Ce Jour-là

Ignacy Paderewski

Compositeur polonais

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Ignacy Jan Paderewski, né le 6 novembre 1860 (18 novembre dans le calendrier grégorien) à Kuryłówka en Podolie (actuelle Ukraine) et mort le 29 juin 1941 à New York, est un pianiste, compositeur, mécène, philanthrope, homme d'État et diplomate polonais. Ce grand virtuose attirait à ses concerts des foules enthousiastes, fascinées par son charisme hors du commun. Il n’hésitait pas à se servir de sa popularité pour défendre la cause de l’indépendance de la Pologne. Il épouse en deuxièmes noces la militante féministe et humanitaire Helena Maria Paderewska von Rosen.

Origines familiales et formation

Ignacy Paderewski est issu de la petite noblesse polonaise de Podolie, une province anciennement polonaise faisant alors partie de l'Empire russe. Sa mère meurt alors qu'il est encore nourrisson et il est élevé par son père, Jan, qui est administrateur foncier. Fervent patriote, celui-ci est emprisonné par les autorités tsaristes quelque temps en 1863, soupçonné d'avoir caché des rebelles lors d'une insurrection polonaise contre l'occupant russe.

Ignacy sera toujours très proche de sa sœur, Antonina, son ainée de deux ans. Devenue veuve et ayant perdu son fils unique, elle viendra s'installer avec lui et l'accompagnera lors de son dernier séjour aux États-Unis en 1940-1941. Elle mourra trois mois après lui.

Son père reconnaît très tôt les talents musicaux de son fils et Ignacy entre au Conservatoire de Varsovie à l'âge de douze ans. Au départ, il envisage une carrière de professeur de musique et ne fait pas preuve à cette époque d'une virtuosité particulière. Il obtient son diplôme en 1879.

En 1880, à l'âge de vingt ans, il se marie avec Antonina Korsak qui accouche quelques mois plus tard de leur fils Alfred. Antonina décède de complications liées à l'accouchement. Alfred est atteint d'une poliomyélite, maladie dont il mourra à l'âge de 21 ans.

Ces malheurs familiaux conduisent Paderewski à se jeter sur le travail pour noyer son chagrin. Il passe beaucoup de temps à Paris chez son ami violoniste Władysław Górski. Petit à petit, une affection de plus en plus marquée se noue entre Madame Górski et le pianiste polonais. Quelques années plus tard, ce « ménage à trois » finira par exploser et Władysław Górski accepte le divorce. Helena et Ignacy se marieront à Varsovie le 31 mai 1899.

Avec l'argent laissé par sa première femme, le musicien réalise son rêve et effectue deux séjours à Berlin, en 1881 et 1883, au cours desquels il étudie l'art de la composition musicale et croise notamment Richard Strauss et Anton Rubinstein.

Peu de temps après, durant des vacances dans les Tatras polonaises, Paderewski fait la connaissance de l'actrice Helena Modrzejewska, égérie du théâtre polonais qui fait une carrière internationale. Impressionnée par la prestance de l'homme et par les qualités du pianiste, elle décide de l'aider et organise un concert à Cracovie le 4 octobre 1884. Devant sa première salle comble, Paderewski accompagne au piano l'actrice qui déclame des textes. L'argent recolté au cours de cette soirée lui permet d’aller étudier à Vienne, où il est l'élève de Teodor Leszetycki, pianiste, pédagogue et compositeur polonais que le jeune homme admire.

Après une année passée à Strasbourg (alors en Allemagne) comme professeur de musique au conservatoire en 1885-1886, il entame une carrière de pianiste de concert, en se produisant pour la première fois en public à Vienne en 1887, puis à Paris en 1888. Lors d'un concert à la salle Érard auquel assiste notamment Tchaïkovsky, il est rappelé sur scène une heure durant. Il se produit également à Londres en 1890. Sa virtuosité et son charisme incroyable provoquent un engouement du public qui lui fait une série de triomphes au cours d'une centaine de récitals aux États-Unis en 1891.

En 1897, il achète en Suisse une splendide demeure, de « Riond-Bosson », située à Tolochenaz, juste à côté de Morges dans le canton de Vaud, dans laquelle il séjourne entre ses tournées de concertiste. Helena Górska, désormais Helena Paderewska et baronne de Rosen se consacre pleinement à son rôle de maîtresse de maison et contribue activement à la réussite de nombreuses réceptions, où est invitée la fine fleur des milieux artistiques. Ainsi les frères Jean Morax et René Morax, Ernest Ansermet, Emile Jaques-Dalcroze, Alfred Pochon, Gustave Doret, Henryk Sienkiewicz, Henryk Opieński ou encore Igor Stravinsky passent par la propriété de Riond-Bosson où les réceptions sont semble-t-il fameuses. Parallèlement, la baronne œuvre discrètement dans le domaine social, créant par exemple une école d'aviculture pour jeunes filles polonaises.

Après son remariage, Paderewski raréfie ses apparitions publiques, préférant se consacrer à la composition musicale, essentiellement des pièces pour piano. Il compose également un opéra, Manru, qui est joué à Dresde le 29 mai 1901.

En 1913, il achète également un ranch viticole de 2 000 acres (8 km2) appelé San Ignacio, à Paso Robles en Californie, dans lequel il imaginait initialement séjourner pour « se reposer », mais auquel il consacre suffisamment d'efforts et de moyens pour obtenir une récompense lors d'une manifestation viticole californienne au début des années 1920.

Sonate en si mineur pour violon et piano (1885)

Concerto pour piano en la mineur (1888)

Fantaisie polonaise pour piano et orchestre (1893)

L'engagement patriotique (1910-1922)

Dès 1910, sa fortune est assurée. Il la consacre notamment en donations à de nombreuses associations et causes philanthropiques (orphelins polonais, bourses pour des jeunes musiciens, réhabilitation des cliniques et maternités). Parmi ses nombreux talents, on compte celui de grand orateur qu'il mettra au profit de la Pologne alors partagée entre ses voisins russe, prussien et austro hongrois. En tant qu’artiste et philanthrope, il échappe aux logiques politiques et aux factions, ce qui fait de lui un champion de la cause polonaise incontestable. Il fait d'abord deux dons importants pour la construction d'une salle de concert à Varsovie et l'érection d'un monument à Frédéric Chopin pour le centenaire de sa naissance, puis une autre contribution financière importante pour l'érection à Cracovie du monument à l’occasion du 500e anniversaire de la bataille de Grunwald, commémorant la victoire des armées polonaises et lituaniennes sur l’ordre des Chevaliers teutoniques en 1410. Lors de son inauguration, Paderewski prononce un discours enflammé devant les foules euphoriques. Cet événement est considéré comme son premier geste à portée politique.

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