Ce Jour-là

Honoré Mercier

Premier ministre du Québec de 1887 à 1891

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Honoré Mercier, né le 15 octobre 1840 à Saint-Athanase et mort le 30 octobre 1894 à Montréal, est un avocat, journaliste et homme politique québécois. Il est premier ministre du Québec du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891, sous la bannière du Parti libéral, et bâtonnier du Québec de 1886 à 1887. Il est également député au Parlement du Canada de 1871 à sa démission après les élections fédérales canadiennes de 1874.

Il est le premier d'une suite de premiers ministres du Québec à parler d'autonomie provinciale et le premier à considérer l'indépendance du Québec. Pendant son mandat, Honoré Mercier a été élevé au titre de comte romain (ou plus précisément au titre de « comte du palais apostolique et de la cour du Latran ») par le pape Léon XIII.

Honoré Mercier est né le 15 octobre 1840 à Saint-Athanase-d'Iberville, dans le secteur qui est devenu Sainte-Anne-de-Sabrevois en 1888. Il est le fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie Kimener. Baptisé le 16 octobre 1840 à l'église de Saint-Athanase, son parrain est Jean-Baptiste Simard et sa marraine est Rose Boutin. Du côté patrilinéaire, Honoré Mercier descend de Julien Mercier (1621-1676), un des pionniers de la Nouvelle-France, originaire de Tourouvre dans le comté du Perche, une ancienne province française. La maison natale d'Honoré Mercier a été déclarée lieu patrimonial du Canada en 2006.

Patriote et libéral convaincu, Jean-Baptiste Mercier est un grand partisan du chef patriote Louis-Joseph Papineau, qu'il soutient lors de la Rébellion des Patriotes de 1837. Il participe même au mouvement en cachant chez lui deux rebelles dont la tête était mise à prix. Il est arrêté après les avoir aidé à s'exiler aux États-Unis. La demeure familiale étant un « foyer d'organisation libérale », Honoré Mercier rencontre des chefs politiques locaux durant son enfance. Lors de la Saint-Jean-Baptiste de 1852, à Saint-Jean-sur-Richelieu, il est d'ailleurs profondément marqué par le discours de Charles Laberge, un avocat, journaliste et homme politique, qui fait alors l'éloge des Fils de la Liberté.

Le père d'Honoré Mercier, qui occupe pendant un moment le poste de commissaire d'école, accorde beaucoup d'importance à l'éducation. Ainsi, en 1854, Honoré entreprend son cours classique au collège Sainte-Marie de Montréal, auprès des Jésuites. Il est un élève assidu, curieux intellectuellement, qui organise des débats et s'intéresse aux grands auteurs et à la France. Comme son père, il s'intéresse à la politique et, notamment, à Louis-Joseph Papineau. En 1862, à Saint-Hyacinthe, il entame d'ailleurs des études en droit auprès d'Augustin-Cyrille Papineau, un avocat libéral qui est le neveu du grand chef patriote. Honoré Mercier poursuit sa formation à Montréal en 1864 et est admis au barreau le 3 avril 1865. Quelques jours plus tôt, son père meurt.

Début de carrière et premiers engagements politiques

Parallèlement à ses études en droit, Honoré Mercier commence sa carrière de journaliste. À l'âge de 22 ans, il devient l'éditeur du Courrier de Saint-Hyacinthe, un journal conservateur proche de George-Étienne Cartier. Mercier y fait la promotion de l'indépendance du Canada vis-à-vis du Royaume-Uni, critique la volonté du Canada-Ouest d'avoir une représentation proportionnelle au Parlement du Canada-Uni et s'oppose au projet de confédération dès 1864, considérant qu'il irait contre les intérêts des Canadiens français.

En plus de la pratique du droit et du journalisme, Honoré Mercier commence à s'impliquer dans le monde politique. Malgré les penchants libéraux de sa famille, il est plus proche des conservateurs, qu'il considère plus susceptibles d'accomplir l'union des forces canadiennes-françaises face aux Anglo-Saxons. En 1863, dans le cadre d'une élection partielle dans Bagot, il soutient les conservateurs au détriment de ses patrons avocats Maurice Laframboise et Augustin Papineau.

Honoré Mercier prend toutefois ses distances avec ses amis du Parti conservateur en 1864, à l'aube de la Confédération. Il s'oppose à ce projet politique, qu'il estime susceptible d'accentuer la mise en minorité des francophones au Canada. Mercier redoute également l'esprit centralisateur du premier ministre canadien John A. Macdonald. N'étant pas en phase avec les positions de George-Étienne Cartier, il démissionne donc du Courrier de Saint-Hyacinthe en juillet 1864.

Il se concentre alors sur sa carrière d'avocat et commence sa pratique à Saint-Hyacinthe. Il participe à la fondation de l'Union catholique de Saint-Hyacinthe, un cercle de débats et un centre culturel catholique conservateur. Le 29 mai 1866, à la cathédrale de la ville, il marie Léopoldine Boivin, la fille d'un commerçant bien en vue. L'année suivante, fort de sa réputation d'avocat criminaliste, Honoré Mercier rejoint le Parti libéral. Bien qu'il reste nationaliste, ce changement de camp lui attire les foudres de ses anciens compagnons conservateurs, qui lui reprochent une trahison.

Durant la même période, en 1869, un drame frappe la famille Mercier. Léopoldine, qui a la santé fragile, meurt en donnant naissance à leur premier enfant, Élisa.

Création du Parti national et première élection

Au début des années 1870, Mercier participe à la fondation du Parti national, une formation politique ayant pour objectif de réunir libéraux et conservateurs dans l'objectif commun de défendre le Canada français. Cette coalition rassemble plusieurs jeunes avocats comme François Béïque, Laurent-Olivier David, Louis-Amable Jetté et Joseph Doutre. En 1871, dans le contexte de la Rébellion de la rivière Rouge des Métis du Manitoba, les conditions semblent propices à la convergence des Canadiens français. Toutefois, le programme réformateur du Parti national (abolition du Conseil législatif, vote secret, Sénat fédéral électif, décentralisation, autonomie des provinces, etc.) attire plus de libéraux que de conservateurs et la coalition ne parvient pas à prendre forme.

Le 8 mai 1871, Honoré Mercier marie Virginie St-Denis, cousine de sa défunte première épouse, Léopoldine. Ils auront cinq enfants : Honoré, Héva, Paul-Émile, Iberville et Raoul. Iberville et Raoul meurent en bas âge. Aux élections générales fédérales de 1872, il est élu à la Chambre des communes en tant que député libéral-national de la circonscription de Rouville. Bien que les conservateurs se maintiennent au pouvoir, ces élections permettent aux libéraux de faire de nets progrès. Mercier lance alors sa carrière parlementaire et s'engage dans l'opposition aux politiques de John A. Macdonald.

Un court passage en politique fédérale

À la Chambre des communes, la question des écoles acadiennes du Nouveau-Brunswick est le premier dossier d'importance sur lequel se penche Mercier. Depuis 1871, le Parlement de Fredericton ne reconnait plus les écoles publiques « séparées », à savoir les écoles catholiques acadiennes. Invoquant l'article 93 de la Constitution canadienne, mis en place pour protéger les droits des minorités anglophones du Québec, les Acadiens du Nouveau-Brunswick demandent l'intervention du gouvernement fédéral pour protéger leurs écoles. Le premier ministre John A. Macdonald refuse toutefois d'intervenir et une vague de soutien aux Acadiens traverse alors le Québec. Honoré Mercier, malgré ses convictions autonomistes en ce qui a trait aux pouvoirs des provinces face au fédéral, considère comme encore plus importante la protection des droits des minorités francophones. Le 14 mai 1873, il prononce son premier discours au Parlement, soutenant les revendications acadiennes. Le Conseil privé de Londres donne toutefois raison à John A. Macdonald et les Acadiens perdent leurs écoles. Pour Mercier, il s'agit d'une nouvelle démonstration de l'hostilité du fédéral envers les minorités francophones.

Aux élections générales de 1874, à la suite du scandale du Pacifique, qui voit le gouvernement conservateur du Macdonald embourbé dans une affaire de corruption, les libéraux d'Alexander Mackenzie accèdent au pouvoir. Toutefois, Mackenzie n'apprécie pas Honoré Mercier, qu'il considère trop indépendant et nationaliste. Il décide donc de l'écarter et le député de Rouville se voit contraint de quitter Ottawa. Il reprend alors la pratique du droit à Saint-Hyacinthe.

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