James Newell Osterberg Jr., dit Iggy Pop (/ɪgi pɑp/), est un chanteur, compositeur et acteur américain né le 21 avril 1947 à Muskegon dans le Michigan.
Son groupe The Stooges (actif de 1967 à 1974 puis de 2003 à 2013) est l'un des précurseurs du mouvement punk (et a été qualifié rétrospectivement de « protopunk »), avec trois albums majeurs : The Stooges, Fun House, Raw Power.
Iggy Pop est aussi connu pour son jeu de scène sauvage et impressionnant, combinant acrobaties, nudité, jurons et parfois automutilations. Surnommé « l'Iguane » et désigné comme The Godfather of Punk (« Le Parrain du Punk »), il est l'un des rares artistes ayant émergé dans les années 1960 à avoir été « épargné » par la vague punk de la fin des années 1970. Dans une moindre mesure, la scène grunge a également revendiqué son influence dans les années 1990.
Parmi ses morceaux les plus connus avec les Stooges on peut citer I Wanna Be Your Dog et Search and Destroy. Ses deux premiers albums en solo, The Idiot et Lust For Life, sortis en 1977 et réalisés grâce à la collaboration de David Bowie, ont également été très influents et ont conduit à la création de plusieurs classiques : Lust for Life, Nightclubbing, The Passenger. La suite de sa carrière discographique, en dépit d'un accueil critique plus inégal, a néanmoins été marquée par des tubes occasionnels, parmi lesquels : I'm Bored, Real Wild Child, Candy (en duo avec Kate Pierson) ou encore In the Deathcar (sur une musique de Goran Bregović).
Il a également fait des apparitions au cinéma, notamment dans Dead Man, Coffee and Cigarettes, The Crow : La Cité des anges et plus récemment The Dead Don't Die de Jim Jarmush.
James Newell Osterberg Jr. naît le 21 avril 1947 à Muskegon de James Newell Osterberg, Sr., un ancien professeur d'anglais et entraîneur de baseball à la Fordson High School, à Dearborn, et de Louella Christensen. Il est d'ascendance anglaise et irlandaise du côté de son père, et a des ancêtres danois et norvégiens du côté de sa mère. Son père a été adopté par une famille américaine d'origine suédoise, d'où le nom de famille « Osterberg ». Il grandit dans un camp de caravanes à Ann Arbor.
Avant de devenir le leader et le chanteur de son propre groupe, James Osterberg est batteur de 1963 à 1965 pour les Iguanas (d’où il hérite de son surnom d'Iguane, rapidement raccourci en Iggy), puis pour le groupe de blues les Prime Movers.
Avec les frères Ron et Scott Asheton, James Osterberg forme un groupe en 1967. Fan des Rolling Stones, de Frank Sinatra et des Doors, il est notamment marqué par le jeu de scène agressif de Jim Morrison, qui influe fortement son attitude lorsqu'il en arrive lui-même à donner des concerts devant un public conséquent. Il vient alors de fonder The Psychedelic Stooges, et prend temporairement le pseudonyme d'Iggy Stooge.
Les concerts, donnés dans un premier temps dans des salles minuscules, produisent une forte impression sur le public qui n'a jamais entendu une musique aussi brutale. Le son est dur et rappelle celui des garages de Détroit (la Motor City). Quand le groupe signe chez Elektra (le label des Doors et de Love), en 1968, celui-ci s'appelle désormais simplement The Stooges. James Osterberg adopte définitivement son nouveau nom de scène : Iggy Pop. Sur scène, Iggy s'inspire de Morrison, cherchant à le surpasser dans l'outrance. Ainsi, lors d'une séquence restée célèbre, captée à Cincinnati en 1970, il s'enduit le torse de beurre de cacahuète. Il crache ou vomit sur le public, gifle les premiers rangs, expose son sexe. Il popularise en outre un geste qui devient par la suite un élément emblématique des concerts de rock : le stage diving, ou slam, qui consiste à se jeter dans le public et à se laisser porter par celui-ci.
Le groupe enregistre deux premiers albums : The Stooges, en 1969, produit par John Cale, et Fun House, en 1970, produit par Don Galluci. Les deux disques se vendent très peu, et les critiques ne sont pas bonnes non plus. De plus, plusieurs membres, dont Iggy Pop, sont devenus dépendants à l’héroïne. Dans ce contexte, les Stooges cessent d'exister. En 1972, David Bowie remet Iggy et le groupe sur pied. James Williamson rejoint la formation, à la guitare, reléguant Ron Asheton à la basse. Iggy refuse d'abord que Bowie produise leur nouvel album, Raw Power, mais celui-ci en mixe pourtant les bandes. Le disque sort en 1973. L'album reçoit à l'époque un accueil contrasté, certains le considérant comme le meilleur album des Stooges, tandis que d'autres critiquent l'influence de Bowie sur le mixage, jugée trop envahissante. À la vérité, le seul enregistrement disponible était de trop mauvaise qualité pour permettre un réel travail de mixage : seules deux pistes avaient été utilisées, l'une comprenant l'ensemble des instruments, l'autre la voix d'Iggy, ce qui a conduit David Bowie à faire varier le volume relatif de ces deux pistes pour introduire un semblant de dynamique, effet particulièrement audible sur Search and destroy. L'album sera réédité vingt-cinq ans plus tard en 1997, totalement remixé par Iggy Pop (cette version ayant à son tour été critiquée pour son mixage excessivement compressé créant des saturations), puis une nouvelle fois en 2010, à partir du mix de David Bowie, réhabilité officiellement par Iggy Pop lui-même.
Le groupe se déchire à nouveau, les frères Asheton supportant mal qu'Iggy les délaisse pour James Williamson et s'attribue le succès et la renommée du groupe (il va jusqu'à changer le nom du groupe en Iggy And The Stooges et figure seul sur la pochette de l'album). Le comportement d'Iggy devient de plus en plus erratique, et ses prestations scéniques sont de plus en plus « extrêmes » : il va jusqu'à se lacérer le torse avec des tessons de bouteille. Avant d'avoir eu le temps de terminer un quatrième album (dont les démos sortent plus tard sous le nom de Open Up and Bleed), le groupe se sépare à nouveau. Le dernier concert des Stooges est enregistré sur l'album Metallic K.O., live notable pour les incidents qui se déroulent sur scène, notamment avec des bikers arrosant la scène avec la bière de leurs canettes.
Par la suite, Iggy tente de continuer sa carrière en solo, mais s'enfonce davantage dans la drogue. Ray Manzarek et les autres membres survivants des Doors avancent l'idée de le prendre comme chanteur pour une improbable reformation du groupe post-Jim Morrison, mais cela ne donne finalement rien. Iggy Pop enregistre, avec l'ex-Stooges James Williamson, un album (Kill City) qui est refusé par toutes les maisons de disques et ne sort que plus tard en 1977. Il vit dans la rue, perd ses dents dans une bagarre avec des surfeurs. Proche de la déchéance, Iggy tente alors de se libérer de son addiction à l'héroïne et passe un an dans un hôpital psychiatrique, en isolement forcé. Ensuite, Bowie l'emmène avec lui à Berlin pour la tournée de son dernier album Station to Station.
Une complicité artistique se développe entre les deux artistes aux styles radicalement différents. Entre Paris et Berlin, ils composent. De leur travail naissent les deux premiers albums solo d'Iggy Pop, The Idiot, puis Lust for Life, tous deux sortis en 1977 grâce à l’appui de David Bowie qui le sollicite pour une contribution vocale sur son album Low. Avec ces deux albums, puis Kill City qui sort alors, Iggy Pop connaît enfin le succès.
Abandonné un temps par David Bowie, Iggy voit son nouveau succès décroître rapidement. Il se rapproche à nouveau de James Williamson, devenu producteur. Il compose alors trois albums pour lesquels il revient à un style de musique plus agressif, néanmoins empreint de sonorités new wave : New Values (1979), Soldier (1980) et Party (1981). Devant l'échec commercial de ces albums, lesquels, malgré le contrôle artistique de la société de production, sont éloignés des goûts musicaux de l'époque, Iggy décide que son album suivant se fera sans le contrôle des maisons de disques : s'ensuit Zombie Birdhouse (1982), relative réussite artistique mais, une fois de plus, échec commercial. C'est alors que David Bowie, au sommet de sa gloire au début des années 1980, reprend sur ses albums quelques morceaux coécrits avec Iggy en 1977, dont China Girl qui connaît un grand succès. Cela permet à Iggy de toucher des royalties, et de rembourser ses dettes. Iggy décide d'arrêter les excès et de tenter de réaliser des albums plus ambitieux. Bowie l'aide pour la conception de son nouvel album, Blah Blah Blah (1986), qui s’approche du rock FM avec notamment la reprise de Real Wild Child (Wild One). Ce morceau devient le premier véritable tube de sa carrière.