Horace Bénédict de Saussure est un physicien, géologue et naturaliste genevois, né le 17 février 1740 à Conches, dans la commune de Chêne-Bougeries, près de Genève, où il est mort le 22 janvier 1799. Il est aussi considéré comme l'un des fondateurs de l’alpinisme. Ses recherches eurent notamment pour cadre les Alpes, et plus particulièrement le massif du Mont-Blanc.
Horace Bénédict de Saussure est né le 17 février 1740 à Conches. Il est issu d'une branche de la famille de Saussure, installée en Suisse depuis le XVIe siècle.
Après avoir fréquenté le collège et l'académie de sa ville natale, il termine ses études avec une thèse sur la chaleur (1759), un sujet qui devait continuer à le passionner de loin en loin et aboutir un jour à la mise au point d'un véritable capteur solaire.
Les études terminées, sa vocation scientifique s'affirme sous l'influence de son oncle maternel Charles Bonnet et du grand physiologiste et naturaliste bernois Albrecht von Haller, qu'il rencontre dès 1758. Passionné par l'altitude, Saussure se rend une première fois à Chamonix en 1760 pour admirer le mont Blanc. Rêvant d'en atteindre le sommet, il promet une prime à celui qui en montrera un jour le chemin. En attendant, ses premiers travaux concernent la botanique et la microscopie, puis la glaciologie.
En 1762 à 22 ans, il est nommé professeur de philosophie à l'académie de Genève, une position qu'il conserve pendant vingt-quatre ans.
Au cours de plusieurs voyages autour du mont Blanc, il élabore un ambitieux programme de recherches géographiques, qui englobe des observations géologiques, minéralogiques, physiques, météorologiques, hydrographiques et naturalistes. En 1773, un voyage en Italie, entrepris pour rétablir sa santé, lui permet d'étendre ses observations aux Apennins et aux volcans d'Italie. Plus tard, d'autres voyages seront faits, en Auvergne, pour en examiner les volcans éteints et les basaltes.
La publication en 1779 du premier volume de ses Voyages dans les Alpes est une sorte d'acte de naissance de la géologie alpine. Celle-ci est établie sur l'observation systématique et minutieuse des roches et des minéraux ainsi que sur la contemplation de la structure des Alpes à partir de belvédères de plus en plus élevés : le Salève, le Brévent, le Buet, le Crammont et finalement le mont Blanc (3 août 1787) au cours d'une expédition faisant appel à 18 guides de montagne et Jacques Balmat, chef d'expédition. Mais, avant même Saussure, l'ascension du toit des Alpes est réalisée le 8 août 1786 par le guide Balmat et le docteur Michel Paccard de Chamonix. Les premières tentatives effectuées par Saussure avec le guide de Courmayeur Jean-Laurent Jordaney ont en effet échoué.
Dans le domaine de la physique, Saussure s'illustre par la publication des Essais sur l'hygrométrie (1783), une étude empirique des phénomènes atmosphériques, en particulier des précipitations, menée à l'aide d'un instrument de son invention : l'hygromètre à cheveu.
En 1786, le second volume de Voyages dans les Alpes apporte, à travers l'examen des poudingues de Vallorcine, la démonstration de l'existence de l'orogenèse alpine, un principe qui contredit l'une des thèses fondamentales du dogme neptuniste, alors dominant.
Ayant démissionné de son poste de professeur, Saussure peut consacrer d'autant plus d'énergie à ses recherches, qui accordent une place croissante à la mesure des températures (terrestres, lacustres et maritimes), à la mesure de l'humidité et de l'électricité atmosphériques, à l'évaporation et la formation des nuages, ainsi qu'à l'étude de tous les paramètres qui varient en fonction de l'altitude. Le résultat de ces recherches est consigné dans les volumes 3 et 4 des Voyages dans les Alpes (1796).
Citoyen engagé, Saussure propose tour à tour un Projet de réforme pour le collège de Genève (1774), la fondation d'une Société pour l'encouragement des arts et de l'agriculture (1776) et un projet de loi pour l'éducation nationale (1793). Seule la Société des arts est un succès. Victime d'attaques de paralysie à partir de 1794, Saussure voit ses dernières années obscurcies par la maladie. Il retourne vivre dans la maison de campagne de Conches, où il meurt le 22 janvier 1799. Il est inhumé au cimetière des Rois à Genève.
Il est le père d'Albertine Necker de Saussure, nièce du banquier Jacques Necker par son mariage, et de Nicolas Théodore de Saussure, chimiste et physiologiste végétal. Le linguiste Ferdinand de Saussure est l'arrière-petit-fils d'Horace Bénédict. Cette famille de Saussure a compté de nombreux membres illustres.
C'est l'intérêt de Saussure pour la botanique (spécifiquement la flore alpine) qui l'amène à entreprendre dès 1758 ses tout premiers voyages dans les Alpes. Ses travaux ne cessent de s'enrichir par la suite de nouvelles dimensions : comme de nombreux savants du XVIIIe siècle caractérisés par leur éclectisme, il étudie la glaciologie, l'hydrologie, la géologie des Alpes (l'étude de la chaîne alpine le conduit à remettre en question la vision statique du neptunisme), la minéralogie et la pétrologie expérimentale, la physique de l'atmosphère, la météorologie et la climatologie, la spéléogenèse, l'ethnographie, et même la physiologie. La plupart de ses résultats sont consignés dans ses Voyages dans les Alpes (1779-1796, 4 vol.) et dans ses Essais sur l'hygrométrie (1783). La théorie de la Terre qui devait faire la synthèse de ses observations, est insérée dans son Agenda à la fin du quatrième volume des Voyages, 22 chapitres qui constituent une sorte de testament programmatique et méthodologique du savant.
En 1774, Saussure escalade le Grammont ; en 1778, il explore le glacier de Valsorey, près du col du Grand-Saint-Bernard. En 1780, il monte la roche Michel, au-dessus du col du Mont-Cenis. Il participe aussi à plusieurs tentatives pour atteindre le mont Blanc, notamment avec Marc Théodore Bourrit par l'itinéraire de l'aiguille du Goûter.
Le 8 août 1786, deux Chamoniards, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard, en passant par les Grands Mulets, parviennent enfin au sommet. Le 3 août 1787, accompagné de son valet de chambre et de dix-huit guides dont Balmat, Saussure se fait conduire à son tour au sommet, où il fait monter une tente avant de procéder au calcul de l'altitude : il trouve comme altitude 2 450 toises, soit 4 775 mètres, au lieu des 4 806 actuels ; l'erreur est infime pour l'époque.
À l'occasion de cette ascension, il effectue aussi de nombreuses autres mesures, dont celle du point d'ébullition de l'eau en altitude. Il découvre qu'au sommet du mont Blanc, l'eau bout « à 68,993 degrés Réaumur », soit 86,24 °C.
En 1788, il passe dix-sept jours à faire des observations sur la crête du col du Géant. En 1789, il visite le Pizzo Bianco (près de Macugnaga) et traverse pour la première fois le col de Saint-Théodule à Zermatt. Faisant des observations, il explore le mont de Saint-Théodule (Theodulhorn en allemand).
Ses publications ont attiré l'attention des touristes dans les régions de Chamonix et de Zermatt.