Les Huns sont un ancien peuple (ou, selon certaines sources, une confédération) nomade originaire de l’Asie centrale, dont la présence en Europe est attestée à partir du IVe siècle et qui y établirent le vaste empire hunnique. L'origine des Huns est discutée : bien que dès le XVIIIe siècle, l'orientaliste français Joseph de Guignes les ait reliés aux Xiongnu, nomades présumés proto-turcs ou mongols voisins septentrionaux des Chinois, suggérant qu'ils étaient leurs descendants jusqu'au Ier siècle et que de nombreuses études ultérieures se soient attachées à démontrer ou infirmer cette parenté, aucun consensus n'a encore été établi sur le sujet. Néanmoins, la plupart des études de paléogénétique évoquent un lien entre les Xiongnu et les Huns.
Les Alkhon, parfois appelés Huns iraniens, ont également conquis des régions situées dans ce qui correspond aujourd'hui au Nord-Ouest de l'Inde, à l'Est du Pakistan et une partie de l'Afghanistan. Les Shvetahûna (ou Huns blancs) étaient quant à eux, plus probablement établis en Iran et dans le Nord ouest du Pakistan. Leur proximité géographiques les ont fait se confondre pendant un temps chez les historiens. Les Kidarites ou Huns rouges, sont une autre ensemble des Huns de cette région. Vassaux de l'Empire kouchan, ils sont tous deux de culture gréco-bouddhique.
Les Huns ont joué un rôle important dans le cadre des grandes invasions qui contribuèrent à l'écroulement de l'Empire romain d'Occident. Sous le règne d'Attila, l'empire est unifié mais ne lui survit pas plus d'un an. Les descendants et successeurs des Huns occupent encore diverses parties de l'Europe de l'Est et d'Asie centrale entre les IVe et VIe siècles, et laissent encore quelques traces dans le Caucase jusqu'au début du VIIIe siècle.
Il semble que les Huns parlaient une langue propre, mais peu de traces en demeurent et sa famille linguistique est encore sujette à débat. Selon les théories dominantes, il s'agirait d'une langue turque, mais d'autres langues étaient parlées dans l'espace hunnique, y compris des langues germaniques orientales : Attila est un nom gotique.
Leur puissance militaire était principalement basée sur l'emploi d'archers montés.
Les Huns sont connus sous différents noms dans les textes anciens : Khounn, Hounn, Xoûvoi, Xoóvvoi, Ouvvoi, Hunni, Chunni, Xionites (en). Les sources chinoises les dénomment Hiong-nou, Xwn ou Xiongnu. Les historiens russes les appellent Hunu (russe : Хуну) et les Mongols Hünnü (mongol : Хүннү) et les considèrent comme leurs ancêtres depuis le XXIe siècle.
Les Huns occidentaux sont décrits par les Romains et les Goths comme des hommes trapus, de petite taille, avec une tête large, le cou épais et de larges épaules, le torse bombé et un tronc épais sur des jambes courtes. Leurs traits sont décrits comme mongoloïdes, avec leur teint brun, leur nez écrasé et l'absence de barbe.
Toutefois, selon Iaroslav Lebedynsky, ces descriptions d'époque « confinent à la caricature et, comme toujours, soulignent les types les plus exotiques pour l'œil de l'observateur ». L'analyse des restes humains retrouvés dans les tombes de culture hunnique montre, avec une grande marge d'incertitude, des types variés : mongoloïde, europoïde et métissés, de taille et conformations diverses. Les analyses des marqueurs phénotypiques montrent que tous les Huns étudiés avaient les yeux et les cheveux sombres.
Linguistiquement, d’après l’onomastique, on distingue une couche turque et une couche iranienne mais aussi gotique et d'autres d'origine inconnue. En effet, les Huns occidentaux forment une fédération de peuples turco-mongols, indo-iraniens, germaniques et slaves par une politique d'assimilation des peuples vaincus tout au long de leur migration jusqu'aux frontières de l'Empire romain (phénomène de l'ethnogenèse). Comprenant dans leurs rangs des Goths et des Alains (iraniens), on peut donc parler de ligue alano-germano-hunnique.
La couche turque ou proto-turque pourrait correspondre au noyau proprement hunnique ou d'un de ses groupes dirigeants ; la couche iranienne correspondant aux différents groupes iranophones assimilés par les Huns au cours de leur histoire. La langue hunnique se retrouverait actuellement dans le hongrois, l'estonien et le finnois, toutes trois des langues finno-ougriennes, mais cette origine reste discutée.
Selon Lebedynski, il est difficile de cerner l'identité des peuples hunniques, car ils se situent dans une phase de transition, à la charnière de deux ères ethnoculturelles. Ils ont remplacé ou absorbé les vagues nomades précédentes iranophones, avant de recevoir les vagues nomades turcophones qui s'installent durablement.
Plusieurs études de paléogénétique ont étudié des restes de cimetières hunniques : Damgaard et coll. 2018 montrent que les Huns étaient d'origine mixte est-asiatique et ouest-eurasienne. Les auteurs de l'étude suggèrent que les Huns descendaient des xiongnu s'étant étendues vers l'ouest et mélangées à des Sakas (branche orientale des peuples scythes).
Neparáczki et coll. 2019 ont examiné les restes de trois hommes de trois cimetières hunniques distincts du Ve siècle dans le bassin pannonien. Ces hommes étaient porteurs des haplogroupes paternels Q1a2, R1b1a1b1a1a1 et R1a1a1b2a2. Dans l'Europe moderne, Q1a2 est rare et a sa fréquence la plus élevée parmi les Sicules. Il a été déterminé que tous les mâles étudiés avaient les yeux bruns et les cheveux noirs ou bruns, et qu'ils étaient d'ascendance mixte européenne et asiatique. Les résultats sont cohérents avec une origine xiongnu des Huns. Dans une étude interdisciplinaire, Savelyev & Jeong 2020 n'ont trouvé aucune preuve claire de continuité entre les Xiongnu et les Huns, et ont conclu qu'aucune preuve génétique ne suggérait que la composante steppique des Huns était dérivée du Xiongnu ou d'autres populations de la steppe orientale.
Néanmoins, Keyser et coll. 2020 constatent que les Xiongnu partagent certains haplotypes paternels et maternels avec les Huns, et suggèrent sur cette base que les Huns descendent de Xiongnu, qui, eux-mêmes descendaient de tribus scytho-sibériennes. Une nouvelle étude de paléogénétique basée sur une analyse du génome entier publiée en 2022 suggère que le « noyau d'immigrants » de Huns est originaire de la Mongolie actuelle, et que leur origine remonte bien aux Xiongnu.
Déformation crânienne artificielle
Divers archéologues ont fait valoir que les Huns, ou la noblesse des Huns, ainsi que les aristocrates germains sous leur influence, pratiquaient la déformation volontaire du crâne consistant, durant la petite enfance, à allonger artificiellement le crâne par un système de bandages ou de coiffe orientant la croissance de l'os. Les raisons sont esthétiques (conformité à un type idéal) ou sociales (preuve d'appartenance à un groupe). Le but de ce processus était de « créer une distinction physique claire entre la noblesse et la population en général ».
Alors qu'Eric Crubézy s'est prononcé contre une origine hunnique de cette pratique, la majorité des savants tiennent les Huns pour responsables de la propagation de cette coutume en Europe. Cette déformation volontaire était aussi courante chez les Alains à partir du IIe siècle, qui furent vaincus par les Huns à la fin du IVe siècle, une partie restant soumise alors que la plupart est refoulée vers l'ouest.
Cette déformation volontaire existait aussi chez d'autres peuples également appelés Huns en Asie. Parmi les Germains orientaux, cette pratique se retrouve surtout chez les femmes. Ils abandonneront cette pratique après la défaite des Huns.