La République d'Égypte est le nom du régime politique qui dirige l'Égypte depuis 1971 après le nom officiel de République d'Égypte de 1953 à 1958 puis de République arabe unie de 1958 à 1971 (unie avec la Syrie de 1958 à 1961).
À la suite du coup d'État des officiers libres le 23 juillet 1952, la république est proclamée en Égypte le 18 juin 1953, succédant au Royaume d'Égypte. Sa capitale est Le Caire, sa langue officielle est l'arabe et sa monnaie est la livre égyptienne.
Le premier président égyptien est Mohammed Naguib. Gamal Abd-al-Nasser lui succède en 1954.
Les principales causes de l'affaiblissement du royaume d'Égypte sont l'occupation du pays par les britanniques et l'humiliante défaite lors de la guerre israélo-arabe.
1952-1958 : révolution égyptienne de 1952, République d'Égypte (1953-1958)
Lors du coup d'État de 1952, les officiers libres instaurent un conseil de commandement militaire dans le but d'abolir la monarchie.
Le mouvement, galvanisé par un jeune lieutenant-colonel de trente-quatre ans, Nasser, ce héros de la guerre israélo-arabe de 1948 qui avait fondé un comité révolutionnaire secret, était composé de jeunes officiers généralement âgés de moins de trente-cinq ans, qui avaient pour but d'abolir la monarchie et de mettre fin à la présence britannique dans le pays.
Dès la fin de l'année 1949, Nasser forme un comité de coordination, dont il devient le chef en 1950. Après avoir établi patiemment son réseau au sein de l'armée et de la société civile, il enrôle le général Naguib, le général le plus prestigieux et le plus respecté du pays, ce qui devait permettre aux militaires de réussir leur coup d'État.
Les neuf hommes qui se constituent en tant que comité du mouvement des officiers libres sont le lieutenant-colonel Gamal Abdel Nasser, le major Abdel Hakim Amer, le lieutenant-colonel Anouar el-Sadate, le major Salah Salem, le major Kamal el-Din Hussein (en), le commandant Gamal Salem (en), le chef d'escadron Hassan Ibrahim, le major Khaled Mohieddine et le commandant Abdel Latif Boghdadi. Le major Hussein el-Shafei et le lieutenant-colonel Zakaria Mohieddin ont rejoint le mouvement plus tard.
Le programme des officiers libres tient en six points : fin du colonialisme, du féodalisme, de la domination du capital sur le pouvoir politique et l'établissement de la justice sociale, l'instauration d'une vie démocratique stable et la formation d'une armée nationale puissante.
Le putsch devait se tenir au début du mois d'août, mais le 22 juillet, en début d'après-midi, les officiers apprennent que le roi et son Premier ministre, Naguib el-Hilali, préparaient une série d'arrestations dans l'armée. Le putsch a lieu peu après minuit, et il est réussi sans pratiquement aucun coup de feu.
Le 23 juillet, l'un des officiers de Nasser, Anouar el-Sadate fait à la radio cette déclaration « Des hommes dignes de confiance se sont chargés de la direction des affaires ».
Devant la révolte, le roi Farouk quitte le pays à bord de son yacht personnel, le Mahroussa et abdique le 26 en faveur de son jeune fils Fouad II âgé de seulement six mois.
Au petit matin, un Conseil révolutionnaire est institué, réunissant onze officiers sous l'autorité de Nasser, nommé ministre de l'Intérieur, considéré comme le véritable instigateur du coup d'État. Mohammed Naguib (1901-1984), un de leurs membres exerce l'essentiel du pouvoir en tant que Premier ministre. Le 18 juin 1953, la monarchie est abolie. Le Premier ministre Mohammed Naguib devient le premier président de la république d'Égypte.
Pour respecter la constitution, Neguib et Nasser demandent à l'ancien Premier ministre Ali Maher de diriger un nouveau cabinet ministériel. Le sort du roi Farouk est longuement débattu, certains des membres du conseil révolutionnaire voulant envoyer le roi devant un peloton d'exécution, et proclamer la république. Mais Nasser en décide autrement et fait valoir qu'il serait maladroit de provoquer ainsi les britanniques, et qu'une période de transition serait nécessaire pour établir la révolution.
Au début de l'année 1954, Gamal Abdel Nasser fait arrêter le général Mohammed Naguib en l'accusant de soutenir la confrérie des Frères musulmans. Il devient Premier ministre le 25 février 1954.
Dans d'autres pays arabes, des mouvements similaires se sont constitués.
Le colonel Kadhafi crée un groupe semblable pour renverser le roi libyen Idris Ier en 1969.