Hery Rajaonarimampianina (prononciation : heˈri radzawˌnariˈmampʲanː), né le 6 novembre 1958 à Sabotsy Namehana (Antananarivo Avaradrano), est un homme d'État malgache. Il est président de la république de Madagascar de 2014 à 2018. Il démissionne de la présidence pour se présenter à l'élection présidentielle, où il est éliminé dès le premier tour du scrutin.
Issu d'un milieu modeste, Hery Martial Rajaonarimampianina Rakotoarimanana passe son enfance et son adolescence à Antsofinondry, un des 22 fokontany de la commune de Sabotsy Namehana, dans lequel il est né.
En 1982, il obtient une licence en sciences économiques à l'Établissement d'enseignement supérieur de droit, d'économie, de gestion et de sciences sociales (EESDEGS) de l'université d’Ankatso à Antananarivo.
Il poursuit ses études au Canada et décroche un DTS en finance et comptabilité à l'université du Québec à Trois-Rivières, quatre ans plus tard. En 1991, il obtient dans ce même pays son diplôme d'expertise comptable du Certified General Accountant's Association.
Il est marié à Voahangy Rajaonarimampianina.
De 1991 à 1995, Hery Rajaonarimampianina est directeur des études à l'Institut national des sciences comptables et de l'administration d'entreprises (INSCAE), poste qu’il occupe tout en exerçant sa profession d'expert-comptable. Durant cette période, il enseigne également à l'université de Tananarive et à l'Institut d'administration des entreprises de Metz, en France.
En 1995, il fonde son cabinet d'expertise comptable et commissariat aux comptes. Fort d’une cinquantaine de collaborateurs, le cabinet intervient dans tout Madagascar dans de nombreux secteurs d’activités pour le compte de sociétés commerciales, d’organismes nationaux et internationaux, de projets financés par les bailleurs de fonds.
En 2009, il est nommé président en 2009 de l'ordre des experts-comptables et commissaires aux comptes de Madagascar pour une période de 5 ans.
Il est aussi nommé vice-président du Conseil supérieur de la comptabilité ou encore conseiller du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité depuis 2004.
Ministre des Finances d'Andry Rajoelina
En 2009, Hery Rajaonarimampianina intègre un gouvernement issu d’une prise de pouvoir anticonstitutionnelle en qualité de ministre des Finances et du Budget. Il doit composer sans le soutien de la communauté internationale qui a été retiré au pays en raison de l’illégitimité de ce gouvernement, le tout dans un contexte économique mondial dégradé.
Pendant quatre ans, il réussit à contenir l’inflation et à maintenir la stabilité de l'ariary, l'unité monétaire malgache. L'administration sous Rajoelina paye également en temps et en heure les traitements des fonctionnaires et des agents de l'État en réduisant par exemple 90 % du budget de l’agriculture dans un pays qui compte 80 % de paysans. Le régime de la Transition contribue à résoudre les crises sociales à répétition liées au contexte économique de la Grande Île, dans les universités (enseignants, étudiants, personnels techniques), les milieux hospitaliers (médecins, paramédicaux), ou encore chez les agents des douanes.
Devenu président du conseil d'administration d'Air Madagascar en juillet 2011, Hery Rajaonarimampianina y représente l'État malgache et y mène à ce titre une nécessaire politique de redressement financier.
Candidat à l'élection présidentielle
Sans parti mais ouvertement soutenu par Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de transition de Madagascar contesté par la communauté internationale et qui ne se représentait pas, Hery Rajaonarimampianina se présente quarante-cinq jours avant le premier tour sous l'étiquette de l'association Hery Vaovao hoan'i Madagasikara parmi 32 autres candidats à l'élection présidentielle des 25 octobre et 20 décembre 2013.
Il est notamment opposé au candidat de l'ancien président Ravalomanana, Jean-Louis Robinson du parti Antoko ny Vahoaka Aloha No Andrianina (AVANA), à deux anciens Premiers ministres de la Transition, Camille Vital et Roindefo Monja, ou encore à d’autres ténors de la vie politique de Madagascar, l’ancien vice-Premier ministre Hajo Andrianainarivelo, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Pierrot Rajaonarivelo, au neveu de l'ancien président, Roland Ratsiraka, qui se sont tous préparés depuis plusieurs mois voire depuis des années à cette course à la magistrature suprême.
Arrivé deuxième à l'issue de ce premier tour, avec 15,85 % des voix, contre Jean-Louis Robinson, il prend le défi de rassembler autour de lui les opposants à l'ancien président Ravalomanana qui cumulent, lors de ce premier scrutin un total de 55 %.
Lors du second tour, il rassemble largement son camp en obtenant de nombreux ralliements, dont Roland Ratsiraka, neveu de l’ancien président Didier Ratsiraka, du parti MTS et Pierrot Rajaonarivelo du parti AREMA, ainsi que le soutien du président de la Transition, Andry Rajoelina. Dès le prononcé des premiers résultats provisoires, il arrive rapidement en tête des estimations temporaires de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) dans des élections que les observateurs internationaux jugent « libres, transparentes, fiables et crédibles », malgré des « irrégularités isolées » et dont le bon déroulement est salué par l'ONU.