Le Monténégro (en BCMS Crna Gora ; en albanais Mali i Zi), bien qu'étant le dernier État d'Europe à avoir obtenu son indépendance, possède une histoire longue de plusieurs siècles, imbriquée dans celle de la Serbie et de la Yougoslavie.
En 2024, ce petit pays des Balkans, sur un territoire de 13 812 km2, abrite une population d'environ 600 000 habitants, Monténégrines et Monténégrins, parlant le monténégrin et/ou le serbe. La diaspora monténégrine serait aussi importante, dans les pays proches, dont la Serbie, mais aussi aux États-Unis, en Argentine, Allemagne, France.
Le Monténégro abrite un ensemble d'art rupestre en baie de Kotor. Appelés communément les dessins préhistoriques de Lipçi, ils sont situés dans le village du même nom, et représenteraient une scène de chasse au chevreuil ainsi que plusieurs svastikas. Ces dessins ont été réalisés sur la paroi d’un rocher. Pour les observer, il faut monter une petite route étroite accessible depuis la route principale longeant la mer jusqu'à un parking où un panneau rouillé indique le chemin de la paroi rocheuse où se trouvent les dessins, découverts en 1957. Les chercheurs s’accorderaient à dire que les dessins ont été réalisés entre 1600 et 1200 avant J.-C. donc à l’Âge de Bronze. Cependant les recherches les plus récentes montreraient des similitudes avec d’autres dessins situés dans les Alpes italiennes et qui eux dateraient du Xe siècle av. J.-C. La théorie générale qui prévaut est que ces dessins ont été réalisés au Néolithique tout comme le suggérait l’étude première en 1957. Parmi les théories les plus récentes, on s’accorde à penser que les peintures rupestres du Monténégro, en sont un mélange qui témoigne d’une période de transition entre le Mésolithique et l’âge de Bronze et d’une influence d’un continent que la science moderne appelle aujourd’hui le continent eurasiatique dont la plus grande partie fut englobée au 5e siècle av. J.-C. dans l’Empire romain. La culture de Glasinac-Mati est présente sur le territoire de 1600 à 300 avant notre ère.
Des colonies grecques s'établissent sur la côte du Monténégro au cours des VIIe et VIe siècles av. J.-C.. Puis, au IVe siècle av. J.-C., les Celtes s'y installent.
Le Monténégro est peuplé par des tribus Illyriennes dès le IIIe siècle av. J.-C. et un royaume illyrien se développe autour de Scutari, sa capitale.
Les Romains mènent plusieurs expéditions punitives contre les pirates de la côte monténégrine puis en font la conquête vers 168 av. J.-C. Dioclétien érigera la province de Prévalitaine qui regroupera une grande partie du territoire actuel monténégrin. Plus tard, en 297, le territoire fut rattaché à la province de Dalmatie supérieure. En 395, il est rattaché à l'Empire romain d'Orient. Aux Ve et VIe siècles le Monténégro est ravagé par les invasions avars et goths.
Des tribus slaves (qui se mélangent par ailleurs aux tribus précédentes) commencent à affluer, tout en s'organisant politiquement, dans la région dès la fin du VIIe siècle.
Certes, les Monténégrins sont issus, sur le plan anthropologique, de peuplements serbes, ils se distinguent tôt dans l'histoire des Serbes actuels, tant sur le plan politique que culturel.
Après que des populations serbes, sous la tutelle byzantine, se sont installées dans les Balkans, une confédération se crée à la faveur du déclin temporaire de Byzance et sous la menace de l'Empire bulgare.
La première principauté serbe, connue sous le nom de Rascie, comprend le territoire diocléen, autonome, décline, menant à son assujetissement par Byzance. De administrando Imperio, une source byzantine de vers 950, liste plusieurs entités présente dans la région : la Paganie (Neretljani), la Zachlumie (Chelmia), la Travonie (Travunja), et la Dioclée (Duklja).
Vers 1040, à la suite de soulèvements, la Dioclée obtient son indépendance vis-à-vis de Byzance.
En 1077, le pape Grégoire VII la reconnaît comme un État indépendant et son roi monténégrin Mihailo Vojislavljević comme rex Diocleæ (roi de Dioclée).
Le royaume paie néanmoins un tribut à l'Empire byzantin et, plus tard, à l’Empire bulgare.
La puissance de la Dioclée diminue et devient sujet des grands princes de la Rascie au XIIe siècle, cette dernière vient de s'émanciper formellement de la tutelle byzantine.
La Zeta — l'appellation Crna Gora (montagne noire) apparaissant sous Stefan Uroš II Milutin pour désigner un territoire plus petit que l'actuel Monténégro —, retrouvre son indépendance seulement à la suite de la division de l'Empire serbe en 1356 sous la dynastie Nemanjić.
Le Zeta est alors gouverné à partir de 1360 par la Balšić.
Il est ensuite sous la tutelle du despotat de Serbie (un des États serbes issu de la dislocation de l'Empire) de 1421 à 1456.
Une autre famille noble de la Zeta, les Crnojević, redonne temporairement l'indépendance au pays avant que le territoire ne tombe sous la tutelle ottomane en 1479, à la suite des Guerres ottomanes en Europe. Une partie du territoire monténégrin passe sous contrôle vénitien.