Ce Jour-là

Hsing-Yun

Moine bouddhiste taïwanais

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Shih Hsing-Yun (en chinois : 星雲 ; pinyin : Xīng Yún), Li Guoshen (李國深) pour l’état civil, né le 19 août 1927 dans la province de Jiangsu (Chine) et mort le 5 février 2023, est un moine bouddhiste taïwanais.

Connu dans le monde bouddhiste sous le nom de Vénérable maître Hsing-Yun (en chinois : 星雲大師 ; pinyin : Xīngyún Dàshī), il est le 48e patriarche de l'école Chan Linji. Il a fondé l'ordre de Fo Guang Shan ainsi que la Buddha's Light International Association.

Issu d’une famille rurale modeste, il apprend très tôt à participer aux travaux ménagers et domestiques, pendant que les adultes travaillent aux champs. Faisant le ménage, jardinant, menant paître le bétail, il participe de toutes ses forces à l’économie familiale. Dès son plus jeune âge, il est très influencé par sa grand-mère, bouddhiste convaincue et riche de compassion. Il est également fortement impressionné en écoutant des lectures données par des sages bouddhistes, ce qui détermine sa vocation. Il est âgé de douze ans quand il reçoit la tonsure des mains du Vénérable Zhikai et il devient alors moine novice, au Qixia Vinaya Collège. En 1947, il sort diplômé du Collège bouddhiste Jiaoshan et se voit successivement confier les fonctions de directeur de l’école primaire Beita, rédacteur en chef du magazine Nutao, puis Premier abbé de la pagode Huazhang.

Arrivé à Taïwan en 1949, il occupe les postes de rédacteur en chef au magazine La Vie et de directeur des études du Cercle d’études bouddhistes de Taïwan. En 1953, il est nommé conseiller au Centre bouddhiste de Yilan. En 1957, il crée un centre de services de la culture bouddhiste, à Taipei ; en 1962, il fait construire le Collège bouddhiste et la pagode Shoushan. En 1967, il fonde le monastère Fo Guang Shan. Il en sera le Premier abbé durant les trois premiers mandats, avant de céder son poste au Vénérable Hsin-Ping en 1985, donnant ainsi un bel exemple de respect des règles démocratiques.

L’objectif principal de Fo Guang Shan est la propagation du « Bouddhisme humaniste ». En effet, de ses premiers contacts avec le bouddhisme traditionnel, le Vénérable en avait gardé l’impression d’une religion trop souvent coupée du monde, prônant le détachement total, se préoccupant avant tout des défunts et, par là même, en voie d’étiolement. En réaction, il développe alors quatre idées directrices : « Propager le Dharma par la culture, découvrir les talents par l’éducation, améliorer la vie en société par la charité et enfin, purifier le cœur de l’homme par la pratique en commun ». Le but recherché, est de développer vigoureusement l’activité bouddhiste dans les domaines de l’éducation, de la culture, des œuvres caritatives et de la pratique religieuse. Il relie le traditionnel au moderne, rédige les règles de la discipline bouddhiste, publie Le carnet de route des disciples de Foguangshan et conduit le bouddhisme dans la voie de la modernisation.

En plus de soixante ans de vie monastique, le Vénérable maître Hsing-Yun aura fondé plus de deux cents centres de culte à travers le monde, parmi lesquels les temples de Hsi-Lai, Nan-Tian et Nan-Hua, qui sont respectivement les plus grands temples bouddhistes d’Amérique du Nord, d’Australie et d’Afrique. Il aura aussi créé dix-neuf galeries d’art, vingt-six bibliothèques, une maison d’édition, douze librairies, plus de cinquante écoles chinoises et seize collèges bouddhistes, auxquels viendront s’ajouter l’Institut économique Zhiguang, l’école secondaire Pu-Men, l’école primaire et secondaire Juntou, etc. Il a, en outre, fondé quatre universités : University of the West aux États-Unis, Foguang University et Nanhua University à Taïwan, Nantian University, en Australie. En 2006, l’University of the West est devenue membre officiel de la W.A.S.C. (Western Association of Schools et Colleges), devenant ainsi la première université américaine fondée par des Chinois à obtenir cet honneur.

À partir de 1970, il construit successivement plusieurs orphelinats et centres de soins : L’Orphelinat Da-Ci, Le home pour personnes âgées Foguang, la Foguangshan Compassion Foundation, l’hôpital Yunshui et les centres de consultation Foguang. Il aide également le gouvernement de Kaohsiung à construire des logements pour personnes âgées. En collaboration avec la Fondation Fu-Hui, il offre plusieurs dizaines d’écoles (primaires et secondaires) et de cliniques à la Chine, afin d’aider les jeunes, les personnes âgées, les malades et les démunis.

En 1976, il crée Foguang Study Journal, puis l’année suivante, le Comité d’arrangement des canons bouddhiques, afin de compiler le Foguang Tripitaka et aussi L’Encyclopédie Foguang. En 1997, sont publiés successivement Le Trésor des sutras bouddhistes chinois en langues vernaculaires et l’édition en C.D., de l’Encyclopédie Foguang ; puis sont créées la chaîne de télévision satellite B.L.T.V. et la station de radio nationale à Taizhong. En 2000, le premier quotidien bouddhiste Merit Times voit le jour et, en 2001, le magazine Pu-Men, datant de plus de vingt ans, est remplacé par le bimensuel Universal Gate Buddhist Journal. Cette même année, il conçoit la Collection des ouvrages bouddhistes, dans laquelle il recueille les thèses de doctorat et de maîtrise des deux Chine et les thèses, en langue chinoise, soutenues dans d’autres pays. Ces ouvrages sont reliés en deux collections : Thèses des études bouddhistes chinoises et Thèses de la culture bouddhiste chinoise, chaque collection comportant cent volumes.

Parmi ses nombreuses publications personnelles, on relève : La biographie de Sakyamuni Bouddha, Recueil des discours du Vénérable maître Hsing-Yun, Collection Bouddhisme, Foguang Textbook, Les cent histoires d’antan, Les Prières Foguang, Entre l’ignorance et l’illumination, Les courants de la pensée contemporaine , la série Bouddhisme-humaniste, Les propos du bouddhisme humaniste, Discipline, Concentration, Sagesse dans le bouddhisme humaniste, etc. Elles ont été traduites en une dizaine de langues et répandues dans le monde entier.

Il encadre plus d’un millier de disciples monastiques venus du monde entier et ses disciples laïques se comptent par millions. En 1992, il crée la Buddha’s Light International Association (B.L.I.A.) avec, pour objectif, « Que la lumière de Bouddha éclaire les trois mille mondes ; que l’eau du Dharma ruisselle sur les cinq continents » et assume les fonctions de Président du quartier général mondial. La B.L.I.A. compte alors plus de 170 sections, implantées sur les cinq continents : c’est la plus grande communauté chinoise expatriée au monde. Depuis sa création, une Assemblée générale est organisée chaque année dans de grandes villes comme Los Angeles, Toronto, Paris, Sydney, etc. À chaque occasion, on y dénombre plus de 5 000 participants. En 2003, la B.L.I.A. est reconnue comme Organisation Non Gouvernementale avec le statut de Consultant spécial, par le Comité Économique et Social de l’Organisation des Nations unies. Depuis des années, il a successivement donné des discours à thème, tels : La joie et l’Harmonie, L’Unité et la Coexistence, Le Respect mutuel et la Tolérance, L’Égalité et la Paix, La Nature et la Vie, La Perfection et l’Insouciance, La Vérité pour tous, Résolution et Développement, La Conscience de soi et la Pratique de la voie du Bouddha, Changer le monde et En faire bénéficier l’humanité, Les Bodhisattva et les Bénévoles, etc., promu la pensée du « Citoyen de la Terre », créant ainsi les courants de la pensée contemporaine et la valeur que le monde entier recherche.

Depuis 1978, il a encore reçu le titre de Docteur honoris causa d’établissements comme : l’Oriental University aux États-Unis, l’Université Saint-Thomas du Chili, la Mahamakut Buddhist University et la Maha Chulalongkornrajavidyalaya University, en Thailande, la Dongguk University en Corée, l’Université Fu-Ren, l’Université de Griffith en Australie, le Whittier Collège aux États-Unis, l’Université Zhong-Shan à Kaohsiung, etc. En mai 1997, il obtient le Prix de Première Classe du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Éducation. En 2000, il se voit décerner le Prix National de l’Intérêt public, en 2002, le Prix des dix personnalités éminentes de l’Enseignement et, en 2005, le Prix Bodhi de la Culture décerné par le Président taïwanais, pour sa contribution envers la Nation, la société et le bouddhisme.

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