Herbert Zangs, né à Krefeld le 27 mars 1924 où il est mort le 26 mars 2003, est un artiste plasticien allemand.
Grand voyageur, ce sont ses voyages incessants entre l’Allemagne et la France qui marqueront les moments forts de sa vie créative. En 1960, il remporte le prix Vincent van Volkmer.
Cet artiste atypique et original dans son époque est considéré aujourd’hui comme un précurseur des courants des années 1950. Certains historiens d’art[Lesquels ?] le relient à Dubuffet, Fontana ou à Beuys, mais Zangs reste néanmoins un artiste inclassable.
Pour Zangs, le blanc sera essentiel, c’est avec les œuvres blanches, que commence la partie la plus importante de son travail. Dès 1952, avec les objets de récupération qu’il s’approprie et ordonne, il va lancer le Blanchiment.
Herbert Zangs est né à Krefeld en Rhénanie le 27 mars 1924, dans une famille bourgeoise. Son enfance et son adolescence sont marquées par les événements politiques des années 1930, dont il fut témoin. Ces événements dramatiques vont le perturber toute sa vie et laisseront des traces sur son caractère et sur son œuvre.
À l’âge de douze ans, il entre dans une école d’aéronautique et apprend à voler sur planeur, puis à la suite de cette expérience, en 1941, à dix-sept ans, il anticipe son service militaire et s’engage comme volontaire dans l’armée de l’air. Déjà, à la fin de cette même année, il est envoyé comme pilote sur le front, d’abord en Norvège, ensuite en Finlande.
Ces nouveaux paysages qu’il découvre en Scandinavie, lui donnent de nouvelles perceptions et d’autres repères qui influenceront plus tard son œuvre. Pendant toutes ces années de guerre Herbert Zangs ne cesse de dessiner, et il sait déjà, qu’il deviendra artiste lorsqu’il rentrera en Allemagne.
En 1943, au cours d’une mission, un incident technique provoque la chute de son avion ; il n’est retrouvé dans la neige qu’au bout de trois jours, roulé dans son parachute plus mort que vif. Il est alors hospitalisé. Il racontera plus tard que lors de son réveil, la vue par la fenêtre d’un champ labouré recouvert d’une fine couche de neige, aura un grand impact sur lui.
La succession de tous ces événements, le choc de l’accident, la tuberculose qu’il a contractée, la découverte des grands paysages enneigés, ont eu des conséquences fondamentales sur son travail. Le Blanchiment dans son œuvre, en est certainement en partie le résultat.
À la fin de la guerre, dès son retour en Westphalie à l’automne 1945, il s’inscrit comme élève à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Il a alors 21 ans. Dans ce bâtiment sinistré où règne une atmosphère de destruction, autant morale que matérielle, surgit néanmoins une formidable énergie, faite d’enthousiasme et d’espoir. Dès le premier jour, Zangs y rencontre Joseph Beuys avec qui il noue amitié. Ils ont le même âge, parlent le même patois et rentrent tous deux de la guerre. Puis il fait la connaissance de Günter Grass, étudiant lui aussi à l’Académie, qui se servira plus tard d’Herbert Zangs pour le personnage de Herbert Lankes dans son roman Le Tambour.
Vers 1946, Zangs entreprend ses premiers voyages. Il sera durant toute sa vie un infatigable voyageur, se targuant même d’avoir fait plusieurs fois le tour du monde. À cette époque, il est un peintre classique. Il rapporte de ses voyages des tableaux figuratifs, paysages et portraits à l’huile ou à l’aquarelle, et arrive à vivre de sa peinture. Tout au long de sa vie, parallèlement à son œuvre abstraite, Zangs produira un grand nombre d'œuvres figuratives.
C’est en 1951, sur une invitation de Dina Vierny, qu’Herbert Zangs fait son premier voyage à Paris, ce qui sera un tournant décisif dans son orientation artistique. Les artistes allemands vivent à cette époque dans une totale solitude culturelle, et c’est à Paris que Zangs va découvrir le mouvement artistique français lié à l'abstraction lyrique.
À partir de ce moment, il retournera régulièrement à Paris et c’est au cours d’un de ses voyages, où vivant quelque temps sous les ponts, il fera la connaissance du peintre allemand Wols, qui l’invite à visiter l’exposition « Véhémences confrontées » créée par Georges Mathieu. Dès cette époque, à son retour en Allemagne il entreprend ses premiers tableaux abstraits et participera avec des peintures informelles aux expositions de la célèbre galerie avant-gardiste, la Zimmergalerie Franck à Francfort.
Herbert Zangs était un homme hors du commun. Certains historiens d’art comme Klaus Honnef ou Pierre Restany parlent de lui comme d’un « phénomène ». Il était doté d’une formidable énergie et d’une étonnante puissance créative. Zangs était un nomade et un authentique marginal.
Ce qui le caractérisait, entre autres, c'était son attitude vis-à-vis de la société, son refus de paraître. Il gardait son indépendance et n’avait que faire des mouvements artistiques, ni des groupes qui se créaient autour de lui, comme le groupe ZERO, auquel il n’a jamais accepté d'adhérer. Il proclamait une liberté qu’il défendra toute sa vie, au risque d’y perdre sa place et sa notoriété sur la scène artistique.
Zangs entreprenait sans cesse de grands voyages, non seulement dans toute l'Europe, mais également en Asie, en Australie, au Canada et aux États-Unis. Partout où il a résidé, il a peint et exposé et, à chaque départ, il a laissé ses œuvres aux marchands ou aux collectionneurs, afin de repartir libre, impatient de nouvelles expériences.
Entre chaque grand voyage, il revenait à Krefeld, où l’attendait sa mère et qui restait son port d’attache. À chaque retour, il travaillait et exposait dans des galeries et régulièrement dans les grands musées allemands, comme le Kaiser-Wilhelm Museum de Krefeld ou le Westfälisches Landesmuseum de Münster. En 1977, il fut invité par Rolf Dittmar à participer à documenta 6 à Cassel.
Il visitait aussi régulièrement Paris et finit par y installer un atelier à Denfert-Rochereau[pas clair] en 1955. Il vécut cependant ses premières années parisiennes dans un total isolement. À cette époque, ne parlant pas le français, il ne réussit à se créer ni amis, ni relations. Ce n’est que dans les années 1970 qu’il prendra une place sur la scène artistique française. Mais ce n'est qu'en 1995 que lui sera consacrée une première exposition personnelle institutionnelle française à la Fondation Cartier. Puis, en 1997, on peut noter sa participation remarquée dans l’importante exposition « L’empreinte » au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.