Ce Jour-là

Houlagou Khan

Premier khan des Ilkhanides, XIIIe siècle

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Houlagou Khan (mongol : ᠬᠤᠯᠠᠭᠤᠬᠠᠨ, VPMC : Hülegü qan, cyrillique : Хулагу, MNS : Khulagu, qui a comme racine le mot qui signifie « surplus » en mongol médiéval), né vers 1217 en Mongolie, mort le 8 février 1265 à Maragha (Iran), petit-fils de Gengis Khan et frère de Kubilai Khan, est un chef militaire et politique mongol, fondateur de la dynastie mongole des « Ilkhanides » (aussi appelés « Houlagouïdes » ou plus rarement « Houlagides »), qui gouverne la Perse et l'Irak du XIIIe siècle au XIVe siècle, jusqu'à l'avènement de la dynastie jalâyiride, dont le pouvoir s'affirme à la mort d'Abu Saïd en 1336.

Fils de Tolui et de la princesse keraïte (une tribu turco-mongole) Sorghaghtani Beki, il était le frère d'Ariq Böke, de Möngke Khan et de Kubilai Khan, autres prestigieux conquérants et chefs mongols ayant participé à l'expansion fulgurante du grand khanat mongol au XIIIe siècle.

La carrière politique et militaire d'Houlagou est marquée par la considérable expansion de la partie sud-ouest de l'Empire mongol. Grâce à ses victoires militaires, il fonda l'Ilkhanat de Perse et d'Irak. Sous son commandement, les Mongols firent le siège et détruisent Bagdad, mettant fin à l'âge d'or islamique, et à la dynastie califale des abbassides. Les troupes du khan affaiblissent aussi fortement la capitale de la province de Syrie, Damas. Ces conquêtes au Moyen Orient provoquent un rapide déplacement des centres du pouvoir islamique vers le sultanat mamelouk du Caire qui survit à cette expansion militaire et qui accueille les derniers survivants de la famille abbasside après 1258.

Souverain lettré et cultivé, versé en philosophie et en sciences, on sait de lui qu'il avait des correspondances plus ou moins régulières avec le royaume de Castille d'Alphonse X. De ces contact il a peut-être résulté de significatifs échanges de connaissances mathématiques entre monde turco-mongol et monde européen, via la ville d'où Houlagou exerça le pouvoir à la fin de sa vie, Maragha, dans l'Iran actuel.

Origines familiales : un descendant de Gengis Khan

Houlagou est le fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte. Sa mère est Sorgaqtani, une Mongole de la tribu des Kéraït, de religion chrétienne nestorienne. On ne sait pas grand-chose de l'enfance de Houlagou, si ce n'est une anecdote rapportée dans le Jami' al-Tawarikh, ouvrage historique iranien de Rashid al-Din datant du début du XIVe siècle, composé sous le règne de l'il-khan mongol Ghazan. On présume cependant qu'Houlagou aurait rencontré son grand-père, Genghis Khan avec son frère Kubilai, en 1224, alors qu'il n'a que sept ans.

En 1251, Möngke, son grand frère, devient le quatrième grand khan de l'Empire mongol, succédant à Güyük (autre petit-fils de Gengis Khan, via un autre de ses fils, Ögedeï), à la suite de la réunion du Qurultay. À la suite de son élection, il confère à Houlagou le titre de vice-royauté d'Iran. Houlagou a alors 34 ans. En 1260, lorsque Kubilai Khan succède à Möngke, le titre d'Houlagou lui est confirmé et maintenu.

La conquête de l'Irak et de la Syrie (1255-1260)

Arrivée au Moyen Orient et préparatifs

L'ombre des Mongols pèse sur le Moyen Orient depuis plusieurs décennies, notamment après leur invasion de la Géorgie (1220) et au moment du traité de Jaffa (1229). Leur menace est alors superficielle et représente une variable d'ajustement dans les relations entre souverains chrétiens et dynastes islamiques locaux, qui se livrent à une lutte pour le pouvoir entre les entités concurrentes de la région (Damas, Le Caire, et Bagdad).

En 1255, la menace mongole prend une tout autre dimension : Houlagou est chargé par Möngke, arrivé au pouvoir suprême des Mongols en 1251 d'établir « les coutumes (rusum va yusum) et la loi (yasa) » des Mongols de l'Oxus à l'Égypte, ce qui implique notamment : l'assujettissement des Lors, un peuple du sud de l'Iran ; la destruction de la secte des Nizârites (dits « Haschichim », « Assassins ») ; la destruction du califat des Abbassides à Bagdad, c'est-à-dire le cœur du monde musulman de cette époque.

Houlagou se met alors en tête d'une des plus vastes armées mongoles jamais rassemblées, composée d'environ 20% de toutes les formes armées mongoles alors disponibles, passe par Almaligh et Samarcande et atteint rapidement la Transoxiane. Il atteint l'Oxus le 2 janvier 1256. En signe de soumission, son arrivée est marquée par un déploiement de courriers diplomatiques et de réceptions protocolaires, qui voient le chef mongol être complimenté par les représentants des nouveaux vassaux, Chems ed-Dîn Kert, mélik de Hérât et le Salghouride Aboû Bekr, atâbeg du Fârs, ainsi que les deux Seldjoukides d'Asie Mineure, Kai-Kâwous II et Qilidj Arslân IV.

Renforcé par cet épisode diplomatique permettant de s'assurer de la fidélité des subsides irano-turcs affiliés à l'armée mongole, il engage sa campagne militaire à proprement parler. Il a comme premier objectif, fixé par Möngke, d'attaquer les Nizârites (ou Assassins) dans leur fief, à Mâzandérân, Meïmoûndiz et Alamut. Leur grand maître, Rukn ad-Dîn Khurshâh, capitule le 19 novembre 1256. Il l'envoie à Möngke, mais ce prisonnier meurt en chemin. Les défenseurs d'Alamut se rendent le 20 décembre (mais Houlagou échoue à faire disparaître effectivement la secte qui se réfugie à Masyaf jusqu'en 1273).

Houlagou projette ensuite ses ambitions sur Bagdad, capitale du califat abbasside depuis le VIIIe siècle ; on ne sait si la prise de Bagdad constituait un projet de longue date dans le plan d'Houlagou, quoi qu'il en soit, le chef mongol prend prétexte du refus du calife Al-Musta'sim de lui envoyer des troupes pour l'attaquer. Houlagou s'était installé dans les environs de Bagdad à partir de novembre 1257, assisté notamment par le commandant chinois Guo Khan (en). Selon le chroniqueur iranien Ata al-Mulk Juvayni, l'armée d'Houlagou bénéficiait du renfort de plus de 1 000 artilleurs chinois, ainsi que des Arméniens, des Géorgiens, des Turcs et des Perses.

Après de nombreux pourparlers et l'échec de la diplomatie entre le calife Al Musta'sim et Houlagou, ce dernier lui adresse alors un message en forme d'ultimatum et de menace à son homologue, annonçant son intention de détruire de fond en comble la ville si le calife ne se pliait pas à ses intentions.

Les hostilités se déroulent d'abord dans les environs de la ville et plusieurs escarmouches se soldent par des réussites partielles des abbassides. Grâce aux travaux de comblement des canaux d'irrigation et de circulation de la région, les Mongols réussissent cependant à encercler et détruire une grande partie de l'armée abbasside en l'espace d'une seule journée de combats. Au même moment, l'artilleur Guo Khan initie de vaste travaux de castramétation pour assiéger la ville.

Le siège proprement dit commença le 29 janvier 1258. Dès le 5 février, les Mongols réussirent à ouvrir une brèche dans le mur. Des pourparlers initiés par Al-Musta'sim furent rejetés par les Mongols. La ville est prise lors de la bataille du 10 février 1258. Au milieu des fureurs de la prise d'assaut, le vainqueur ordonne que plusieurs catégories d'habitants soient épargnées, comme les gens instruits et les chrétiens (à la demande de son épouse Doqouz Khatoun), mais au moins 250 000 personnes auraient été massacrées selon les estimations modernes (les sources médiévales indiquent quant à elles 800 000).

La grande bibliothèque de Bagdad contenant d'innombrables ouvrages historiques traitant de médecine et d'astronomie fut entièrement détruite. Les Mongols détruisirent également les mosquées, les palais, les autres bibliothèques ainsi que de nombreux édifices publics.

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