Ce Jour-là

Ibn Battûta

Érudit et explorateur berbère du XIVe siècle

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Ibn Battûta (en arabe : ابن بطّوطة ; en berbère : ⵎⵉⵙ ⵏ ⵡⵓⴱⵟⵟⵓⵟ), de son nom complet ʾAbu ʿAbd Allah Muḥammad Ibn ʿAbd Allah al-Lawātī aṭ-Ṭanjī Ibn Baṭṭūṭa (أبو عبد الله محمد بن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة), né le 24 février 1304 à Tanger et mort en 1368 (ou peut-être 1377) à Fès ou Marrakech, est un explorateur et voyageur d'origine berbère qui aurait parcouru plus de 120 000 km entre 1325 et 1349, de l'ancien territoire du khanat bulgare de la Volga au nord, jusqu'à Tombouctou au sud, et de Tanger à l’ouest jusqu'à Quanzhou en Extrême-Orient.

Les mémoires d'Ibn Battûta sont compilés par le lettré Ibn Juzayy al-Kalbi en un livre intitulé تحفة النظار في غرائب الأمصار وعجائب الأسفار, Tuḥfat an-Nuẓẓār fī Gharāʾib al-Amṣār wa ʿAjāʾib al-Asfār (« Cadeau précieux pour ceux qui considèrent les choses étranges des grandes villes et les merveilles des voyages »), communément appelé « Voyages » (الرحلة, Rihla). Toutefois, il faut rester prudent sur la fiabilité de quelques parties de ces écrits, certains historiens doutant qu'Ibn Battuta ait réellement effectué la totalité des pèlerinages et voyages relatés.

Ibn Battûta est né le 24 février 1304 dans la ville de Tanger au sein d'une famille de lettrés musulmans de la tribu berbère des Laguatan (Luwata).

Dans sa jeunesse, Ibn Battuta étudie le fiqh de l'école malikite, puis, à l'âge de 21 ans, il décide d'accomplir le pèlerinage à La Mecque. Le 14 juin 1325, il commence son voyage, dont il revient seulement le 8 novembre 1349, après un périple de quelque 120 000 kilomètres, et pour se remettre aussitôt en route : Andalousie, le Maghreb et finalement le royaume du Mali. Au cours de son voyage, il accomplit six pèlerinages à la Mecque. Dans ce dernier cas, les historiens doutent qu'Ibn Battûta ait effectivement effectué le voyage au sein de l'empire du Mali.

L'année qui suit son retour définitif, il reçoit du souverain mérénide Abu 'Inan l'ordre de dicter ses souvenirs à son secrétaire, Ibn Juzzay. Le travail de recension s'étend entre le 9 décembre 1355 et le mois de février.

On sait peu de choses sur sa vie après son retour : il ne quitte plus Fès et y meurt en 1368 ou 1377.

À l'origine simple pèlerin, musulman coutumier, Ibn Battûta voit ses déplacements grandement facilités par le fait qu'il se déplace en terres d'islam et, très souvent, de langue arabe. Il profite également du développement du commerce puisqu'il se joint souvent à des caravanes, ou embarque sur des vaisseaux marchands musulmans. Il rencontre de nombreuses personnalités et devient souvent leur conseiller lors de ses longs périples.

On peut distinguer quatre périodes dans ces voyages :

1325-1327 : premier pèlerinage (hajj) à La Mecque par le Maghreb, exploration de la vallée du Nil, de la Syrie, de l'Irak et des villes d'Iran ;

1328-1330 : pèlerinage à La Mecque en passant par les côtes du sud de la péninsule Arabique jusqu'à Kilwa Kisiwani et sur les côtes africaines de culture swahilie ;

1330-1346 : quatrième pèlerinage à La Mecque, exploration de l'Anatolie, la mer Noire, l'Asie centrale, l'Inde, Ceylan, Sumatra, la Malaisie et la Chine jusqu'à Pékin ;

1349-1354 : traversée du Sahara jusqu'au Mali.

Le 14 juin 1325, Ibn Battûta part de Tanger pour son pèlerinage à La Mecque. Il traverse rapidement le Maghreb central et arrive à Tunis sous le règne du sultan hafside Abû Yahyâ Abû Bakr al-Mutawakkil au moment de la fête de la fin du ramadan. Il se joint à une caravane partant pour l'Arabie. De passage à Tripoli, il se marie une première fois et repart avec son épouse. En cours de chemin, un différend avec son beau-père le fait divorcer. Il se remarie avec une autre femme de la caravane, fille d'un lettré originaire de Fès.

En avril 1326, il arrive à Alexandrie. Ibn Battûta donne une description détaillée du phare d'Alexandrie[Information douteuse] et signale qu'à son retour en 1349 il ne trouva sur ces lieux qu'un tas de ruines.

Ibn Battûta passe au Caire, dont il explique le système fiscal local basé sur la hauteur de la crue annuelle du Nil, cette crue étant le signe de récoltes plus ou moins abondantes. Il passe près des pyramides de Gizeh, alors encore couvertes d'un parement de calcaire qui les rend luisantes au soleil. Ibn Battûta raconte qu'un souverain voulut pénétrer dans une pyramide en attaquant le parement calcaire avec du vinaigre chaud jusqu'à ouvrir une brèche.

Toutefois, entre autres erreurs certaines d'ibn Battuta en la matière, figure notamment sa description des pyramides sous une forme de cône : il se peut qu'il se soit référé à des récits antérieurs, ou qu'il les ait confondues avec le Medracen de l'ex-Numidie ou avec le mausolée royal de Maurétanie césarienne, les deux — désormais fameuses — pyramides coniques antiques du Maghreb central qu'il a pu voir sur son parcours entre le Maghreb occidental et l'Égypte.

Partant du Caire, il remonte le Nil. Au passage, on apprend qu'un homme s'est enrichi en se servant des pierres des temples antiques pour construire une école coranique. Arrivé au bord de la mer Rouge, à Aydhab, le conflit entre les Égyptiens du sultanat du Caire et les Bedjas, l'empêche de traverser et il doit faire demi-tour vers Le Caire. Au long de ce chemin de retour d'Assouan au Caire, il semble s'attarder un peu plus à chaque étape.

Traversée de la Syrie et de la Palestine

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