Ce Jour-là

Hosni Moubarak

Homme d'État égyptien

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Mohammed Hosni El Sayed Moubarak, couramment appelé Hosni Moubarak (écrit arabe: حسني مبارك), né le 4 mai 1928 à Kafr-el-Meselha et mort le 25 février 2020 au Caire, est un homme d'État égyptien. Il est président de la république arabe d'Égypte du 14 octobre 1981 au 11 février 2011, après avoir succédé à Anouar el-Sadate, dont il était le vice-président au moment de son assassinat.

Réélu à plusieurs reprises, son régime est fréquemment qualifié d'autoritaire. Son long mandat a pris fin lors de la révolution égyptienne de 2011, qui le contraint à la démission. Emprisonné et condamné par la justice égyptienne après son départ du pouvoir, il est libéré en 2017 après avoir purgé sa dernière peine de prison. Il meurt neuf ans après la fin de sa présidence.

Mohammed Hosni Saïd Moubarak est né le 4 mai 1928 dans une localité du delta du Nil à Kafr-el-Meselha (gouvernorat de Menufeya).

Après le lycée, il entre à l'Académie militaire égyptienne où il obtient un diplôme en sciences.

En 1950, il entre à l'Académie de l'Armée de l'air égyptienne où il obtient un diplôme en sciences de l'aviation, terminant major de sa promotion. Il progresse ensuite régulièrement dans la hiérarchie, en occupant d'abord un poste de pilote tout d'abord sur Spitfire puis, successivement, les postes d'instructeur, de chef d'escadrille et enfin de commandant de base.

Officier de l’aviation égyptienne sous la présidence de Gamal Abdel Nasser, Hosni Moubarak avait participé aux côtés de l’armée algérienne à la guerre des Sables, conflit frontalier entre le Maroc et l'Algérie en 1963. Capturé par l’armée marocaine, Moubarak a été livré à Nasser en 1964 par Hassan II, lors du sommet arabe tenu au Caire en janvier 1964. En 1964, il est nommé à la tête de la délégation de l'armée égyptienne en URSS où il parfait sa formation, par deux fois. Sur la base de Quant, à proximité de Bichkek (Kirghizistan), il vole sur les bombardiers Iliouchine Il-28 et Tupolev Tu-16. En 1970, il est nommé Air chief marshal.

De 1967 à 1972, lors de la guerre d'usure entre l'Égypte et Israël, Moubarak est directeur de l'Académie de l'armée d'Akhenchour et responsable du personnel de l'armée de l'air dont il devient le commandant en 1972, en même temps que ministre des Affaires militaires.

En octobre 1973, à la suite de la guerre du Kippour, il est à nouveau promu. En avril 1975, il devient vice-président de la République et, en 1978, il est choisi comme vice-président du Parti national démocratique (PND).

À la suite de l'assassinat d'Anouar el-Sadate, Hosni Moubarak est élu président de la République le 13 octobre 1981, lors de l'élection présidentielle anticipée, et prête serment le lendemain. Il devient également président du Parti national démocratique.

Il poursuit la politique de libéralisation de l’économie entamée par Sadate, notamment par la réduction des subventions à l'agriculture et à la consommation, et par la libéralisation des prix. En 1992, il fait annuler les dispositions régissant la location des terres. Généralement appelée « loi pour chasser les paysans de leurs terres », cette loi, combinée aux autres mesures de désengagement de l’État dans l’économie, accroît le mécontentement des populations rurales pauvres, en particulier en Haute-Égypte

Réélections entre 1987 et 1999

Moubarak est réélu successivement en 1987, 1993 et 1999. Ses scores de réélection sont souvent supérieurs à 80 %. La validité de ces élections est discutable, sachant qu'aucun autre concurrent ne s'est présenté, de peur de représailles. Elles entérinent ainsi le régime de parti unique et, de ce fait, le président Moubarak est globalement considéré comme un dictateur. L’opposition, notamment celle incarnée par le Parti communiste égyptien ou les Frères musulmans, est réprimée. L’état d’urgence est continuellement imposé, ce qui se traduit par une restriction des libertés civiles, une quasi-interdiction de rassemblement et un développement des arrestations arbitraires et des emprisonnements sans charge.

Bien que la popularité de Moubarak ait augmenté avec le temps et que son rôle de dirigeant du monde arabe se soit solidifié dans les années 1980 et 1990, il perd graduellement le soutien populaire égyptien à partir du milieu des années 1990.

Le 26 juin 1995, il échappe à une tentative d'assassinat à Addis-Abeba en Éthiopie, revendiqué par la Gamaa al-Islamiya.

La Constitution qu'il met en place reconnaît les « principes de la charia » comme source principale de la législation.

Quatrième et cinquième mandats

La performance économique du pays est gâchée par des dépenses gouvernementales jugées excessives et par un secteur public engorgé.[réf. nécessaire] L’armée est privilégiée par le régime, au point de constituer, selon L'Humanité, un « État dans l’État » et de contrôler de larges secteurs économiques (routes, transports, tourisme). Les dépenses sociales sont très insuffisantes : selon l’UNICEF, en 2009, 25 % des enfants de moins de 15 ans vivent dans la pauvreté. Moubarak s'oppose à la guerre en Irak de 2003, arguant du fait que le conflit israélo-palestinien est prioritaire. L’Égypte était pourtant membre de la coalition dans la guerre du Golfe en 1991 et le corps expéditionnaire égyptien fut parmi les premiers à se rendre au Koweït pour refouler les forces irakiennes.

En juillet 2004, Moubarak nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement. Le nouveau gouvernement n'est pas perçu positivement par de nombreux Égyptiens, et les conditions économiques du pays ne s'améliorent pas. Hosni Moubarak remporte la première élection présidentielle officiellement multipartite d'Égypte avec 88,5 % des voix, le vendredi 9 septembre 2005. D'après Alain Gresh, Hosni Moubarak devient un pilier de la stratégie régionale des États-Unis. Selon L'Humanité, ces derniers versent à l’Égypte deux milliards de dollars par an en aide militaire et économique.

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