Ce Jour-là

Hermann Göring

Homme politique nazi et militaire allemand

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Hermann Göring, ou Goering, né à Rosenheim le 12 janvier 1893 et mort à Nuremberg le 15 octobre 1946, est un militaire, homme politique et criminel de guerre allemand, dirigeant de premier plan du parti nazi et du gouvernement du Troisième Reich.

Décoré comme as de l'aviation pendant la Première Guerre mondiale, il rejoint le parti nazi en 1922. Blessé lors du putsch de la Brasserie en 1923, il développe peu de temps après une dépendance à la morphine dont il ne se débarrassera qu'à la fin de sa vie. Nommé ministre sans portefeuille dans le premier cabinet Hitler en 1933, il est responsable de la création de la Gestapo, organisation dont il cédera le contrôle à Heinrich Himmler en 1934. Il est ensuite nommé commandant en chef de la Luftwaffe en 1935 et ministre de l'Aviation. Il cumule ces titres avec d'autres fonctions dont notamment responsable du Plan de quatre ans, ministre de l'Intérieur de Prusse, chef de la chasse du Reich, Reichsmarschall (plus haut grade de toute la Wehrmacht), etc. Pendant la durée du régime, il amasse une fortune gigantesque à coups de pressions, rackets internes au régime et spoliation des biens juifs. Il est connu pour son goût du luxe, des diamants ou des châteaux, dont il ordonne la construction en pleine guerre.

Condamné à mort par pendaison à l'issue du procès de Nuremberg en raison de ses responsabilités écrasantes tout au long du régime, il se suicide en avalant une capsule de cyanure juste avant son exécution.

Hermann Göring est le fils de Heinrich Ernst Göring et de Franziska Tiefenbrunn (née le 21 avril 1859, morte le 15 juillet 1923). Après avoir participé en tant qu'officier de l'armée prussienne aux campagnes de 1866 contre l'Autriche et de 1870 contre la France, son père exerce des fonctions de juge à Metz, puis à Altkirch. Remarqué par Bismarck, Heinrich Göring est nommé premier commissaire du Reich en Afrique du Sud-Ouest, charge qu'il exerce à compter de 1888. Avant de partir pour le continent africain, le père de Göring épouse en secondes noces Fransziska Tiefenbrunn, une fille de paysans, de vingt ans sa cadette. En Afrique, à Windhoek, elle donne naissance à un fils, Karl Ernst (1885) puis deux filles, Olga Thérèse Sophie (1889) et Paula Elisabeth Rosa (1890). Heinrich Göring ayant ensuite été muté en Haïti (1889), son épouse revient en Allemagne pour y donner naissance à Hermann. Elle retourne ensuite rejoindre son époux et laisse son fils durant trois ans à la garde d'une amie (Madame Graf). Hermann Göring aura encore un autre frère cadet, Albert en 1895 (celui-ci aidera ultérieurement des personnes persécutées par le régime nazi).

Vers 1899, le père de Göring, qui a été mis à la retraite, accepte la proposition du parrain de Hermann, Hermann Epenstein, médecin anobli d'origine juive, de s'installer dans un des deux châteaux qu'il vient d'acquérir. C'est chez Epenstein que Göring passe la plus grande partie de son enfance dans le château Veldenstein (de), à trente kilomètres au nord-est de Nuremberg. Il s'y initie à l'escalade et devient un excellent alpiniste. Les biographes nazis de Göring passèrent sous silence le fait que son parrain, qui exerça apparemment une grande influence sur le jeune Hermann, était d'origine juive, tout comme ils n'évoquèrent jamais le fait que sa mère avait entretenu une liaison avec Epenstein, au point que son frère cadet ressemblait étrangement à ce dernier.

La scolarité de Hermann débute mal. Il ne supporte pas la discipline et se montre paresseux. Un changement d'école, de Fürth à Ansbach, ne résout pas le problème. Sur la suggestion de son parrain, il est envoyé en 1908 à l'École des cadets de Karlsruhe. Cette affectation provoque une transformation radicale du jeune Göring qui se plie à la discipline militaire et sort de l'école avec d'excellentes notes, ce qui lui permet d'accéder sans difficulté à l'académie militaire de Gross-Lichterfelde, près de Berlin, où sont formés les futurs officiers de l'armée impériale. Il en sort en mars 1911 avec le grade de sous-lieutenant.

Le chevalier von Epenstein, venant d’épouser une femme de quarante ans sa cadette, se sépare de sa maîtresse et demande à la famille de Göring de quitter le château de Burg Veldenstein. Le père de Göring, gravement malade et devenu alcoolique, meurt peu après. C'est dans ces conditions que Hermann Göring est affecté au 112e régiment d'infanterie (de) à Mulhouse qu'il rejoint en janvier 1914.

Entre son affectation et le début de la Première Guerre mondiale, Göring mène la vie normale d'un jeune officier d'infanterie en garnison. Au déclenchement de la guerre et conformément aux plans établis par l'état-major de Moltke, son unité fait retraite à l'est du Rhin. Göring est toutefois chargé de plusieurs missions de reconnaissance au-delà du Rhin qu'il met à profit pour en découdre avec des unités françaises, ce qui lui vaut la croix de fer de deuxième classe.

À l'automne 1914, l'unité de Göring est envoyée dans les Vosges. Lorsque le front se fige, celle-ci prend position dans le secteur de Baccarat. L'humidité et le froid qui règnent dans les tranchées ont un effet désastreux sur Göring : il est terrassé par une crise de rhumatisme qui affecte les articulations des membres inférieurs et il est évacué à l'hôpital de Metz. C'est là que Bruno Loerzer, qu'il avait connu au 112e régiment d'infanterie et qui a passé son brevet de pilote, lui suggère de rejoindre l'arme aérienne, en lui expliquant que cela lui permettra de s'extraire de la boue des tranchées. Göring établit une demande de transfert pour l'aviation et suit une formation d'observateur aérien.

Fin 1914, il est affecté en cette qualité à la base aérienne de Stenay près de Verdun. À l'époque, l'armée allemande rencontre de grandes difficultés pour obtenir des photographies exploitables de la zone d'opération. Au prix de manœuvres audacieuses, le tandem Göring-Loerzer rapporte d'excellentes prises de vue de la zone de Verdun. Les deux hommes sont régulièrement appelés à l'état-major pour commenter les clichés qu'ils rapportent. Après une mission particulièrement réussie, le Kronprinz en personne leur décerne la croix de fer de première classe (Eiserne Kreuz Erster Klasse) le 25 mars 1915.

Cela ne suffit cependant plus à Göring (qui allait jusqu'à emporter un fusil et des grenades lors de ses missions de reconnaissance) qui demande à se faire affecter à la chasse. Le 30 juin 1915, il est affecté à l'école d'aviation de Fribourg.

Il rejoint la 5e Jagdstaffel (escadrille de chasse) en octobre 1915 et remporte sa première victoire le 16 novembre 1915 en abattant un Farman au-dessus de Tahure. Il poursuit la guerre dans différentes unités. Il est pris en chasse et blessé lors d'un combat aérien le 31 mars 1916 avec le pilote français André du Bois de Gennes de l'escadrille Spa 57, lequel pilotait un Nieuport monoplace. Revenu au 5e Jagdstaffel, il est contraint à un atterrissage forcé, après un engagement contre six avions anglais au cours duquel il est blessé. Il passe les quatre mois suivants dans différents hôpitaux militaires et en convalescence.

Il rejoint, au printemps 1917, le front et la 26e Jagdstaffel commandée par Bruno Loerzer. Lorsque l'escadrille est transférée sur le front des Flandres, Göring se voit confier le commandement de la 27e Jagdstaffel qui opère dans le même secteur. Pendant ces années d'opérations, Göring fait preuve d'un comportement chevaleresque, s'abstenant notamment d'achever ses adversaires lorsque ces derniers sont à court de munitions. Il accumule ainsi les victoires en combat aérien et, le 2 juin 1918, le Kaiser lui décerne à Berlin la médaille Pour le Mérite.

Le 8 juillet 1918, alors qu'on attendait à ce poste Ernst Udet ou Erich Löwenhardt, Göring succède au capitaine Reinhard — mortellement blessé lors de l'essai d'un nouveau modèle d'avion — au commandement de l'escadron de chasse de Richthofen (Jagdgeschwader 1), dont il devient le dernier chef à l'âge de 25 ans. Pendant toute la durée de la guerre, Göring aura enregistré vingt-deux victoires confirmées. Toutefois le sort de la guerre est en train de tourner en défaveur de l'Allemagne. Dans le ciel, Göring et ses hommes sont confrontés à de nouveaux modèles d'avions alliés plus efficaces et moins vulnérables et sur terre la situation se dégrade inexorablement, obligeant les escadrilles allemandes à chercher des aérodromes de repli. Fin octobre 1918, les puissances centrales s'effondrent et, au début du mois de novembre, le Reich ouvre des négociations avec les alliés. Göring reçoit l'ordre, le 11 novembre, conformément aux dispositions de l'armistice, d'acheminer les avions de son escadrille de l’aérodrome de Tellancourt à Strasbourg afin de les livrer aux forces françaises, cependant, avec l'assentiment de ses principaux pilotes, il désobéit et ramène les avions à Darmstadt.

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