Hubert Curien, né le 30 octobre 1924 à Cornimont (Vosges) et mort le 6 février 2005 à Loury (Loiret), est un cristallographe français, ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1993. Président du Centre national d'études spatiales de 1976 à 1984 puis premier président de l'Agence spatiale européenne de 1979 à 1984, Hubert Curien est décrit comme le père spirituel de l'Europe spatiale.
Hubert Curien est né d'un père receveur municipal, Robert Curien (1895-1985), et d'une mère institutrice, Berthe Girot (1896-1984). Il est le frère cadet du diplomate Gilles Curien (1922-2017).
Élève du lycée Saint-Louis à Paris, alors âgé de 20 ans il revient dans les Vosges pour s'engager dans la résistance au maquis de la Piquante-Pierre.
Reprenant le cours de ses études à la Libération, il choisit d'entrer à l'École normale supérieure (1945 S) plutôt qu'à l'École polytechnique en raison d'une faiblesse au genou contractée au maquis. Il se lance alors dans une carrière scientifique, se spécialisant dans la cristallographie.
Il est agrégé de physique (1949) et docteur en sciences physiques (1952).
Maître de conférences, puis professeur à la faculté des sciences de Paris, il entre au CNRS en 1966 comme directeur du département Physique mathématiques. Il restera professeur à l'université et assurera ses cours toute sa vie. Il a notamment découvert une nouvelle forme cristalline du gallium dans le cadre de ses travaux au laboratoire de minéralogie et de cristallographie de l'Université de Paris. En tant qu'enseignant, il a joué un rôle capital dans la dynamisation de la culture scientifique au bénéfice des jeunes.
Il occupe successivement plusieurs postes de direction dans la recherche française :
directeur général du CNRS de 1969 à 1973 ;
président du CNES de 1976 à 1984, période pendant laquelle s'effectue le premier tir de la fusée Ariane ;
président du Conseil d’administration du Palais de la Découverte de 1977 à 1984 ;
premier président de l'Agence spatiale européenne de 1979 à 1984 ;
premier président de l'Association des musées et centres de culture scientifique technique et industrielle (AMCSTI) à partir de 1982.
Il est inhumé au cimetière de Cornimont (Vosges).
La communauté spatiale et le CNES doivent beaucoup à Hubert Curien :
mission de Jean-Loup Chrétien, premier spationaute français
premières participations françaises aux programmes scientifiques de l'ESA.
De 1984 à 1986, il est nommé ministre de la Recherche et de la Technologie au sein du Gouvernement Fabius, puis de nouveau de 1988 à mars 1993 (sous les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy).
En 1991, à l'occasion des dix ans du ministère de la Recherche et de la Technologie, il ouvre les jardins au public pour la première fois. Cet événement préfigure la manifestation Science en Fête (qui deviendra plus tard la Fête de la Science), créée l'année suivante.