Ce Jour-là

Hollando-Américains

Américains d'origine hollandaise ou flamande

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Les Hollando-Américains sont les Américains ayant partiellement ou en totalité des ancêtres néerlandais ou flamands.

Le terme d'« Hollando-Américain » est une simplification abusive utilisée par commodité en français. En effet, à strictement parler, les Hollandais sont seulement les habitants des deux provinces composant la Hollande, une partie des Provinces-Unies (anciens Pays-Bas septentrionaux).

En outre des Néerlandais, les Hollando-Américains comprennent aussi des descendants de Flamands (majoritairement catholiques), peuple néerlandophone majoritaire dans les territoires méridionaux des Provinces-Unies (principalement la Flandre des États, le Brabant des États, la Haute-Gueldre des États et l'Outremeuse des États).

De plus, il faut également ajouter les descendants de l'importante présence de réfugiés protestants d'origine flamande et wallonne, alors présents dans les Provinces-Unies, ayant fui les Pays-Bas méridionaux/espagnols lors de la Guerre des Quatre-Vingt Ans (1568-1648) contre la Monarchie catholique espagnole. On peut aussi y mentionner la présence notable de réfugiés d'origine huguenote ayant fui la France lors des guerres de Religions (1562-1598).

Enfin, afin d'éviter d'emblée toute confusion, les « Pennsylvania Dutch », ou Allemands de Pennsylvanie, ne font pas partie des Hollando-Américains (Dutch Americans). En effet, dans ce cas, l'anglais « dutch » est dérivé de « deitsch » (en allemand de Pennsylvanie) ou de « deutsch » (en allemand standard) et signifie allemand en français.

Les Néerlandais étaient parmi les premiers européens à s'être installés dans le Nouveau Monde. En 1609 la Compagnie néerlandaise des Indes orientales recherchant un passage vers le Pacifique fit reconnaître la vallée du fleuve qui sera renommé Hudson ainsi que les îles de Staten Island (Staaten Eylandt, l'île des Etats [généraux des Provinces-Unies]) et de Manhattan puis la baie de la Delaware par un de ses navires, le Halve Maen commandé par le capitaine Henry Hudson. Les Provinces-Unies revendiquèrent ensuite la possession de la région. D'autres voyages d'exploration furent effectués par Adriaen Block. Les premières compagnies de pelleterie s'installèrent en 1610 et Fort Nassau (actuelle Albany) fut érigé en 1614. Le premier établissement permanent de colons néerlandais fut fondé en 1624 à Manhattan et renommé Nieuw Amsterdam (la Nouvelle-Amsterdam), sur la côte Est des États-Unis, laquelle deviendra plus tard la métropole de New York. La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (VOOC) attribua aux acheteurs des terres, les patroons, des droits de type féodal sur les concessionnaires des terrains, comme c'était pratiqué en Nouvelle-France.

Environ la moitié des premiers colons « néerlandais » étaient des protestants (calvinistes) huguenots, rhénans ou wallons attirés ou réfugiés aux Provinces-unies dont le gouverneur Pierre Minuit qui acheta Manhattan et le capitaine Jessé de Forest organisateur de la première expédition de colonisation de Manhattan. Ces colons s'installèrent ensuite dans les vallées de l'Hudson et de la Mohawk, son affluent, jusqu'au-delà de Fort Orange, aujourd'hui banlieue d'Albany. Renforcée par des Puritains de Nouvelle Angleterre notamment du Connecticut, la colonie était de fait multiculturelle et tolérante mais le gouverneur Pieter Stuyvesant établit des lois discriminant les non-calvinistes. Suivant le point de vue, la colonie était appelée Nouvelle-Néerlande ou Nouvelle-Belgique.

Les Pères pèlerins du Mayflower puritains arrivés en 1620, fondateurs de la colonie de Plymouth voisine, étaient également des protestants arrivés des Provinces-Unies mais non calvinistes et d'origine britannique avec quelques Wallons. L'une des motivations de leur émigration avait été justement d'éviter que leur descendance ne soit absorbée culturellement par les Néerlandais mercantilistes, calvinistes et néerlandophones s'ils étaient restés aux Provinces-Unies.

La Nouvelle-Suède fut créée en 1638 lors d'une expédition suédoise préparée par Samuel Blommaert (nl), un négociant flamand, et conduite par Pierre Minuit (qui évincé de son poste était alors retourné en Europe) dans la baie de la Delaware alors que les Néerlandais momentanément affaiblis s'en retiraient. Pierre Minuit en devint également le premier gouverneur. La colonie avait reçu quelques colons néerlandais avec les Suédois, Finlandais et Allemands de l'Empire suédois. La Nouvelle-Suède fut conquise lors d'une expédition menée par le gouverneur Pieter Stuyvesant en 1655 puis recolonisée par les Provinces-Unies ; les Néerlandais firent cependant preuve de tolérance avec les Suédois et les Finlandais luthériens. Fort Kristina, sa principale place forte, devint Fort Altena, aujourd'hui Wilmington.

La Pennsylvanie fondée en 1682 par le Quaker William Penn devait être un refuge pour les monothéistes persécutés en particulier les anabaptistes indésirables en Europe. Ils comptaient aussi des Néerlandais dont William Penn lui-même par sa mère. Les Mennonites néerlandais font partie de ces anabaptistes, ultérieurement ils influenceront grandement le mouvement évangélique. La Pennsylvanie reçut, cependant, bien plus de germanophones qui par un curieux jeu de proximités linguistiques furent aussi appelés Dutch (Pennsylvania Dutch) car ils se nommaient eux-mêmes Deitsch, c'est-à-dire allemand .

En 1664 la Nouvelle Néerlande fut conquise par les Britanniques. Peu aidé ni par les colons ni par la VOOC, Pieter Stuyvesant devenu impopulaire capitula. New Amsterdam fut renommée New York, les colons conservèrent leurs terres, leurs coutumes et leur religion. Les patroons prirent le titre anglais de lord of the manor et s'efforcèrent de conserver leurs privilèges (voir par exemple Rensselaerswijck). Une partie de la colonie fut cependant détachée et attribuée à Lord John Berkeley (1er baron Berkeley de Stratton) et Lord George de Carteret, l'un des huit lords propriétaires de Caroline et natif de Jersey ; elle constituera le New Jersey. Les lords tentèrent d'imposer le système quasi-féodal en vigueur en Caroline, les colons devenant concessionnaires des terres et assujettis au paiement d'une quittance (quit-rent (en)) et à d'autres obligations. Pour y parvenir et attirer de nouveaux colons les lords instaurèrent en contrepartie la liberté religieuse (Concession and Agreement (en)).

En 1674, la Nouvelle-Néerlande fut définitivement échangée avec l'Angleterre contre le Suriname, qui convenait mieux aux Provinces-Unies, désireuses de continuer une économie de plantation après la perte de la Nouvelle-Hollande brésilienne au profit du Portugal en 1661. L'immigration néerlandaise cessa momentanément mais les Néerlandais s'efforcèrent de garder leurs coutumes et leur foi calviniste.

En 1790 la population d'origine néerlandaise des États-Unis fut estimée à 3,1% de la population totale.

L'émigration néerlandophone reprit au XIXe siècle : émigration de paysans pauvres ou désireux d'obtenir de grandes surfaces (principalement jusque vers 1950). Aux Pays-Bas la séparation de 1834, un schisme survenu au sein de l'Église réformée néerlandaise en 1834, qui conduisit à la création des Églises reréformées favorables au Réveil, fut la cause, avec la situation critique de l'agriculture, de nouvelles émigrations de groupes décidés à fuir les discriminations religieuses, la pauvreté et dans certains cas la famine. Elles concernèrent 240 paroisses et furent menées après 1845 par des pasteurs comme Albertus van Raalte et Hendrik P. Scholte vers la région des Grands Lacs où se trouvent de bonnes terres. Van Raalte est personnellement à l'origine de la création de la colonie de Holland (Michigan) et Scholte de celle de Pella (Iowa).

Après 1945 eut lieu une importante émigration de néerlandophones (partiels) en provenance des Indes néerlandaises, devenues la République d'Indonésie.

Selon l'American Community Survey (en) de 2021, 3,1 millions d'Américains se réclament d'une ascendance néerlandaise totale ou partielle. Aujourd'hui, la majorité des Américains avec au moins un ancêtre néerlandais vivent dans les États de Californie, de New York, du Michigan, et de Pennsylvanie.

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