Ce Jour-là

Hicham El Guerrouj

Athlète marocain

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Hicham El Guerrouj (en arabe : هشام الگروج), né le 14 septembre 1974 à Berkane, est un athlète marocain spécialiste des courses de fond et de demi-fond. Il est considéré comme le meilleur athlète marocain de tous les temps.

Détenteur de quatre titres de champion du monde sur 1 500 m de 1997 à 2003 et de trois autres titres mondiaux en salle, il remporte aussi les médailles d'or du 1 500 m et du 5 000 mètres lors des Jeux olympiques de 2004, à Athènes, devenant le second athlète de l'histoire après le Finlandais Paavo Nurmi à réussir le doublé dans ces deux disciplines.

Il est l'actuel détenteur des records du monde en plein air du 1 500 m (3 min 26 s 00), du mile (3 min 43 s 13). Il détenait de 1997 à 2019 les records mondiaux en salle du 1 500 m et du mile ainsi que celui du 2 000 m de 1999 à 2023.

Sa domination sur le demi-fond mondial s'étend de 1996 à 2004, période dans laquelle il établit la meilleure performance mondiale de l'année sur 1 500 m huit années consécutivement, de 1996 à 2003, et ne subissant que trois défaites, dont deux en finales des Jeux olympiques de 1996 et 2000. Il a par ailleurs couru le 1 500 m 31 fois sous les 3 minutes 30 secondes.

Il est désigné meilleur athlète de l'année par l'IAAF en 2001, 2002 et 2003. En 2014, il est élu au Temple de la renommée de l'IAAF.

Hicham El Guerrouj est membre du Comité international olympique depuis 2004.

Hicham El Guerrouj naît le 14 septembre 1974 à Berkane, dans la région de l'Oriental, au nord-est du Maroc. Issu d'une famille modeste de six enfants, son père Ayachi est vendeur ambulant. Il commence le sport par le football en tant que gardien de but d'une équipe de jeunes de Berkane. Au début de son adolescence, alors qu’il faisait l’école buissonnière, il répond à un de ses camarades qui s’inquiétait de leur avenir pendant que les autres étudiaient : « si je réussis dans la vie ce sera grâce à mes jambes »[réf. souhaitée]. Repéré en 1988 à l'âge de quatorze ans par Aziz Daouda, directeur technique national de l'athlétisme marocain, à l'occasion des championnats du Maroc de cross-country, il intègre deux ans plus tard l'Institut national d'athlétisme de Rabat, dont sont issus de nombreux médaillés olympiques marocains. Abandonnant ses études, il se consacre désormais pleinement à la course à pied, suivant les traces de l'idole de sa jeunesse, son compatriote Saïd Aouita, premier champion olympique marocain et détenteur de nombreux records du monde sur les courses de fond et demi-fond dans les années 1980. Entraîné par Abdelkader Kada, il accomplit très tôt sa percée, en 1992, à l'âge de dix-huit ans, en se classant troisième du 5 000 mètres des Championnats du monde juniors à Séoul, derrière l'Éthiopien Haile Gebrselassie et le Kényan Ismael Kirui, futurs champions du monde de la discipline. En 1994, à Litochoro, il fait partie de l'équipe du Maroc qui bat le record du monde du relais ekiden en 1 h 57 min 56 s. Il s'entraîne à Rabat mais effectue chaque année plusieurs stages de préparation et d'oxygénation en altitude, à Ifrane.

Premiers titres internationaux

Il dispute sa première compétition internationale en catégorie senior en début d'année 1995 à l'occasion des Championnats du monde en salle de Barcelone. Le Marocain s'adjuge le titre mondial du 1 500 mètres en 3 min 44 s 54, devant l'Espagnol Mateo Cañellas et l'Américain Erik Nedeau. Durant l'été, il porte son record personnel sur 1 500 m à 3 min 33 s 88, avant de se classer deuxième des Bislett Games d'Oslo, en 3 min 31 s 53, juste derrière le Burundais Vénuste Niyongabo. Lors des Championnats du monde de Göteborg, Hicham El Guerrouj est dominé par l'Algérien Noureddine Morceli, invaincu sur la distance depuis la saison 1992, qui remporte son troisième succès mondial d'affilée. Le Marocain termine deuxième de la course, à près de deux secondes de Morceli, en 3 min 35 s 28, devançant au sprint Venuste Niyongabo.

Hicham El Guerrouj s'installe au sommet de la hiérarchie mondiale à partir de 1996 en signant cinq victoires lors de ses cinq premières courses. Le 8 juillet, au DN Galan de Stockholm, il descend pour la première fois de sa carrière sous les 3 min 30 s au 1 500 m en établissant le temps de 3 min 29 s 59. Figurant parmi les favoris à la victoire finale lors des Jeux olympiques de 1996, au même titre que Noureddine Morceli, il se qualifie pour la finale en remportant aisément ses deux premiers tours. Le 3 août, au Centennial Olympic Stadium d'Atlanta, El Guerrouj est placé dans le groupe de tête à l'entame du dernier tour, mais se retrouve à terre après avoir involontairement heurté le talon de Morceli. Se relevant trop tard, il laisse à l'Algérien son premier titre olympique, et ne se classe que douzième et dernier de la course en 3 min 40 s 75. Le Marocain termine néanmoins la saison 1996 comme il l'avait commencée en s'imposant lors des meetings de Zurich et de Cologne, et en établissant le 23 août la meilleure performance mondiale de l'année lors du Mémorial Van Damme de Bruxelles en 3 min 29 s 05. Il s'impose lors de la finale du Grand Prix 1996, à Milan, en devançant largement Noureddine Morceli et le Kényan Laban Rotich.

En début de saison 1997, El Guerrouj établit en moins de dix jours les premiers records du monde de sa jeune carrière. Le 2 février, à Stuttgart, pour sa première participation à une épreuve « indoor », il signe le temps de 3 min 31 s 18 sur 1 500 m et améliore à cette occasion de près de trois secondes le record du monde de la distance détenu depuis 1991 par Noureddine Morceli. Puis, le 12 février à Gand, le Marocain bat le record du monde du mile de l'Irlandais Eamonn Coghlan en réalisant le temps de 3 min 48 s 45. Il confirme son état de forme quelques jours plus tard au Palais omnisports de Paris-Bercy à l'occasion des Championnats du monde en salle qu'il remporte aisément pour la deuxième fois consécutive, en 3 min 35 s 31 (record des championnats), distançant largement l'Allemand Rüdiger Stenzel et le Kényan William Tanui. Durant l'été, le Marocain remporte tous les meetings du circuit du Grand Prix de l'IAAF, signant notamment les temps de 3 min 29 s 51 à Hengelo et 3 min 29 s 30 à Stockholm sur 1 500 m, puis 3 min 44 s 90 à Oslo sur le mile. Le 6 août, à Athènes, Hicham El Guerrouj décroche son premier titre mondial en plein air en s'imposant en finale des Championnats du monde en 3 min 35 s 83, devant les deux Espagnols Fermín Cacho (3 min 36 s 63) et Reyes Estévez (3 min 37 s 26). Morceli, après six ans de règne sur le demi-fond mondial, ne prend que la quatrième place. Peu après les mondiaux, El Guerrouj établit à Zurich la meilleure performance mondiale de l'année sur 1 500 m en 3 min 28 s 91, avant de réaliser moins d'une semaine plus tard 3 min 28 s 92 à Bruxelles. Il subit l'une des rares défaites de sa carrière en fin de saison 1997 lors de la finale du Grand Prix de Fukuoka, en s'inclinant sur un mile tactique face au Danois Robert Andersen.

Les records du monde du 1 500 m et du mile constituent l'objectif principal de sa saison 1998. Après avoir disputé une seule course durant l'hiver, le 1 500 m du meeting de Liévin qu'il remporte en 3 min 32 s 01, sa saison estivale débute par trois victoires obtenues début juillet à Hengelo, Saint-Denis, puis à Oslo où il s'impose facilement en 3 min 29 s 12. Le 14 juillet, lors du meeting Golden Gala de Rome, Hicham El Guerrouj décide de s'attaquer au record mondial du 1 500 m. Après un premier 400 m couvert en 54 s 17 par le kenyan Robert Kibet, le second lièvre de la course, le Kényan Noah Ngeny, atteint les 800 m en 1 min 50 s 70, avant de passer à la cloche en 2 min 32 s 73. Le Marocain porte alors une attaque à l'avant dernier virage, poursuivant son accélération jusqu'à la dernière ligne droite. Crédité de 3 min 26 s 00, il améliore par la marge énorme de 1 s 37 l'ancienne meilleure marque mondiale détenue depuis 1995 par Noureddine Morceli. Deux jours plus tard, au Nikaïa de Nice, El Guerrouj approche de 21 centièmes de seconde le record mondial du mile de Morceli en parcourant la distance en 3 min 44 s 60. Vainqueur par la suite du meeting Herculis de Monaco en 3 min 28 s 37, il frôle son propre record du monde du 1 500 m à Zurich en 3 min 26 s 45. Il réalise ensuite 3 min 29 s 67 à Bruxelles et 3 min 30 s 23 au meeting ISTAF Berlin et remporte à cette occasion les six meetings au programme de la première édition de la Golden League. Il se partage le million de dollars réservé aux athlètes invaincus, en compagnie de l'Américaine Marion Jones et de l'Éthiopien Haile Gebrselassie. Il conclut sa saison 1998 en enlevant le 1 500 m des finales du Grand Prix, à Moscou, en 3 min 32 s 03, devant les Kényans Laban Rotich et William Tanui.

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