Ce Jour-là

Honoré Beaugrand

Écrivain, journaliste et homme politique québécois (maire de Montréal),

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Honoré Beaugrand, né le 24 mars 1848 à Saint-Joseph-de-Lanoraie et mort le 7 octobre 1906 à Montréal, est un journaliste, propriétaire de journaux, homme politique et écrivain québécois.

Figure marquante du libéralisme radical dans la province de Québec de la fin du 19e siècle, républicain et anticlérical, il est notamment connu pour avoir été maire de Montréal de 1885 à 1887, auteur de La Chasse-galerie, paru en 1891, et fondateur du journal La Patrie.

Honoré Beaugrand est le fils de Louis Beaugrand, dit Champagne, navigateur, et de Marie-Josephte (Joséphine) Marion. Il est né le 24 mars 1848 à Saint-Joseph-de-Lanoraie (aujourd'hui Lanoraie). Les Beaugrand compteront au total six enfants (3 garçons et 3 filles).

Honoré grandit au sein d'une famille de notables francophiles, cultivés et politisés. Son père, son grand-père maternel (Louis Marion) et son parrain (Louis-G. Lafontaine) ont soutenu, lors des rébellions de 1837-1838, le Parti patriote. Ils adhèrent de plus tous au libéralisme radical des Rouges. En 1852, son père et son grand-père diffusent les idées de l'Institut canadien de Montréal à Lanoraie. Les liens de la famille avec ce qui deviendra le Parti libéral seront d'ailleurs toujours étroits.

Orphelin de mère à partir de 1856, il devient pensionnaire au collège de Joliette en 1859. Le biographe d'Honoré Beaugrand, Jean-Philippe Warren, précise qu'il y « fait une année de préparation (1859-1860), passe ensuite en éléments français (1860-1861), termine sa syntaxe française (1861-1862) et fait la première année du cours commercial en classe des belles-lettres (1862-1863). »

Une fois ses études collégiales terminées, Honoré entre, le 14 avril 1863, chez les clercs de Saint-Viateur, un choix qui peut sembler d'abord surprenant étant donné les traditions libérales familiales. Il n'est pas, rappelle Warren, le seul jeune de sa génération qui succombe, pour une période plus ou moins brève, « au vent religieux qui souffle sur la province ». Par ailleurs, « son père, catholique pratiquant, n'a jamais été anticlérical et les idées plus progressistes des clercs de Saint-Viateur n'ont rien pour lui déplaire ». L'expérience sera toutefois brève : il quitte le noviciat à l'hiver 1864, avant de prononcer ses vœux.

Le contexte économique étant défavorable et n'ayant pas de formation spécialisée lui garantissant un emploi, la situation future d'Honoré s'annonce difficile. Il fréquente entre-temps l'Institut canadien de Montréal, où il est inspiré par les idées de Joseph Doutre. Il semble également, selon Warren, qu'il ait été pendant quelque temps matelot sur le Saint-Laurent à bord d'un des navires de son père.

Une porte s'ouvre finalement à lui dans la milice canadienne. Il connaît bien ce secteur, plusieurs des membres de sa famille en ayant fait partie. Il s'inscrit à l'École militaire de Montréal à la fin juin ou au début juillet 1865. Admis comme soldat, il en sortira le 12 août 1865 avec un certificat lui permettant de commander un bataillon. Il sera ensuite intégré à une compagnie du 65e régiment, les Chasseurs canadiens, seul corps militaire francophone à Montréal. Les lacunes sur le plan de l'organisation ainsi que l'absence de défi exaltant le lassent assez rapidement de cette carrière. À cette étape de sa vie, le jeune Beaugrand se cherche avant tout « un champ de bataille ».

C'est plus au sud qu'il le trouvera. Beaugrand part pour le Mexique au début d'octobre 1865, où il rejoint les forces militaires françaises placées sous le commandement du général Bazaine qui soutiennent l'empereur Maximilien. Pour le francophile qu'il est, rejoindre ce corps d'armée, c'est se battre pour la France. À Mexico, il sera accepté dans l'armée française comme soldat. Il montera par la suite rapidement en grade. Dès l'année suivante, Beaugrand est promu maréchal des logis dans la 2e compagnie montée de la contre-guérilla, une unité réputée pour ses méthodes particulièrement brutales. On sait ensuite peu de choses des combats auxquels il a pris part. Après que Napoléon III ait finalement décidé de se désengager de ce terrain, il se rend en France avec les détachements français envoyés au Mexique et débarque à Toulon en février ou en mars 1867. C'est la première fois qu'il met les pieds en France.

Beaugrand séjourne neuf mois en France. On sait peu de choses de cette période si ce n'est qu'il fréquente les salons, participe à la vie culturelle et élargit ses idées sociales et politiques. Selon le père Louis Le Jeune, il y aurait fait ses débuts dans le journalisme. Il y a également une hypothèse voulant qu'il aurait pu être matelot en Angleterre ou mousse à bord d'un vapeur transatlantique. Pour Warren, « [c]es informations sont discutables, bien que plausibles, au vu de ses expériences sur les navires de son père. »

La Nouvelle-Orléans et le Mexique

De retour en Amérique en décembre 1867, il choisit de s'établir aux États-Unis. Il aurait habité peu de temps à New York, où il aurait été employé comme commis. Ensuite, en 1868 et 1869, il séjourne quelques mois à La Nouvelle-Orléans. Il affirme y avoir exercé le métier de pelleteur de charbon, mais les sources indiquent qu'il y apprend les rudiments du métier de journaliste. Il aurait ainsi été employé à La Renaissance louisianaise ou à L'Abeille, deux publications francophones de La Nouvelle-Orléans.

Après ce séjour de quelques mois à La Nouvelle-Orléans, Beaugrand reprend la route. En 1869, il est de retour au Mexique. Il y sera comptable-interprète au sein de la Compagnie du chemin de fer mexicain.

En Floride, dans la marine américaine

Puis, en juin 1870, il s'enrôle dans la marine américaine et est stationné à la base navale de Pensacola, au nord-ouest de la Floride, à proximité de Mobile et de La Nouvelle-Orléans. En août, il obtient le grade de caporal et, le 13 décembre de la même année, il est promu sergent. La mission des compagnies d'infanterie et d'artillerie dont il fait partie est de maintenir l'ordre parmi la population civile autour des bases navales de Pensacola, Key West et Dry Tortugas. Cette affectation routinière ne le satisfaisant pas, Beaugrand quitte la marine vers avril 1871, soit moins d'un an après s'être engagé.

À l'automne 1871, Beaugrand s'établit en Nouvelle-Angleterre. Il s'arrête d'abord à Philadelphie, où il exerce la profession de pâtissier. Dès le mois de juillet ou d'août de la même année, il déménage à Fall River, au Massachusetts, où il réside avec son frère Télésphore. La ville, à cette époque, compte 5 700 Canadiens français venus de la province de Québec, qui comptent déjà pour 14 % de la population totale. Très vite, il intègre la population franco-américaine, met sur pied des sociétés patriotiques (Association Montcalm en 1874) et culturelles et en fondant des journaux.

Après avoir exercé quelques petits métiers, dont celui de peintre en bâtiments, Beaugrand lance enfin, à l'été 1873, un projet qu'il caressait depuis longtemps : « établir à Fall River une feuille hebdomadaire, qui représenterait, ici, les intérêts de nos compatriotes émigrés, et qui travaillerait constamment à disséminer parmi eux les connaissances aujourd'hui si nécessaires à la réussite de toute entreprise ». Le 19 juillet paraît donc le premier numéro de L'Écho du Canada, un hebdomadaire de huit pages. Pour Warren, « le nom choisi trahit l'intention de son directeur […], qui cherche à rapprocher les Canadiens français émigrés de leur famille et de leurs amis restés au pays. » De novembre 1874 à mai 1875, L'Écho du Canada a également une édition à Lowell.

Le 5 octobre 1873, Honoré épouse Eliza Walker (1854-1934) à l'église méthodiste Saint-Paul de Fall River. Employée dans une filature, elle vient d'un milieu modeste, son père étant gardien de nuit et l'un de ses frères travaillant comme ouvrier dans une manufacture. Elle accouche d'un enfant le 19 mai 1874, qui décède le même jour.

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