Hiroshi Nakai (中井 洽, Nakai Hiroshi), né le 10 juin 1942 à Xinjing (actuelle Changchun dans la province du Jilin en république populaire de Chine), à l'époque capitale de l'État fantoche du Mandchoukouo et mort le 22 avril 2017 à Tokyo, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ).
Il est élu de 1976 à 2012 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, avec une interruption entre 1986 et 1990. Il a représenté successivement l'ancien 1er district de la préfecture de Mie (de 1976 à 1986 et de 1990 à 1993), puis la nouvelle 1re circonscription de cette dernière (de 1996 à 2000 et de 2009 à 2012), ainsi que le bloc proportionnel de Tōkai (de 2000 à 2009). Il a été l'éphémère ministre de la Justice du 80e cabinet du Japon dirigé par Tsutomu Hata du 8 mai au 30 juin 1994. Il a ensuite été ministre d'État, président de la Commission nationale de sécurité publique et chargé de la Question des enlèvements de Japonais par la Corée du Nord du 16 septembre 2009 au 17 septembre 2010 dans les 93e et 94e cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan, portefeuilles qu'il a cumulés avec celui de la Gestion des catastrophes à partir du 12 janvier 2010. À partir du 1er octobre 2010 et jusqu'à la fin de la 45e législature le 16 novembre 2012, il est le président de la commission du Budget de la Chambre des représentants.
Hiroshi Nakai est l'aîné de trois fils de Tokujirō (1907-1991) et Hatsue Nakai (1919-2009). Son père, employé d'une compagnie électrique installée dans la Mandchourie contrôlée par les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale (d'où la naissance et la petite enfance de Hiroshi passée à Xinjing), est devenu une figure du Parti socialiste japonais (PSJ) après 1945 (au sein de son aile droite socialiste démocratique, par opposition à l'aile gauche de tendance marxiste). Il est ainsi le premier maire socialiste de l'histoire du Japon, étant élu de 1947 à 1953 à Ueno (où il est lui-même né en 1907 et où la famille Nakai est revenue s'installer après la fin de la guerre, en septembre 1946), aujourd'hui partie de la ville d'Iga dans la préfecture de Mie, puis est député de l'ancien 1er district de Mie de 1953 à 1960 et de 1963 à 1972.
Hiroshi Nakai fait sa scolarité dans le public, à Ueno jusqu'au collège : à la maternelle Hakuhō, à l'école élémentaire Ouest et au collège Sūkō. Il rejoint ensuite son père à Tōkyō et est inscrit au lycée métropolitain de Tachikawa. Il fait ensuite ses études à la faculté des sciences économiques de l'université privée Keiō. Il en sort titulaire d'un baccalauréat en économie (経済学士, Keizai gakushi) en mars 1969.
Mais il s'implique avant même la fin de son cursus universitaire aux côtés de son père, dont il est le secrétaire particulier à partir de 1963. Alors que le chef de l'aile gauche du PSJ, Tomomi Narita, arrive à sa tête en 1969, les divisions entre les deux tendances internes se font de plus en plus vives au sein de la fédération préfectorale de Mie et Tokujirō Nakai doit faire face aux élections législatives du 27 décembre 1969 à la candidature socialiste rivale de Kazuo Taguchi et n'est réélu que de peu (en cinquième et dernière place éligible au vote unique non transférable, et seulement 549 voix d'avance sur le libéral-démocrate Fujimaro Kubota arrivé sixième tandis que Taguchi, en septième position, lui a retiré 42 538 votes).
Tokujirō Nakai décide de se retirer avant les législatives du 10 décembre 1972 et Hiroshi Nakai décide de prendre la relève. Il n'est toutefois pas investi candidat par le PSJ, qui ne soutient alors que Kazuo Taguchi. Il quitte ainsi le parti et se présente comme indépendant. Il est battu, obtenant 48 277 voix (8,97 % des suffrages exprimés) et la septième et avant-dernière place, tandis que Taguchi est pour sa part élu.
Hiroshi Nakai adhère en juin 1975 au Parti démocrate socialiste (PDS), mouvement issu d'une première dissidence d'une partie de l'aile droite du PSJ en 1960 qui défendait alors la signature du traité de sécurité nippo-américain. Il se prépare à se représenter sous cette nouvelle étiquette aux élections législatives suivantes, organisées le 5 décembre 1976. Dans un contexte national marqué par un recul du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice libérale) au pouvoir (il perd 22 sièges et la majorité absolue qu'il détenait depuis sa création en 1955) et de percée de l'opposition non communiste (le PDS gagne 10 élus par rapport à 1972, le PSJ 5 députés de plus mais surtout le mouvement centriste confessionnel bouddhiste Kōmeitō 26 représentants supplémentaires), Hiroshi Nakai est élu. Il réunit 73 061 votes (12,63 %) et arrive en cinquième position, soit la dernière éligible. Il talonne Kazuo Taguchi (qui n'a obtenu que 1 906 voix et 0,33 points de plus que Nakai), tandis que deux des trois sortants libéraux-démocrates (Sachio Yamamoto et Satoru Tanaka) sont battus. À 34 ans, Hiroshi Nakai fait ainsi sa première entrée à la Diète.
Seul parlementaire du PDS que ce parti a connu durant toute son existence à Mie, Hiroshi Nakai va être président de sa fédération préfectorale de 1976 à 1990. Il est plus tard secrétaire général adjoint (secondant à ce poste Takashi Yonezawa) et président du comité des campagnes électorales du mouvement de mai 1990 à août 1993. Il est réélu le 7 octobre 1979 (avec 83 316 voix, 14,48 % et la quatrième place), le 22 juin 1980 (avec 80 162 votes, 13,3 % et le cinquième score) et le 18 décembre 1983 (94 052 suffrages, 15,8 % et la quatrième position). Mais il est battu lors du scrutin du 6 juillet 1986 (remporté largement sur le plan national par le PLD mené par le populaire Premier ministre Yasuhiro Nakasone, tandis que le PDS perd 12 sièges, dont celui de Nakai), avec 84 573 voix et 13,2 % des suffrages exprimés, arrivant sixième. Il a obtenu 5 631 votes et 1,7 points de moins que le socialiste Chūji Itō élu en cinquième place. Nakai est le seul des cinq sortants à ne pas être reconduit, tandis que son siège revient à l'ancien député libéral-démocrate Jirō Kawasaki (38 ans, fils et petit-fils de ministre, élu une première fois en 1980 mais qui s'était fait battre en 1983, il est revenu en force en 1986 avec le meilleur score, soit 124 800 voix et 19,5 %).
Après quatre ans de parenthèse, il réintègre la Diète aux législatives du 18 février 1990 (94 649 voix, 13,47 % et le cinquième score), au détriment du président du Conseil de réflexion politique du Kōmeitō Chikara Sakaguchi (député sortant, élu de 1972 à 1980 et depuis 1983). Le PDS se rapproche par la suite du PSJ qui, avec l'effondrement du bloc soviétique, s'est éloigné du marxisme-léninisme et s'oriente de plus en plus vers la social-démocratie tout en commençant à avoir une attitude d'acceptation passive du traité de sécurité américano-nippon. Il entretient également des relations relativement étroites avec la Fédération sociale-démocrate (FSD), le Kōmeitō ou le Nouveau parti du Japon (NPJ), mouvement libéral et réformiste créé en 1992 par des élus locaux et des jeunes militants (pour beaucoup dissidents du PLD auquel il reproche les scandales politico-financiers qui ont touché ses dirigeants depuis la fin des années 1970) emmenés par l'ancien populaire gouverneur de la préfecture de Kumamoto (de 1983 à 1991) Morihiro Hosokawa. Ainsi, pour les élections législatives du 18 juillet 1993, Hiroshi Nakai est également soutenu par le NPJ. Ce scrutin est alors marqué par la perte du pouvoir par le PLD pour la première fois depuis sa création en 1955 au profit d'une coalition hétéroclite « anti-PLD, anti-communiste » de sept partis (dont fait partie le PDS, le PSJ, la FSD, le Kōmeitō, le NPJ ainsi que deux nouvelles formations tout juste créées par des dissidents libéraux-démocrates : le Shinseitō conservateur libéral et réformateur de Tsutomu Hata et Ichirō Ozawa et le Nouveau parti pionnier NPS progressiste et environnementaliste de Masayoshi Takemura). Dans l'ancien 1er district de Mie, cette alliance obtient 3 des 5 sièges à pourvoir : Katsuya Okada du Shinseitō en première place, Chikara Sakaguchi du Kōmeitō en deuxième et Hiroshi Nakai en cinquième (avec 90 779 votes et 13,06 % des suffrages).