Le Siam (actuelle Thaïlande) n'avait pas d'enjeux dans la Première Guerre mondiale, mais il y a participé à partir de juillet 1917 pour des raisons d'opportunité. Entrée en guerre aux côtés des alliés, son armée s'est emparé de navires allemands et un petit corps expéditionnaire a été envoyé en Europe. Cette action lui a permis de figurer parmi les vainqueurs de la guerre au traité de Versailles et les fondateurs de la Société des Nations, améliorant notablement son statut international.
Lorsque le président des États-Unis Woodrow Wilson déclara la guerre à l'Allemagne en avril 1917, il était clair que l’entrée en guerre des Américains aux côtés de l’Entente rompait l'équilibre au détriment des puissances centrales (Empire allemand, Autriche-Hongrie, Bulgarie et Empire ottoman).
Resté à l'écart du conflit, le roi Vajiravudh (Rama VI) examina les opportunités que celui-ci lui offrait. Bien que le Siam soit resté neutre depuis le début de la Première Guerre mondiale en août 1914 et que le pays jouisse de relations amicales avec l'Allemagne, Rama VI trouva avantageux de lier son sort à celui des puissances alliées.
Le monarque était convaincu que la participation du Siam serait « une excellente occasion pour nous d'obtenir l'égalité avec les autres nations », le Siam ayant souffert des visées impérialistes tant des Britanniques (cession de quatre provinces du Sud par le traité anglo-siamois de 1909) que des Français avec la perte du Laos et du Cambodge.
En outre, le Siam ayant été contraint d'accepter des droits d’extraterritorialité pour les citoyens de pays comme la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, le roi Rama VI espérait que la participation siamoise à la guerre permettrait une révision de ces traités inégaux.
Le 22 juillet 1917, malgré les réticences de certains membres du gouvernement royal, le roi Vajiravudh (Rama VI) déclara la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, le Siam saisissant immédiatement et, plus tard, conservant à titre de dommages de guerre onze navires appartenant à la compagnie Norddeutscher Lloyd (NDL).
Bangkapong, construit en 1903, rebaptisé Han Thale (455 tonneaux) ;
Chantaboon, construit en 1908 (421 tonneaux) ;
Chiengmai, construit en 1907, rebaptisé Doen 0Samudi (1 815 tonneaux) ;
Deli, construit en 1900, rebaptisé Den Samud (1 394 tonneaux) ;
Kohsichang, construit en 1894, rebaptisé Sri Samud (2 043 tonneaux) ;
Menam, construit en 1906, rebaptisé Thon Thale (464 tonneaux) ;
Patani, construit en 1907, rebaptisé Thong Samudi (1 819 tonneaux) ;
Patriu, construit en 1903, rebaptisé Leu Thale (445 tonneaux) ;
Petchaburi, construit en 1906, rebaptisé Kaeo Samud (2 191 tonneaux) ;
Samsen, construit en 1902, rebaptisé Pin Samud (1 632 tonneaux) ;
Pitsanulok, construit en 1901, rebaptisé Phan Samudh (2 019 tonneaux).
Le Siam envoya en Europe une petite force expéditionnaire, sous le commandement du général Phya Pijaijarnrit (par la suite promu au grade de lieutenant-général et connu sous le nom de Phya Devahastin). Elle était composée de 1 284 volontaires et comportait un détachement de 95 pilotes du corps aérien, un contingent du corps des transports, une unité médicale et une de maintenance engagée avec les forces britanniques et françaises sur le front occidental.