Ce Jour-là

Histoire de Walygator Parc

Le parc d'attractions Walygator Parc vu d'un point de vue historique

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Cet article présente un historique du parc Walygator Grand Est, situé à Maizières-lès-Metz (Moselle). Le parc existe depuis 1989, il a appartenu à plusieurs propriétaires et a porté plusieurs noms. Il porte le nom de Walygator Grand Est depuis novembre 2020.

Au début de l'année 1985, le projet d'un parc de loisirs est rendu public. La même année, les laminoirs d'Hagondange sont détruits. Le Ministère de l'Équipement et la DATAR désirent un parc dans la région pour sortir celle-ci du marasme économique de l'époque. Précédemment, pendant les démarches de la Walt Disney Company, la DATAR a émis le désir qu'Euro Disneyland ne s'implante pas en région parisienne mais en Lorraine « en raison de la grave crise économique qui touche alors la région ». L'actionnariat de Sorepark, qui dispose d'un capital de 180 millions de francs (environ 27 millions d'euros), se compose de 22 sociétés parmi lesquelles Bouygues, Paribas, Société générale, Suez, Sacilor, Sodexho, Crédit mutuel ou encore l'émirat du Koweït.

Le site est, avec le parc Astérix, Mirapolis et Zygofolis, l'un des grands projets dans les parcs de loisirs français à la fin des années 1980. Peyo, l'artiste belge créateur des Schtroumpfs, cède à Sorepark la licence d'exploitation de l'image des célèbres petits personnages bleus pour cinq ans. Sept concepteurs, six architectes et une dizaine d'artistes se penchent sur le canevas. Gérard Kleinberg et Didier Brennemann sont les deux Lorrains initiateurs du projet d'origine ; ils revendent ensuite le concept à Sorepark. Les conseils du cabinet américain consulté lors de la conception sont de créer le parc de loisirs au sein de l'usine et de se servir du laminoir comme décor.

Les dirigeants du projet sollicitent alors le cabinet d'architectes HCP d'Orlando qui était chargé de la création de Walt Disney World. L'architecte américain Chris Miles se déplace à Hagondange et imagine autour de quatre thèmes porteurs le parc qui doit se nommer « Le nouveau monde des Schtroumpfs ». Le projet reçoit aussi l'appui du gouvernement ainsi que des autorités locales. Le gouvernement décide d'y injecter 50 millions de francs en juillet 1986. L'élaboration d'un parc à thèmes se compose généralement de coûts « durs » et de coûts « doux ». Les parcs américains sur lesquels se basent les concepteurs ont 70 % de coûts « durs » pour 30 % de coûts « doux ». À Hagondange, les luttes intestines des investisseurs, la conception, l'évolution de l'équipe de gestion et les problèmes associés conduisent à des coûts « doux » équivalant à environ 55 % de l'investissement total.

L'emplacement du parc n'est pas choisi à la légère. Il est construit au carrefour de la France, de la Belgique, de l'Allemagne et du Luxembourg, à l'intersection de deux axes autoroutiers importants. Les terrains sont acquis auprès de Sacilor et sont situés à côté des anciennes forges et aciéries d’Hagondange, l'ex plus grand laminoir d'Europe inutilisé depuis la fin des années 1970 et non loin du parc zoologique d'Amnéville.

Le lancement des travaux a lieu en septembre 1987. La gare SNCF spécialement construite à proximité du parc sur la ligne 1 du TER Lorraine qui relie Nancy à Luxembourg via Metz entre en fonction le 23 avril 1989. Près de 800 emplois permanents sont créés pour gérer le site. Le 6 avril 1989 est la journée de préouverture qui voit 17 000 employés de Sollac passer les portes du parc lors de cette répétition générale.

Big Bang Schtroumpf (1989-1990)

« Big Bang Schtroumpf » est basé sur le monde des Schtroumpfs comme thème principal et fédérateur ainsi que sur les technologies du futur. Initialement censé porter le nom « Le nouveau monde des Schtroumpfs », le parc ouvre début avril 1989 sous le nom de Big Bang Schtroumpf. Il est officiellement inauguré le 9 mai 1989 par Laurent Fabius et Jacques Delors.

Lors de la reconversion forcée de la Lorraine, Big Bang Schtroumpf est construit sur les terrains de l'ancienne usine sidérurgique d'Hagondange. Le parc est dirigé par la société Sorepark dont le directeur est alors Pierre Jullien. Le parc de loisirs s'étend sur 20 hectares pour une vingtaine d'attractions. Les attractions majeures sont par exemple les bouées Odisséa du constructeur CGE Alsthom Atlantique et du bureau DBE, les montagnes russes en métal Comet Space du manufacturier Vekoma et les montagnes russes en bois Anaconda du constructeur Spie Batignolles sur les plans signés William Cobb.

Tout comme au parc Astérix inauguré le 30 avril 1989, l'affluence est de mise lors des premiers weekends, créant d'importantes files et débordant les organisateurs. Après le week-end de l'Ascension, le taux d'affluence du parc est maximum, si bien que la réputation faite, de nombreux touristes préfèrent l'éviter, ce qui fait un weekend de Pentecôte catastrophique. Le parc est calibré pour accueillir de 20 000 à 25 000 personnes quotidiennement. Les trois théâtres sont dotés d'un total de 8 500 sièges. Les attentes du mois de mai sont de 8 500 entrées quotidiennes. 5 500 personnes fréquentent Big Bang Schtroumpf par jour. Fin août, alors que Sorepark espère 800 000 visiteurs, 550 000 sont comptabilisés. Fin septembre, Big Bang Schtroumpf prend la décision de supprimer 362 emplois et Pierre Jullien, face à de mauvais résultats prolongés, évoque la possibilité de proposer le dépôt de bilan au conseil d'administration du 5 octobre. Le parc enregistre en effet une perte d'exploitation de 240 millions de francs (environ 37 millions d'euros) et cumule une dette de près de 420 millions de francs (environ 64 millions d'euros). En cette année, 700 000 visiteurs passent les portes du parc d'attractions tandis que 1 800 000 étaient attendus. Le seuil d'équilibre de 1 100 000 est loin d'être atteint. Peyo déclare même « s'être fait abuser » en précisant que le parc n'exploite pas vraiment l'image des Schtroumpfs et que « le public ne retrouve pas ce qu'il est venu chercher ». S'estimant victime d'un préjudice, l'artiste prévient même son avocat, tout en souhaitant rapidement un repreneur sérieux pour redorer l'image de Big Bang Schtroumpf.

Les prévisions tablaient sur 45 % d'Allemands, 8 % se sont déplacés. Le projet a coûté la somme de 720 millions de francs, soit environ 110 millions d'euros, dont 560 millions pour le parc en lui-même. L'investissement réel a dépassé l'investissement projeté. La moitié du personnel est remerciée avant la fin de la première année fiscale, dont Gérard Kleinberg et Didier Brennemann, le directeur des opérations et le directeur de l'équipement, qui étaient les deux fondateurs du projet. Ils sont remplacés par une équipe sans expérience, alors que le peu d'expérience qu'ils avaient acquis était un avantage qui aurait dû pencher en faveur du maintien de leur poste.

1990 est une année difficile pour Big Bang Schtroumpf, avec seulement 380 000 visiteurs alors qu'ils en attendaient 1 800 000. Le succès escompté n'est donc pas atteint et le parc fait finalement faillite. Le vendredi 26 octobre 1990, la justice française oblige le parc à déposer le bilan. Malgré un conseil d'administration hésitant sur la question, les actionnaires de l'époque passent la main à des administrateurs judiciaires. À ce moment-là, Big Bang Schtroumpf cumule en effet près de 107 millions de francs (environ 16,4 millions d'euros) de pertes, dont 40 millions pour la saison en cours. Le site présente des défauts qui le mènent à la faillite. Big Bang Schtroumpf devait symboliser la relance économique et la reconversion d'une région, et notamment sur les friches sidérurgiques où travaillaient 9 000 ouvriers. Les attentes de ses retombées sociales et culturelles étaient trop importantes. La direction du parc, influencée par le gouvernement, considère cette attraction comme un « laboratoire culturel et social de la région et non pas un parc à thèmes traditionnel ». Les groupes furent un peu oubliés. Le site de loisirs montre une tendance à présenter des thèmes scientifiques ou culturels et la communication du parc a déprécié les plaisirs familiaux. Ceci entraîne un accueil mitigé du public, des difficultés à soutenir la commercialisation et un potentiel limité de visites à répétition.

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