Hugh Caswall Tremenheere Dowding (24 avril 1882, Moffat en Écosse – 15 février 1970, Tunbridge Wells en Angleterre), 1er baron Dowding, est un officier britannique qui a participé aux deux guerres mondiales. Il fut le chef du Fighter Command durant la bataille d'Angleterre, et fut incontestablement le principal artisan du succès de cette bataille d'un genre particulier puisque si celle-ci ne permit pas à l'Angleterre de vaincre l'Allemagne nazie, elle lui permit de ne pas être vaincue par elle. Sa vie fut retracée par deux biographes, Basil Collier puis Robert Wright. Hugh Dowding était un homme d'une grande pudeur et d'une grande dignité qui le faisait passer à tort auprès de ceux qui l'approchaient pour un personnage un peu guindé et sans humour. D'une grande humanité, il se montra très soucieux de la sécurité de ses pilotes et en retour il était très apprécié d'eux. Pourtant il est probable que cette humanité joua contre lui à la fois dans sa carrière et dans la reconnaissance qu'il était en droit d'attendre des plus hautes autorités britanniques.
Hugh Dowding est né en 1882 à Moffat en Écosse où il passe sa jeunesse. Il déménage avec sa famille en 1897 en Angleterre, où il se passionne pour les débuts de l'aviation. Il étudie au Winchester College puis entre à l'Académie militaire royale de Sandhurst, d'où il sort officier, puis sert dans l'artillerie.
La Première Guerre Mondiale - l'opposition Dowding Trenchard
Après avoir obtenu son brevet de pilote en décembre 1913, Dowding rejoint le Royal Flying Corps (RFC). C'est à partir de cette période que son entourage lui donne affectueusement le surnom de « Stuffy » (« Vieux jeu »). Il est envoyé en France et en 1915, il est promu chef de la No. 16 Squadron RAF (en). Après la bataille de la Somme, il est en conflit avec le général Hugh Trenchard, commandant du RFC, à propos de la nécessité d'accorder aux pilotes exténués par des missions non-stop, un peu de repos. Il en résulte le renvoi en Angleterre de Dowding, bien qu'il soit promu brigadier-général. Il n'est plus en service actif jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.
L'entre-deux-guerres - le rôle de Dowding dans le développement de l'aviation de chasse
Il rejoint la toute nouvelle Royal Air Force où il acquiert de l'expérience dans les départements de la formation, de l'approvisionnement, de la recherche et développement. Il est à l'origine du développement des liaisons radio air-sol. Il préconise par ailleurs l'élimination du bois dans les avions, arguant du fait qu'en cas de conflit majeur, les ressources en bois saisonniers seraient insuffisantes.
Contrairement à d'autres pilotes britanniques tels que Keith Park, Hugh Dowding ne s'est pas fait un nom au combat. Pourtant, il a manifesté d'excellentes qualités de pilotage, en particulier lors de certaines manifestations sportives et ce, alors qu'il était proche de ses quarante ans.
En 1929, il est promu vice-maréchal de l'air. Envoyé en Palestine mandataire en tant qu'observateur, il prend pleinement conscience de la complexité du problème politique local (l'opposition entre les Sionistes et les Arabes) et de la position délicate de l'Angleterre dans cette affaire. L'année suivante, il rejoint le Air Council (en). Dans l'entre-deux-guerres, sa femme meurt, le laissant seul pour élever son fils, Derek. Hugh Dowding se réfugie alors dans le travail.
En 1933, il est promu au grade d'Air Marshal, et est anobli en 1934.
La Seconde Guerre Mondiale : Dowding, l'artisan de la victoire de la bataille d'Angleterre
Durant la bataille de France en 1940, il s'oppose à l'envoi d'avions de chasse pour soutenir l'armée française, pressentant la future bataille d'Angleterre. Il eut à ce propos une entrevue le 15 mai avec Winston Churchill au cours de laquelle il fit valoir ses arguments. Alors que Winston Churchill voyait dans cette aide apportée aux Français, une aide à la fois matérielle et psychologique (il avait pu constater que le moral des Français était sérieusement atteint après les premiers jours de l'offensive allemande), Hugh Dowding y voyait un risque de gaspillage inutile des forces britanniques. Son audition au Cabinet de Guerre se passa très mal. Ne parvenant pas à convaincre les membres du cabinet, Hugh Dowding jette son crayon d'exaspération puis il met ses graphiques sous les yeux de Winston Churchill en lui disant
« Si le rythme du gaspillage actuel se maintient pendant encore une quinzaine de jours, nous ne disposerons plus d'un seul Hurricane en France ou dans notre pays. »
Pour appuyer sa position, il adresse le lendemain une lettre officielle au Sous-secrétaire d'État de l'air, Sir Harold Balfour - lettre devenue un document historique - dans laquelle il conclut :
« Mais si notre défense intérieure est vidée de sa substance dans des efforts désespérés pour redresser la situation en France, la défaite en France impliquera la défaite définitive, complète et irrémédiable de notre pays. »
Quelques jours plus tard, le 19 mai, Winston Churchill prétendra avoir mal compris les chiffres de Dowding ; il pensait que 25 escadrons étaient nécessaires pour assurer la sécurité du territoire britannique et non 52. Quoi qu'il en soit, plus aucun escadron ne devait quitter le sol britannique à partir de cette date.
La stratégie des « petits paquets » qu'il préconisa pour la RAF face à la chasse allemande, assortie de l'emploi tactique des Spitfire contre les chasseurs et des Hurricane, plus lents, contre les bombardiers, permit d'éviter aux forces aériennes britanniques l'anéantissement que la Luftwaffe visait pendant les deux premières phases de la bataille (kanalkampf et attaque des terrains d'aviation).
Les historiens considèrent que la stratégie d'attrition tenue par Dowding a permis à la R.A.F. de tenir le choc sur la durée, et donc de réduire les espoirs d'invasion nazis pour la phase de débarquement. Là encore, Hugh Dowding avait dû aller à l'encontre de la doctrine militaire en vigueur, la meilleure défense est l'attaque.
Après l'abandon de Seelöwe, les bombardiers Heinkel et Dornier furent concentrés sur les bombardements de masse de Londres.