Hunter Stockton Thompson [ˈhʌntɚ ˈstɑːktən ˈtɒmpsən], qui serait né le 18 juillet 1937 à Louisville (Kentucky), et mort par suicide le 20 février 2005 à Woody Creek, dans le comté de Pitkin au Colorado, est un journaliste et écrivain américain.
Hunter Thompson popularise le principe de « journalisme gonzo », inventé par Bill Cardoso, enquête journalistique axée sur l'ultra-subjectivité, faite de récits à la première personne, de rencontres et de prise de drogues, tout cela combiné à une plume féroce et à un fort engagement politique. Il est ami avec Oscar Zeta Acosta, et leur relation a inspiré la rédaction de Las Vegas Parano, récit déjanté d'une quête du rêve américain à travers le filtre de la prise de substances hallucinogènes.
Hunter Stockton Thompson naît en 1937, à Louisville dans le Kentucky. Sa famille est conservatrice, typique du Sud américain. Certains affirment qu'il serait en réalité né en 1939 car il aurait menti sur son âge pour pouvoir travailler. Très tôt il montre des capacités intellectuelles hors norme, lisant à 8 ans les classiques de la philosophie ou de la tragédie grecque[réf. nécessaire].
De nature athlétique dès son plus jeune âge, Thompson intègre le club sportif de Louisville où il excelle au baseball.
En 1952, il est accepté comme membre de l'Association Littéraire Athenaeum, (club littéraire universitaire fondé en 1862 par la Louisville Male High School où il étudie) et dont les membres, généralement issus des riches familles de Louisville, comprennent Porter Bibb, qui devient le premier éditeur de Rolling Stone.
Arrêté en 1956 pour vandalisme, il échappe à la prison en entrant dans l'Air Force. Il obtient d'abord, en juin de cette année là, un diplôme en électronique à la Scott Air Force Base, avant d'être affecté à la base aérienne d'Eglin à Pensacola en Floride. Là, il commence une carrière de chroniqueur dans le petit magazine sportif de la base, Command Courrier. Il est renvoyé en novembre 1957 pour son « attitude rebelle et supérieure », et sa « mauvaise influence sur le moral des troupes ». Il avait entre autres méfaits divulgué des informations relatives à l'armée de l'air à Playground News.
Après son service militaire, il devient rédacteur en chef sportif pour un journal de Jersey Shore, en Pennsylvanie. Il s'établit peu après à New York, où il prend des cours d'écriture à l'Université Columbia vers janvier 1958. Des courriers datant de cette période, ainsi que des témoignages d'amis de Thompson, attestent qu'il était un lecteur vorace des écrivains de la Beat Generation pendant ses premières années d'écriture, et qu'il s'est lui-même identifié à la culture beatnik pendant sa période new-yorkaise. Il devient d'ailleurs plus tard l'ami des écrivains Allen Ginsberg et William S. Burroughs.
Il se fait embaucher comme pigiste au Time et profite de sa machine à écrire pour recopier Gatsby le Magnifique de F. Scott Fitzgerald et L'Adieu aux armes d'Ernest Hemingway dans le but de se familiariser avec le style de ces ouvrages. À cette époque, il commence déjà à se saouler dans les soirées Time Life du dimanche.
En 1959, il est licencié pour insubordination et travaille deux mois pour le Middletown Daily Record dont il est également licencié, le 3 mars, pour avoir passé toute une nuit à son travail en chaussettes et avoir abîmé d'un coup de pied un distributeur de bonbons.
À son renvoi, on lui tient ces propos : « Vous avez l'esprit vif [...] mais vous semblez ne pas vous soucier des liens à entretenir au sein de la communauté ».
D'août à octobre 1959, il demeure chez sa mère à Louisville, Kentucky. À cette époque, il souhaite trouver un poste aux Caraïbes et postule auprès de l'hebdomadaire anglophone San Juan Star basé à Porto Rico, mais le rédacteur en chef William J. Kennedy ne donne pas suite. Après un échange de lettres d'insultes mémorables, les deux hommes deviendront finalement amis après la démission de Thompson du journal El Sportivo, qui va l'embaucher peu après cet échec.
En effet, en 1960, Thompson part pour San Juan (Porto Rico) afin de rejoindre le magazine El Sportivo, qui se trouve faire faillite peu de temps après son arrivée.
Thompson devient alors correspondant de presse du New York Herald Tribune et de quelques éditions antillaises anglophones dirigées par Kennedy.
C'est principalement à cette époque qu'il expérimente le journalisme de terrain qu'il nomme plus tard « journalisme gonzo ».
Après s'être attiré des ennuis, les Portoricains voulant le jeter en prison, il fuit avec Sandra Dawn Conklin, sa liaison de l'époque, le 25 mars 1960, vers l'Espagne où il passe quelques mois avec ses amis Eugene et Eleanor McCarr.
Hunter regagne les États-Unis, qu'il traverse en auto-stop jusqu'à Big Sur en Californie où en 1961 il travaille pendant huit mois comme gardien au Slates Hot Springs, juste avant qu'il devienne l'Institut Esalen. Un article sur la culture bohème et artisanale de Big Sur, publié dans le magazine national Rogue lui avait valu ce poste de gardien.
Durant cette période, il écrit deux romans : Prince Jellyfish (Le prince méduse) et The Rum Diary (Journal de rhum), et soumet quelques nouvelles à des éditeurs. The Rum Diary, qui met en scène ses aventures à Porto Rico n'est publié qu'en 1998.
En 1962, Thompson gagne pour un an l'Amérique du Sud, en tant que correspondant du National Observer. Il passe plusieurs mois au Brésil et obtient un poste de reporter pour le Brazil Herald. Sandra Dawn Conklin, sa petite amie depuis 1958, le rejoint un peu plus tard à Rio de Janeiro. Il l'épouse en mai 1963, peu après leur retour aux États-Unis. Ils s'installent à Aspen, Colorado et leur fils Juan Fitzgerald Thompson naît le 24 mars 1964. Le couple divorcera en 1978.