augmenter celle des astéroïdes et des comètes à courte période.
Pour cette raison[Laquelle ?], Jupiter est la planète du système solaire caractérisée par la plus grande fréquence d'impacts : la planète serait touchée plusieurs fois par an par des objets de plus de 10 mètres de diamètre. Cela lui vaut parfois le surnom (souvent employé de travers) d'« aspirateur » du système solaire.
En tant que planète gazeuse, Jupiter ne possède pas de surface solide visible : la couche la plus basse de son atmosphère, la troposphère, se fond progressivement dans les couches internes de la planète. L'élément de l'aspect extérieur généralement considéré comme caractéristique de la planète est l'alternance de ses zones (claires) et bandes (sombres).
L'impact d'une comète ou d'un astéroïde engendre des phénomènes plus ou moins importants en fonction de la taille de l'impacteur, qui sont de nature transitoire et qui sont progressivement masqués par l'action des vents. Il est donc impossible d'obtenir des informations sur les impacts qui se sont produits si ces événements ne sont pas observés en direct ou presque immédiatement après.
La surface cratérisée des satellites galiléens fournit des informations sur les époques les plus reculées. En particulier, la découverte (dans le cadre des missions Voyager) de treize chaînes de cratères sur Callisto et de trois autres sur Ganymède ainsi que les impacts suivis en direct de la comète Shoemaker-Levy 9, constituent des preuves solides que certaines comètes ont été fragmentées et sont entrées en collision avec Jupiter et ses lunes dans les temps anciens. En effet, alors que les chaînes de cratères observées sur la Lune rayonnent souvent à partir d'un cratère principal et semblent pour la majorité d'entre elles avoir été créées par les retombées des éjectas (en) de la collision primaire, celles présentes sur les lunes joviennes ne sont pas liées à un cratère principal et il est donc probable qu'elles aient été créées par l'impact d'une série de fragments cométaires.
Les petits corps célestes entrent fréquemment en collision avec Jupiter. En analysant les cratères d'impact présents sur la Lune, laquelle conserve intacts ces traces de collisions, il a été déterminé que la fréquence d'impact décroissait comme le cube du diamètre du cratère résultant de l'impact, le diamètre du cratère étant lui-même généralement proportionnel à la taille du corps céleste qui en est à l'origine.
Une publication de 2003 estime qu'une comète d'un diamètre de 1,5 km et plus frappe Jupiter tous les 90 à 500 ans. Des études de 2009 suggèrent que Jupiter est percutée par un objet de 0,5 à 1 kilomètre tous les 50 à 350 ans. Pour les objets plus petits, les différents modèles produits par les astronomes divergent, en prédisant de 1 à 100 collisions avec un astéroïde d'environ 10 mètres de diamètre par an ; à titre de comparaison, une telle collision se produit sur Terre en moyenne une fois tous les dix ans. Comme précisé au-dessus, les impacts avec des objets de plus petite taille se produiraient avec une plus grande fréquence.
La plupart des impacts sur Jupiter passent inaperçus, mais il est estimé que 20 à 60 objets de taille similaire à celui de l'impact du 7 août 2019 (12 à 16 mètres, environ 450 tonnes) frappent la planète géante chaque année. Étant donné la grande taille et par suite le grand champ gravitationnel de Jupiter, ce taux d'impact est 10 000 fois plus grand que celui sur la Terre.
Les premiers témoignages d'impacts sur Jupiter remontent au XVIIe siècle : l'astronome amateur japonais Isshi Tabe a découvert dans les papiers d'observations de Jean-Dominique Cassini certains dessins qui représentent une tache sombre qui est apparue sur Jupiter le 5 décembre 1690 et dont il suivra l'évolution pendant 18 jours ; il se peut donc qu'un impact sur la planète géante ait été observé avant celui de la comète Shoemaker-Levy 9.
Un nouvel impact de météoroïde sur Jupiter a peut-être été observé par Voyager 1 en 1979, lorsque la sonde a enregistré un flash rapide de lumière dans l'atmosphère de la planète.
Grâce à l'amélioration des moyens de détection, au moins douze impacts ont été formellement recensés, directement ou indirectement, depuis le début des années 1990, bien que de nombreux autres non détectés se soient très certainement produits.
les impacts du 16 au 22 juillet 1994 avec les fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 ;
l'impact du 19 juillet 2009, repéré seulement par la tache noire que l'impacteur a laissée dans l'atmosphère de Jupiter ;
l'impact du 3 juin 2010, repéré par un flash dans l'atmosphère de Jupiter ;
l'impact du 20 août 2010, repéré de la même façon que le précédent ;