Ce Jour-là

Herman Melville

Romancier, essayiste et poète américain

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Herman Melville, né le 1er août 1819 à Pearl Street, dans le sud-est de Manhattan (New York) et mort le 28 septembre 1891 à New York, est un romancier, essayiste et poète américain. Presque oublié après sa mort, il est redécouvert dans les années 1920 à travers son roman Moby-Dick et est aujourd'hui considéré comme l'une des plus grandes figures de la littérature américaine.

Originaire de New York, il s'engage comme simple marin à 20 ans sur un navire marchand, puis sur le baleinier Acushnet, et déserte pour s'installer aux îles Marquises. Taïpi (1846), son premier livre, et sa suite, Omoo (1847), sont des récits d'aventures inspirés de sa rencontre avec les peuples des îles. Le succès qu'il connait lui apporte assez de sécurité financière pour épouser Elizabeth Shaw, la fille de Lemuel Shaw (en), juriste de Boston. Mardi (1849), un roman d'aventure et son premier livre non basé sur sa propre expérience, n'est pas bien accueilli. Redburn (1849) et Vareuse-Blanche (1850), deux contes basés sur son expérience de jeune homme en mer, reçoivent des critiques respectables, mais ne se vendent pas assez bien pour subvenir aux besoins de sa famille qui s'agrandit.

L'ambition littéraire croissante de Melville se manifeste avec Moby-Dick (1851), dont l'écriture lui prend près d'un an et demi, mais qui ne trouve pas son public à sa sortie. Les critiques méprisent son roman psychologique Pierre ou les Ambiguïtés (1852). De 1853 à 1856, Melville publie de courtes fictions dans des magazines, notamment Benito Cereno et Bartleby. En 1857, il voyage en Angleterre, visite le Proche-Orient et publie sa dernière œuvre en prose, Le Grand Escroc (1857). Il s'installe à New York en 1863, où il finit par occuper le poste d'inspecteur des douanes américaines.

À partir de ce moment, Melville concentre ses pouvoirs créatifs sur la poésie. Battle-Pieces and Aspects of the War (en) (1866) est sa réflexion poétique sur les questions morales de la guerre de Sécession. En 1867, son aîné, Malcolm, meurt chez lui des suites d'une blessure par balle qu'il s'était infligée lui-même. L'épopée métaphysique de Melville Clarel: A Poem and Pilgrimage in the Holy Land (en) est publiée en 1876. En 1886, son autre fils Stanwix meurt de la tuberculose et Melville prend sa retraite. Au cours de ses dernières années, il publie sur ses fonds personnels deux volumes de poésie et laisse un volume inédit. La nouvelle Billy Budd, marin reste inachevée à sa mort, mais est publiée à titre posthume en 1924. Il meurt de maladie cardiovasculaire en 1891.

Herman Melville est le troisième de huit enfants (et le second fils) de Maria Gansevoort et Allan Melvill (sans « e »). Du côté maternel, ses aïeux sont des patriciens d'origine néerlandaise (l'un d'eux, le général Peter Gansevoort (en), est un héros de la révolution américaine). Du côté paternel, c'est une lignée de commerçants écossais. Le père d'Allan, le major Thomas Melvill, a lui aussi joué un rôle glorieux pendant la guerre d'indépendance. Allan Melvill importe de France des « nouveautés ». En 1826, l'économie américaine entre dans une période de stagnation, et le père de l'écrivain subit de plein fouet la concurrence britannique. Ses affaires périclitant, il doit faire des emprunts de plus en plus importants à son beau-père, Peter Gansevoort, qui devient le soutien financier de la famille. Entre 1820 et 1830, la famille déménage trois fois, avant de s'installer en 1830 à proximité des Gansevoort, à Albany, capitale de l'État de New York, où Allan Melvill travaille comme employé dans une fabrique de fourrures.

Au cours d'un voyage à New York en décembre 1831, Allan Melvill, qui tente de monter une nouvelle affaire dont il serait le patron, contracte une pneumonie. Il meurt le 28 janvier 1832. Les deux aînés, Gansevoort (né en 1815) et Herman quittent alors le collège d'Albany. Le premier, aidé par l'oncle Peter, ouvre un commerce de peaux et fourrures qui prospérera pendant trois ans (à cette époque, il ajoute un « e » à son nom, que toute la famille reprend). Le second devient à treize ans employé à la New York State Bank, dont l'oncle Peter est l'un des administrateurs.

Deux ans plus tard, peut-être à cause d'une faiblesse des yeux, Herman Melville quitte son travail à la banque et part chez un autre oncle, qui possède une ferme à Pittsfield, dans le Massachusetts. Après quelques mois dans les champs, il revient à Albany au début de 1835 et s'inscrit au lycée classique de la ville. Durant ces années, il fait ses premières lectures marquantes : James Fenimore Cooper, Walter Scott, Byron, les poètes anglais du XVIIIe siècle. Après les cours, il tient les comptes du commerce de son frère Gansevoort.

En avril 1837, un mouvement de panique financière accule Gansevoort à la faillite. Les Melville s'installent à Lansingburgh, une petite ville sur les bords de l'Hudson. Herman enseigne quelque temps comme instituteur dans une école de campagne près de Pittsfield. Puis, de retour à Lansingburgh, il suit des cours d'arpentage au collège.

Inspirés par les lectures culturelles populaires de l'époque, notamment le nouveau livre de Richard Henry Dana Jr., Deux années sur le gaillard d'avant, et le récit de Jeremiah N. Reynolds paru dans le numéro de mai 1839 du magazine The Knickerbocker sur la chasse à un grand cachalot blanc nommé Mocha Dick, , Herman et Gansevoort se rendirent à New Bedford, où Herman s'engagea pour un voyage de chasse à la baleine à bord d'un nouveau navire, l'Acushnet.

En 1839, Melville s'engage comme mousse à bord d'un navire marchand en partance pour Liverpool, le St. Lawrence. Cette première croisière entre New York et Liverpool (du 5 juin au 30 septembre) lui inspirera dix ans plus tard un roman d'apprentissage de la vie de mer et de l'enfer de la ville industrielle dans Redburn. À son retour, il trouve un nouveau poste d'école à Greenbush, en 1840 (qui ne sera jamais rémunéré). Puis il se rend dans l'Illinois, où il parcourt la frontière occidentale et descend peut-être le Mississippi jusqu'à Cairo.

À la fin de 1840, déçu dans ses espoirs à l'ouest, Melville se rend à Nantucket, berceau américain de la chasse à la baleine, où il signe, le 26 décembre, son inscription sur le rôle de l’Acushnet, trois-mâts baleinier de 358 tonnes (il reçoit une avance de 84 dollars sur son salaire) et embarque à New Bedford le 31 décembre. Il parcourt ainsi le Pacifique, visitant les îles Galápagos et les Marquises où il déserte, le 9 juillet 1842, avec un de ses compagnons d'infortune, Richard Tobbias Greene, le « Toby » du livre Typee (Taïpi), qui relatera son aventure sur Nuku Hiva.

Le 9 août 1842, il réussit à quitter la vallée de Taipivai sur le baleinier australien Lucy Ann, alerté par Richard Tobbias Greene, et part pour Tahiti. À l'arrivée à Tahiti, il est arrêté et emprisonné pour avoir participé à une mutinerie à bord du Lucy Ann. Il s'échappe de Tahiti pour rejoindre Moorea, puis Hawaii. Il travaille un temps comme commis chez un marchand, puis s'engage comme simple matelot dans l'équipage de la frégate USS United States de la marine de guerre américaine, qui débarque à Boston en octobre 1844.

La période aventureuse de sa vie, qui s'achève lorsqu'il pose à nouveau le pied sur le sol américain, est la matière de ses deux premiers romans, Taïpi et Omoo. La rédaction du premier nommé est achevée à l'issue de l'été 1845, mais Melville rencontre des difficultés à trouver un éditeur. C'est en 1846 qu'il est finalement publié à Londres, où il devient un bestseller immédiat. Le succès facilite les démarches de Melville : le Boston Publisher accepte son roman suivant, Omoo, sans même l'avoir vu. Si Melville assoit sa notoriété sur des récits d'aventures exotiques à caractère autobiographique, Mardi (1849) marque un premier tournant dans sa carrière littéraire. Pour la première fois, son récit ne se nourrit pas directement de son expérience personnelle. Rompant avec la recette qui a fait son succès, Melville s'engage sur une voie plus ambitieuse, celle d'un roman qui prend comme prétexte le cadre bien établi du récit maritime pour aborder des questionnements philosophiques qui résonnent avec l'actualité politique de son temps.

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