Hilaire de Poitiers (en latin Hilarius Pictaviensis), surnommé le Marteau des Ariens ou l'Athanase d'Occident est le premier évêque de Poitiers réellement attesté, né vers 300 et mort en 367.
Il est de même l'un des premiers écrivains latins chrétiens. Théologien du IVe siècle, il fut un grand défenseur de l'orthodoxie nicéenne face à l'arianisme et au sabellianisme.
Père de l'Eglise, il a été élevé au rang de Docteur de l'Église par le pape Pie IX en 1851. Saint pour les catholiques et les orthodoxes, il est commémoré le 13 janvier selon le Martyrologe romain.
Il est déjà marié et père d'une fille quand il devient évêque mais aurait ensuite gardé une continence parfaite. Sa fille, Abra de Poitiers, est reconnue sainte par l'Église catholique et l'Église orthodoxe et commémorée le 1er décembre.
Issu de l'aristocratie gallo-romaine de la cité de Limonum (Poitiers), il reçoit une bonne éducation avant de se former à la rhétorique latine. Les éléments autobiographiques qui parsèment ses œuvres laissent à penser qu'il est né païen, qu'il se convertit au contact de la Bible, et qu'il n'est baptisé que vers 345. Il est père de famille avec une fille unique Abra lorsqu'il est élu évêque de la ville vers 350 ; mais aurait depuis gardé une continence parfaite.
Soucieux de l'instruction de son peuple, il rédige un Commentaire sur l’Évangile de Matthieu, qui est la première œuvre exégétique latine qui nous soit parvenue. Ce texte, remarquable travail d’exégèse littérale, montre toutefois qu'Hilaire ne connaît pas la tradition orientale : sa perception de l'engendrement du Verbe montre même qu'il ignore les formulations du concile de Nicée. Il admettra d'ailleurs dans ses œuvres ultérieures qu'il n'a découvert celui-ci qu'en 354, soit près de trente ans après le concile.[Information douteuse]
En 353, réuni à la demande du pape Libère et de l'empereur Constance II, le concile d'Arles rétablit les ariens dans la communion, anathématise Athanase d'Alexandrie, Paulin de Trèves et Sérapion de Thmuis. Hilaire rompt alors la communion avec le pape Libère et lance l'anathème sur celui-ci ainsi que sur Saturnin d'Arles.
Alors que l’arianisme s’étend en Gaule, il s’oppose à ce courant de pensée théologique. Dans l'Empire romain du milieu du IVe siècle, c'est aussi s'opposer à l'empereur. Lors du concile de Béziers de 356, dominé par les ariens unis autour de Saturnin, l'évêque d'Arles, il est déclaré hors de la communion et exilé en Phrygie.
La majeure partie des écrits d'Hilaire a été conservée : écrits exégétiques, traités théologiques et compositions liturgiques, en particulier des hymnes.
Son œuvre principale est le De Trinitate, traité en 12 livres, composé pendant son exil. Il y défend la « consubstantialité » du Fils avec le Père, contre les ariens qui nient la divinité du Christ, et contre les sabelliens qui ne distinguent pas le Père et le Fils. La théologie d'Hilaire est la première synthèse doctrinale écrite en latin. Fondée sur des sources grecques et défendant l'orthodoxie définie à Nicée, elle aura une influence certaine pendant tout le siècle suivant. Toutefois, elle perdra de son importance après le travail de saint Augustin : en effet, tout en s'inscrivant dans sa continuité, l’œuvre augustinienne dépasse largement celle d'Hilaire, en particulier dans l'expression de la divinité de l'Esprit Saint.[Information douteuse]
Son œuvre exégétique est originale en Occident : dans la ligne d'un Origène, il distingue un sens littéral d'un sens spirituel, et il s'attache à tirer des conclusions propres à instruire et à édifier. Lors de son exil en Orient, il entre en contact avec le texte grec des écritures, dans sa version de la Septante et il découvre plus précisément les œuvres d'Origène. Il s'appuiera sur l'un et sur l'autre dans ses commentaires bibliques d'après son exil, qui se concentreront sur l'étude du sens littéral. Son Traité des Mystères, daté des dernières années de sa vie, est une œuvre d'exégèse typologique : en parcourant l'histoire biblique, saint Hilaire montre comment les événements rapportés montrent en fait le Christ.
Par ses Hymnes, redécouvertes à l'époque contemporaine, il fait œuvre de pionnier, précédant saint Ambroise de Milan. Il introduit dans le monde chrétien latin une poésie inspirée à la fois de modèles classiques (latins et grecs) et bibliques (psaumes alphabétiques).
Commentaire sur l’évangile de Matthieu (env. 353-356).
Tome I (1-13), Paris Cerf, 1978, collection « Sources chrétiennes » no 254
Tome II (14-33), Paris Cerf, 1979, collection « Sources chrétiennes » no 258
Tome I, Paris Cerf, 1999, collection « Sources chrétiennes » no 443
Tome II, Paris Cerf, 2000, collection « Sources chrétiennes » no 448
Tome III, Paris Cerf, 2001, collection « Sources chrétiennes » no 462