Hugo Koblet (/ˈhuː.ɡo ˈkoː.blɛt/), né le 21 mars 1925 à Zurich et mort le 6 novembre 1964 à Uster en Suisse, est un coureur cycliste suisse. Surnommé le « Pédaleur de charme », il est le premier non Italien vainqueur du Tour d'Italie en 1950. Il a également remporté le Tour de France l'année suivante. Professionnel de 1946 à 1958, il compte notamment à son palmarès trois succès dans le Tour de Suisse en 1950, 1953 et 1955, ainsi que le Tour de Romandie 1953 et un total de treize victoires d'étape dans un grand tour. Champion de Suisse sur route en 1955, Hugo Koblet est également un excellent coureur sur piste : médaillé de bronze du championnat du monde de poursuite en 1947, puis d'argent en 1951 et 1954, il obtient huit titres consécutifs de champion de Suisse de la discipline entre 1947 et 1954.
Il se distingue également sur les courses de six jours, en remportant notamment celles de Chicago et New York avec Walter Diggelmann et celles de Hanovre, Francfort, Dortmund et Bruxelles avec Armin von Büren. Associé à ce dernier, il forme un duo redoutable dans les courses à l'américaine.
Reconnu pour son élégance sur le vélo, de même que pour le soin qu'il apporte à son apparence physique, Hugo Koblet est souvent opposé à son compatriote Ferdi Kübler, l'un des meilleurs cyclistes de son époque. Les deux hommes entretiennent une certaine rivalité due à leur différence de caractère.
Hugo Koblet meurt à l'âge de 39 ans des suites d'un accident de la route.
Hugo Koblet naît le 21 mars 1925 dans l'appartement situé à l'étage de la boulangerie que tiennent ses parents, au no 2 de la Hildastrasse à Zurich. Sa mère, Héléna Gross, originaire du canton des Grisons, travaille avec acharnement pour assurer la bonne marche du commerce familial alors que son père, Adolf Koblet, est affaibli par une longue maladie. Le frère d'Hugo, lui aussi prénommé Adolf, est son aîné de cinq ans. Dans sa jeunesse, Hugo présente une silhouette chétive et une extrême maigreur. Il est envoyé à l'âge de 8 ans dans la famille de sa mère à Pontresina, près de Saint-Moritz. Il y séjourne plusieurs années et pratique alors de nombreux sports comme le ski ou le hockey sur glace dans l'équipe de son école primaire.
À son retour à Zurich, Hugo Koblet refuse de se mettre au service de la boulangerie familiale et choisit de travailler à l'usine. Il entre en apprentissage à 16 ans au sein de l'entreprise Belmag, un fabricant de lampadaires et d'objets en acier ou en étain. Il en sort trois plus tard après avoir obtenu un diplôme d'orfèvrerie. Dans le même temps, il se passionne pour le cyclisme et se déplace régulièrement à bicyclette mais ses parents s'opposent à ce qu'il pratique ce sport. Pour autant, il fréquente le magasin de cycles tenu à Zurich par le champion suisse Léo Amberg, troisième du Tour de France 1937 et avec qui il effectue régulièrement des sorties à vélo. Le 5 mai 1943, Koblet s'aligne sur une course contre-la-montre à Dietikon et remporte la victoire malgré un vélo inadapté. Désormais conscients des capacités de leur fils, ses parents l'autorisent à signer sa première licence au Radfahrer Verein Zurich. En 1944, sur un vélo de course prêté par son ami Giusti Grabs, il remporte le Tour des Quatre-Cantons dans la catégorie juniors, après une échappée en solitaire.
Dès ses premières courses chez les amateurs, Hugo Koblet démontre son talent, de même que lors des entraînements de son club où il est épaulé par Gottfried Weilenmann, l'un des meilleurs routiers suisses de l'époque. Son manque d'endurance lui vaut cependant de connaître parfois des défaillances en fin de course, comme sur le Souvenir olympique entre Berne et Lausanne où il lâche prise dans la côte d'Yverdon-les-Bains après avoir mené pendant plusieurs kilomètres le groupe de tête. Sur les conseils de Léo Amberg, il se consacre en premier lieu à la piste afin de s'endurcir et de travailler sa souplesse. Amberg l'embauche également dans son magasin de cycles et veille personnellement à son entraînement sur le vélodrome d'Oerlikon. Le 5 octobre 1944, Koblet remporte avec son club le championnat de Suisse de poursuite par équipes. Il s'affirme très vite comme un excellent pistard et gagne notamment plusieurs matchs de poursuite individuelle contre les meilleurs amateurs suisses, comme Leo Weilenmann ou Jean-Pierre Burtin, détenteur du record national de l'heure.
La notoriété de Koblet s'étend vite à l'étranger. Il est invité en août 1945 à une réunion sur piste au Parc des Princes à Paris où il est battu en poursuite par Émile Carrara mais remporte l'américaine, associé à Oscar Plattner. Il est ensuite convié au Vélodrome d'Hiver pour participer à plusieurs réunions entre les mois de novembre et de janvier suivants.
Succès sur piste et premiers résultats sur route (1946-1949)
Hugo Koblet signe une licence professionnelle en 1946 : il est alors le plus jeune coureur suisse de cette catégorie avec Charles Guyot. Dans le même temps, après plusieurs ajournements, il doit effectuer son service militaire au 62e régiment d'infanterie, ce qui perturbe sa première saison professionnelle. Parmi ses principaux résultats, il prend la quatrième place du Grand prix de Nantua, une épreuve remportée par Émile Idée en présence de nombreux coureurs de renom.
L'année suivante, Koblet participe aux épreuves sur route au sein de l'équipe Amberg-Helvetia et prend le départ de la classique Milan-San Remo. Après deux crevaisons dans l'ascension du passo del Turchino, il perd de nombreuses minutes à réparer car ses doigts sont engourdis par le froid. Il termine la course au 34e rang sur trente-six concurrents, à plus de cinquante minutes du vainqueur Gino Bartali. Koblet réussit ensuite une bonne performance sur Zurich-Lausanne en prenant la troisième place dans le même temps que le vainqueur Renzo Zanazzi. Au Tour de Romandie, il se classe 29e mais contribue à la victoire de son équipe dans le contre-la-montre disputé lors de la première étape. C'est encore une fois sur piste qu'il obtient ses meilleurs résultats : fin juillet, fort de son titre de champion de Suisse de poursuite, il prend la médaille de bronze du championnat du monde de la discipline à Paris. Battu en demi-finale par Antonio Bevilacqua, il remporte le match pour la troisième place face à Gerrit Schulte. Peu après, il remporte sa première victoire sur route en individuel sur le Tour de Suisse. Dans le premier tronçon de la première étape, divisée en trois parties, il s'échappe peu après le lancement de la course et s'impose à Siebnen avec plus d'une minute d'avance sur Ferdi Kübler. Il doit cependant abandonner dans la septième étape après une chute dans la descente du col du Pillon, alors qu’il occupait la dixième place du classement général.
Lors de la saison 1948, Hugo Koblet rejoint la formation Tebag où il assume un rôle d'équipier auprès de Ferdi Kübler. Ce dernier s'impose sur le Tour de Romandie puis sur le Tour de Suisse tandis que Koblet s'illustre en remportant à chaque fois une étape. Son aisance en montagne, tout comme le soutien apporté à son leader, sont salués par les spécialistes, mais un différend financier oppose les deux hommes et Koblet choisit de rejoindre l'année suivante l'équipe Cilo, en tant que leader. Son début de saison est néanmoins perturbé par une série de blessures. Une chute sévère lors des Six Jours de Buffalo, puis une autre lors de la réunion d'ouverture du vélodrome d'Oerlikon l'obligent à observer trois semaines de repos. De retour à la compétition, il remporte un nouveau titre de champion de Suisse de poursuite mais, le lendemain, il est renversé à l'entraînement par une automobile. Koblet retrouve son meilleur niveau sur le Tour de Romandie en gagnant la quatrième étape entre Porrentruy et Payerne. Il contribue ainsi à la bonne tenue de sa formation Cilo qui remporte le challenge par équipes. Quelques semaines plus tard, la malchance le frappe encore : sa jambe est fracturée dans une collision avec un motocycliste alors qu'il s'entraîne sur une route près de Bellinzone, peu avant le départ du Tour de Suisse. Immobilisé pendant un mois, il entame alors une longue période de convalescence.