Herman Richir né le 4 décembre 1866 à Ixelles et mort le 15 mars 1942 à Uccle est un peintre et affichiste belge.
Auteur de scènes allégoriques et mythologiques, de nus et de portraits, Herman Richir réalise aussi des affiches sous le pseudonyme de Hamner (anagramme de son prénom), notamment deux chromolithographies publicitaires pour Delhaize de style Art nouveau.
Herman (Jean Joseph Herman) Richir, né le 4 décembre 1866, chaussée d'Ixelles no 298 à Ixelles, est le fils de Pascal Richir (né en 1825 à Charleroi et mort en 1909 à Saint-Josse-ten-Noode), conducteur principal des ponts et chaussées, et de Marie Vostes (née en 1836 à Diest et morte en 1918 à Saint-Josse-ten-Noode). Le 14 novembre 1894, il épouse à Bruxelles, Marthe Weber (1876-1923), dont il a huit enfants.
Formation et débuts du peintre
Après ses études d'humanités au collège des Jésuites à Bruxelles, Herman Richir entre à l’Académie des beaux-arts de Saint-Josse-ten-Noode, où il est l'élève du graveur Gustave Biot qui lui enseigne l'art du dessin. De 1884 à 1889, il poursuit sa formation à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, où il reçoit le soutien notamment de son professeur Charles Hermans qui lui prodigue de précieux conseils, sous la direction de Jean-François Portaels.
Déjà lauréat de l’Académie en 1885, Richir se classe, l'année suivante, deuxième au Prix de Rome belge après Constant Montald. Il expose pour la première fois au Salon de Bruxelles de 1887 : Œdipe et Antigone, de même que deux portraits. En 1889, il obtient, au Salon triennal de Gand, une médaille d’or pour son groupe La Famille Ward Meulenbergh, ce qui le situe d’emblée parmi les maîtres du portrait. Sa présence est remarquée aux Salons de Paris en 1889 et 1892, ainsi qu’à l’Exposition internationale de Bruxelles de 1897.
D'abord nommé professeur du cours de dessin d’après nature à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles en 1900, Herman Richir y devient ensuite professeur de peinture de 1905 à 1927. L'enseignement académique aura une grande influence sur nombre de ses élèves : Paula Évrard, Georges Brasseur et deux membres éminents du groupe Nervia, Louis Buisseret et Léon Navez.
Tout en continuant l’enseignement, il exerce sporadiquement les fonctions de directeur au sein de la même institution de 1906 à 1927 (1906-1907, 1910-1911, 1915-1919 [en remplacement de Victor Horta], 1925-1927). Il quitte définitivement son poste de directeur en 1927, et se fait remplacer par Victor Horta.
Peintre de scènes allégoriques et mythologiques, de panneaux décoratifs mais aussi lithographe sous le pseudonyme « Hamner », Herman Richir est d'abord et principalement un portraitiste apprécié de la haute société de l’époque et à qui l'on doit notamment plusieurs portraits de la famille royale belge.
Ses toiles font apparaître un trait rigoureusement précis et un grand souci du détail. Il excelle dans la représentation d’élégantes vêtues d’étoffes rares, mais sa juste conception de l’idéal artistique le porte à représenter la femme aussi dans la beauté de sa seule carnation. C’est pourquoi à côté de l’œuvre du portraitiste, il convient de placer celle du peintre de nus. Pour l’artiste, un portrait doit être la reproduction fidèle mais vivante de son modèle. La beauté, à ses yeux, a un sens, un contenu et un réalisme qu’il élève à la dignité d’un dogme. Toujours fasciné par un classicisme traditionnel, Herman Richir glorifie la femme, dont il peint les formes bien équilibrées, aux colorations naturelles. Il est séduit par la féminité et lui voue son admiration au point de la sublimer dans des scènes allégoriques.
« Il peint souvent ses nus de dos et réussit d'une manière surprenante à y introduire non seulement une richesse de nuances de couleurs mais aussi la suggestion de vie et d'action. Dans ce domaine, l'art de Richir reste inégalé. De plus, il ne lui manque ni d'une certaine poésie ni de sensualité. »
Moins connu pour ses natures mortes et comme paysagiste, Richir n’en a pas moins brossé, dans ces genres très différents, des toiles magistrales.
Il peint aussi occasionnellement des œuvres monumentales destinées à décorer les salons et les halls d'entrée des maisons bourgeoises. Il réalise notamment l'ensemble de douze panneaux décoratifs pour le château de Fontaine de Laveleye à Boitsfort.
Il est membre effectif de la Société royale des beaux-arts et fait également partie de la Société nationale des beaux-arts de Paris.
Atteint d'un cancer à l'estomac qui le ronge lentement, Richir poursuit néanmoins sa carrière de peintre. Herman Richir meurt rue Thomas Vinçotte no 42 à Uccle le 15 mars 1942. Ses funérailles ont lieu le 18 mars 1942 à l'église Sainte-Thérèse d'Avila de Schaerbeek et il est inhumé au cimetière de Schaerbeek. À sa mort, il laisse un œuvre important — notamment plus de 400 portraits — réparti dans de nombreux musées, dont ceux de Bruxelles, Anvers, Namur, Genk, Lille, Barcelone, Liverpool, Budapest, Sydney et Seattle.
« L'œuvre de Richir est le contraire d'une œuvre révolutionnaire : elle respire l'assurance et la satisfaction du travail bien fait ; elle exalte la beauté tranquille de la nature ou du corps humain et elle rend hommage aux qualités d'efficacité professionnelle ou d'élégance de ses modèles[réf. nécessaire]. »
« À l’issue d’une exposition d’œuvres d’Herman Richir, quelqu’un complimenta l’artiste mais fit insidieusement cette remarque : " C’est dommage que vous ayez mis là quelques gourgandines vraiment peu vêtues ". Il faudra déplorer la stupidité de cette critique si elle n’avait pas donné naissance, en guise de protestation, à l’une des plus belles œuvres du peintre : Beauté, mon souci. Profession de foi éloquente et réponse qui est bien la plus expressive qui puisse être faite. Rendons grâces, pour cette fois, à la bêtise humaine, d’avoir provoqué l’éclosion d’une belle œuvre d’art. N’est-elle pas d’une harmonie parfaite la ligne de ce corps juvénile ; faut-il admirer plus la perfection du dessin que l’éclat translucide de la couleur ? Sous l’épiderme nacré, un sang jeune circule car c’est un don précieux du peintre que de savoir, par la magie de la couleur, recréer sur la toile ce flux interne qui fait palpiter les chairs…[réf. nécessaire] »
Henri David, 1891, palais des beaux-arts de Lille.