Humbert Ier (en italien Umberto I), né le 14 mars 1844 à Turin et mort le 29 juillet 1900 à Monza, de la maison de Savoie, est roi d'Italie du 9 janvier 1878 jusqu'à son assassinat. Il est le fils de Victor-Emmanuel II et d'Adélaïde de Habsbourg-Lorraine.
Son règne a vu l'Italie tenter une expansion coloniale dans la Corne de l'Afrique, gagnant avec succès l'Érythrée et la Somalie malgré la perte de l'Abyssinie à la bataille d'Adoua en 1896. En 1882, il approuve la Triplice avec l'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie.
Profondément détesté par les anarchistes et la gauche, il fut durement combattu pour son conservatisme rigide (qui devint amer dans les dernières années du règne). Son implication indirecte dans le scandale de la Banca Romana, l'approbation des répressions des soulèvements populaires de 1898 et l'honneur accordé au général Fiorenzo Bava Beccaris pour l'étouffement sanglant des manifestations de mai de la même année à Milan, constituent des actions et conduites politiques qui lui ont coûté au moins trois attentats en 22 ans jusqu'à celui de Monza, le 29 juillet 1900, de l'anarchiste Gaetano Bresci, qui lui sera fatal.
Certains se souviennent positivement du monarque pour son attitude face à des catastrophes telles que l'épidémie de choléra à Naples en 1884, faisant personnellement de son mieux pour aider (c'est pourquoi il était surnommé « Re Buono »), et pour la promulgation du dit Code Zanardelli, qui a apporté quelques innovations au code pénal, comme l'abolition de la peine de mort.
Il reçut le surnom de « Re Mitraglia » des anarchistes. Il fut également destinataire d'une des Wahnbriefe (lettres pour la folie) de Friedrich Nietzsche. Le style humbertien, style artistique et architectural, tire son nom d'Humbert Ier.
Fils du futur roi Victor-Emmanuel II et de l'archiduchesse Adélaïde de Habsbourg-Lorraine, Humbert nait à Turin, alors capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, le 14 mars 1844, jour du 24e anniversaire de son père. Il est baptisé avec les noms d'Umberto Rainerio Carlo Emanuele Giovanni Maria Ferdinando Eugenio : le premier en l'honneur du fondateur de la dynastie savoyarde, Humbert, comte de Savoie, le dernier en mémoire du plus illustre représentant de la branche cadette de la maison de Savoie-Carignan, à laquelle il appartient aussi.
Ses parrains et marraines sont ses grands-parents paternels, Charles-Albert, roi de Sardaigne et son épouse Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane, prenant la place de leur gendre, à savoir Rainier d'Autriche, vice-roi du Lombardie-Vénétie et Élisabeth de Savoie-Carignan, sœur de Charles-Albert. Humbert reçoit immédiatement le titre de prince de Piémont, qui est toujours attribué au premier-né de la maison régnante. Sa naissance est grandement célébrée par le peuple piémontais, ainsi que par la famille royale, qui peut ainsi voir la descendance masculine assurée. Il passe toute son enfance, avec son frère cadet Amédée, au château de Moncalieri où il reçoit une formation essentiellement militaire, ayant le général Giuseppe Rossi comme tuteur et quelques autres militaires parmi ses professeurs ; cette discipline sévère forme son caractère, le transformant cependant à l'âge adulte en une personne sèche aux idées limitées, même si d'autres le considèrent comme « loyal, ouvert, gentil » et cordial. Très attaché à sa mère, Humbert subit un profond traumatisme lorsqu'elle meurt prématurément, le 20 janvier 1855.
Son éducation est confiée, entre autres, à Massimo d'Azeglio et Pascal-Stanislas Mancini. En tant que prince héritier, Humbert se méfie de son père, qui ne lui donne aucune formation en politique ou en gouvernement constitutionnel ; il est élevé sans affection ni amour. Au lieu de cela, il apprend à être obéissant et loyal, doit se tenir au garde-à-vous chaque fois que son père entre dans la pièce, et lorsqu'il lui parle, il doit d'abord se mettre à genoux pour lui baiser la main. Le fait qu'Humbert doive baiser la main de son père avant de lui parler en public et en privé jusqu'à la mort de celui-ci, a beaucoup contribué à la tension entre les deux.
Embarqué dans une carrière militaire en mars 1858, il débute avec le grade de capitaine dans l'armée de terre sarde. Plus tard, il participe à la campagne d'Italie (1859), se distinguant lors de la bataille de Solférino et de la bataille de San Martino en 1859. En 1859, soutenu militairement par la France contre l'Autriche et après avoir annexé les différents états Italiens (duché de Parme et Plaisance, duché de Modène et Reggio, grand-duché de Toscane, royaume des Deux-Siciles et une partie des États pontificaux), son père est proclamé roi d'Italie et établit sa capitale à Florence (guerre du Risorgimento). Les princes souverains condamnés à l'exil se réfugient en Autriche. La même année, consacrant l'alliance du royaume de Sardaigne avec le Second Empire français, sa sœur, la princesse Marie-Clotilde de Savoie épouse le prince Napoléon-Jérôme Bonaparte. Des cinq frères cadets du prince de Piémont, les trois plus jeunes mourront en bas âge ; le prince Othon, atteint d'une maladie génétique, mourra à l'âge de 20 ans.
Devenu héritier du trône d'Italie après la naissance du royaume d'Italie (1861-1946) le 17 mars 1861, Humbert devient major général en 1863 et lieutenant général en 1864 ; il ne manque pas de compléter sa formation par de nombreux voyages à l'étranger, comme lorsqu'en 1863 il accompagne à Lisbonne sa sœur Maria Pia de Savoie, filleule du pape Pie IX, qui épouse Louis Ier, roi de Portugal,, tandis que l'année suivante, il visite quelques cours européennes amies de l'Italie ; en 1865, il est en visite à Londres alors que des émeutes éclatent à Turin pour protester contre le transfert de la capitale à Florence.
En 1866, il est également à Paris, envoyé par son père pour une conversation privée avec l' empereur Napoléon III au sujet du conflit imminent qui va éclater avec l'Autriche. Toujours en 1866, il participe avec son frère Amédée à la troisième guerre d'indépendance italienne. Arrivé au front des opérations en Vénétie, Humbert prend le commandement de la XVIe Division d'infanterie et participe avec vaillance à l' affrontement de Villafranca di Verona le 24 juin 1866, qui suit la défaite italienne lors de la bataille de Custoza (1866). Il est l'un des commandants militaires italiens, parmi ceux qui sont entrés en action, dont l'unité n'est pas été forcée de battre en retraite par les Autrichiens, réussissant plutôt à repousser les attaques nombreuses et violentes des Uhlans Impériaux et Royaux autrichiens et remportant, pour cela, la médaille d'or de la valeur militaire.
En 1866, les tractations diplomatiques faisant suite à la guerre austro-prussienne accordent la Vénétie à la France de Napoléon III, protecteur des États pontificaux, qui la rétrocède immédiatement à son allié Italien. En 1870, la défaite de la France face au royaume de Prusse provoque la chute du Second Empire. Délié de ses engagements envers Napoléon III, le roi d'Italie annexe le reste des États pontificaux. Le pape Pie IX, s'estimant prisonnier du souverain Italien, se cloître dans le palais du Vatican. Vainqueur, le roi d'Italie n'en est pas moins considéré par ses pairs comme un usurpateur et un sacrilège et son antique maison comme une dynastie parvenue. Le prince de Piémont atteint l'âge d'homme mais les cours d'Europe répugnent à donner une de leurs filles en mariage à l'héritier d'un trône honni.
En raison du bouleversement que les Savoie ont causé à un certain nombre d'autres maisons royales (toutes les maisons italiennes et celles qui leur sont étroitement liées, comme la maison de Bourbon (Espagne) et la maison capétienne de Bourbon de France), seule une minorité de familles royales dans les années 1860 sont disposés à établir des relations avec la famille royale italienne nouvellement fondée. Il s'avère difficile de trouver une épouse royale pour l'un ou l'autre des fils du roi Victor Emmanuel II (son fils cadet Amédée épouse finalement un sujet piémontais, la princesse Maria Vittoria dal Pozzo). Leur conflit avec la papauté n'aide pas ces questions. Peu d'épouses royales catholiques éligibles sont facilement disponibles pour le jeune Humbert[réf. nécessaire].