Ce Jour-là

Ieoh Ming Pei

Architecte sino-américain

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Ieoh Ming Pei (chinois simplifié : 贝聿铭 ; chinois traditionnel : 貝聿銘 ; pinyin : Bèi Yùmíng), communément appelé I. M. Pei, est un architecte américain d'origine chinoise né le 26 avril 1917 à Canton et mort le 16 mai 2019 à New York.

En 1948, Pei est recruté par le promoteur immobilier William Zeckendorf ; il établit sept ans plus tard son cabinet d'études indépendant, I. M. Pei & Associates, futur Pei Cobb Freed & Partners. Pei prend officiellement sa retraite en 1990. Il devient ensuite consultant en architecture principalement pour le cabinet d'architecture de ses fils Pei Partnership Architects.

C'est un architecte prolifique qui participe à la construction de la chapelle commémorative Luce de Taichung, du National Center for Atmospheric Research à Boulder dans le Colorado, à la conception de l'hôtel de ville de Dallas, du bâtiment est de la National Gallery of Art, de la John F. Kennedy Presidential Library and Museum dans le Massachusetts et du 200 Clarendon Street à Boston. Il conçoit le Morton H. Meyerson Symphony Center de Dallas, le musée Miho (près de Kyoto), le musée de Suzhou et le musée d'Art islamique de Doha. Il conçoit un hôtel dans le parc Xiangshan de Pékin et la tour de la Bank of China à Hong Kong. En France, son audacieuse pyramide du Louvre fait l'objet — lors de sa construction — d'une controverse.

Pei reçoit de nombreux prix et récompenses dans le domaine de l'architecture, y compris la médaille d'or de l'AIA en 1979, le Praemium Imperiale en 1989 et une récompense du Cooper–Hewitt, Smithsonian Design Museum en 2003. En 1983, il remporte le prix Pritzker, parfois appelé le « prix Nobel de l'architecture ».

Les traces de l'ascendance de Pei remontent à l'époque de la dynastie Ming, quand sa famille quitte la province d'Anhui pour Suzhou, ville de la province voisine du Jiangsu. La famille Pei fait fortune dans la vente d'herbes médicinales, et se fait également connaître pour sa philanthropie.

Ieoh Ming Pei, fils de Tsuyee Pei et de Lien Kwun, naît le 26 avril 1917 à Canton, mais ses parents déménagent à Hong Kong un an plus tard car son père y dirige la Bank of China. La famille compte cinq enfants. Dans son enfance, Pei est très proche de sa mère, une fervente bouddhiste reconnue pour ses talents de flûtiste. Les enfants se joignent régulièrement aux retraites de méditation de leur mère. La relation de Pei avec son père est moins intime : leur relation reste respectueuse mais distante.

Du fait de son illustre ascendance, la famille appartient aux strates les plus élevées de la société. Pei souligne toutefois que son père ne reçoit aucune éducation artistique sérieuse. Plus attiré par la musique et d'autres formes culturelles que par le monde bancaire où travaille son père, il découvre l'art et se cultive par lui-même.

En 1927, alors âgé de dix ans, Pei déménage avec sa famille à Shanghai où son père vient d'être promu. Pei va dans une école dirigée par des missionnaires protestants. L'éducation y est rigoureuse et les étudiants ne sont autorisés à consacrer qu'une demi-journée par mois à leurs loisirs. Pei aime jouer au billard et regarder des films hollywoodiens, en particulier ceux de Buster Keaton et de Charlie Chaplin. Il apprend également les bases de l'anglais en lisant la Bible et des romans de Charles Dickens.

L'ouverture internationale de Shanghai lui vaut le surnom de « Paris de l'Orient » et sa diversité architecturale, du Bund au Park Hotel, exerce une profonde influence sur Pei. Il garde également en mémoire les nombreux jardins de Suzhou où il passe ses étés en famille. Il y visite régulièrement un temple ancestral à proximité. Le jardin de la Forêt du Lion, construit au XIVe siècle par un moine bouddhiste, a sur lui une influence particulière. Ses formations inhabituelles de roche, ses ponts en pierre et ses chutes d'eau restent gravés dans sa mémoire et il reconnaît plus tard son attirance pour le mélange de structures naturelles et humaines de ce jardin.

Peu de temps après l'arrivée de la famille à Shanghai, la mère de Pei développe un cancer. Elle se voit prescrire de l'opium comme antalgique, et confie à Pei la tâche de préparer sa pipe. Elle meurt peu après son 13e anniversaire et il est profondément bouleversé par cette perte. Les enfants de la famille sont envoyés vivre avec leur famille éloignée, tandis que leur père s'enferme dans son travail et s'éloigne d'eux ; il épouse en secondes noces une femme prénommée Aileen, qui s'installera ensuite à New York.

À la fin de ses études secondaires à Shanghai, Pei décide d'étudier dans une université à l'étranger. Âgé de seulement dix-sept ans, il est accepté dans plusieurs écoles dans le monde, mais il choisit les États-Unis et accepte la proposition de l'université de Pennsylvanie. Ce choix s'explique à la fois par son intérêt pour le programme d'enseignement en architecture et son attirance pour le cinéma hollywoodien. Pei est fasciné par les représentations de la vie universitaire dans les films de Bing Crosby, à l'image de College Humor (1933). Il y perçoit une vie universitaire qui semble être surtout faite de plaisirs et de divertissements, ce qu'il sait ne pas être le cas en Chine.

Pour se rendre à l'université de Pennsylvanie à Philadelphie depuis Shanghai en Chine, Pei entame un voyage de plus près de 12 000 km. Il embarque[Quand ?] à bord du paquebot SS President Coolidge jusqu'à San Francisco, puis voyage en train jusqu'à Philadelphie. Une fois arrivé, il déchante rapidement. L'enseignement est basé sur le style Beaux-Arts, qui s'inspire des œuvres de la Grèce antique et de la Rome antique. Pei, lui, s'intéresse bien davantage à l'architecture moderne, qui se veut plus fonctionnelle. De plus, il est intimidé par le niveau élevé des autres étudiants en dessin d'architecture. Il décide d'abandonner l'architecture et s'engage alors dans des études d'ingénieur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) près de Boston. Lorsqu'il arrive à l'institut, cependant, le doyen de l'école d'architecture découvre son œil et son intérêt pour le design et le convainc de revenir à son art d'origine.

Mais la faculté d'architecture du MIT est également très orientée vers le style Beaux-Arts et Pei manque d'inspiration dans son travail. Dans la bibliothèque, il trouve trois livres sur l'architecte franco-suisse Le Corbusier. Pei est inspiré par le design innovant du nouveau style international, qui se caractérise par une forme simplifiée et l'utilisation de matériaux comme le verre et l'acier. Le Corbusier visite le MIT en novembre 1935, ce qui marque intensément Pei qui estime que les deux jours où l'architecte est présent « sont probablement les jours les plus importants dans [son] apprentissage de l'architecture ». Le jeune étudiant est également influencé par le travail de l'architecte américain Frank Lloyd Wright. En 1938, il se rend à Spring Green dans le Wisconsin, pour visiter la villa Taliesin, mais est déçu de ne pas rencontrer Wright.

Bien qu'il déteste l'accent mis sur le style Beaux-Arts, Pei excelle dans ses études au MIT. Il y apprend la science et la technique des constructions, ainsi que tout ce qui est essentiel à l'architecture. Il reçoit son diplôme en architecture en 1940 et envisage alors de retourner en Chine immédiatement après. Néanmoins la guerre sino-japonaise le force à changer ses plans. Son père lui demande de rester aux États-Unis et Pei est embauché pour deux ans dans une entreprise d'ingénierie de Boston, Stone & Webster.

Lors d'une visite à New York à la fin des années 1930, Pei avait rencontré Eileen Loo, étudiante au Wellesley College. Ils se marient au printemps 1942. Loo suit les cours d'architecture du paysage à l'université Harvard et Pei est ainsi présenté à des étudiants de la Harvard Graduate School of Design (GSD). Il est enthousiasmé par l'ambiance animée qui y règne et rejoint donc le GSD en décembre 1942.

Moins d'un mois plus tard, Pei suspend son travail à Harvard pour rejoindre volontairement le National Defense Research Committee (NDRC) qui coordonne la recherche scientifique sur la technologie des armes américaines employées pendant la Seconde Guerre mondiale. Les connaissances de Pei en architecture sont considérées comme un atout considérable et un membre du NDRC affirme même que : « s'il sait construire, il sait donc détruire ». La lutte contre le Troisième Reich touchant à son terme, le comité se concentre sur la guerre du Pacifique contre les Japonais. Les Américains réalisent que les bombes utilisées contre les bâtiments européens en pierre sont inefficaces contre les villes japonaises, principalement construites à partir de bois et de papier ; Pei est donc chargé de travailler sur des bombes incendiaires. Il passe finalement deux années et demie avec la NDRC mais révèle peu de détails sur cette expérience.

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