Ce Jour-là

Henry Miller

Écrivain américain (1891—1980)

Anúncio

Henry Valentine Miller [ˈhɛnɹi ˈvæləntaɪn ˈmɪlɚ] est un romancier et essayiste américain né le 26 décembre 1891 à New York et mort le 7 juin 1980 à Pacific Palisades (Californie).

Il est connu pour avoir rompu avec les formes littéraires existantes, développant un nouveau type de roman semi-autobiographique qui mêle l'étude de caractère, la critique sociale, la réflexion philosophique, le langage explicite, le sexe, la libre association surréaliste et le mysticisme. Ses œuvres les plus caractéristiques à cet égard sont Tropique du Cancer, Printemps noir, Tropique du Capricorne et la trilogie de La Crucifixion en rose, qui sont fondées sur ses expériences à New York et à Paris (et qui ont toutes été interdites aux États-Unis jusqu'en 1961). Il a écrit aussi des mémoires de voyage et des critiques littéraires, et a peint des aquarelles et des gouaches.

Miller s'est lui-même qualifié de « Roc heureux » (Happy Rock).

Henry Miller a été durant sa jeunesse un grand admirateur de l’écrivain Knut Hamsun ainsi que de Blaise Cendrars, qui fut également son ami et un des premiers écrivains de renom à reconnaître son talent littéraire. Sur son lit de mort, Henry Miller dira que s'il a tellement écrit sur sa vie, ce fut uniquement par amour sincère des gens.

Une enfance à New York (1891-1900)

Né au domicile familial du 450 East 85th Street, dans le quartier Yorkville de Manhattan, New York City, Henry Miller est le fils d'émigrés d'origine allemande. Son père, Heinrich Miller, devenu américain, fait profession de tailleur, et est d'origine bavaroise. Sa mère, Louise Marie Neiting, travaille aux côtés de son mari. Henry a une petite sœur, Lauretta Anna, née en 1895. Il grandit dans un environnement familial protestant non pratiquant, des luthériens.

Une jeunesse : le gars de Brooklyn (1900-1930)

La famille déménage à Brooklyn, le jeune Miller vécut neuf ans au 662 Driggs avenue à Williamsburg (Brooklyn), connu à cette époque (et souvent mentionné dans ses œuvres) comme le « quatorzième quartier ».

En 1900, sa famille déménage au 1063 Decatur Street (que lui-même nomme « rue des premiers Chagrins »), dans la section Bushwick de Brooklyn. Après avoir terminé l'école primaire, bien que sa famille soit restée à Bushwick, Miller fréquenta l'Eastern District High School (en) à Williamsburg. Jeune homme militant et engagé, il devient membre actif du Parti socialiste d'Amérique, et son « idole de quondam » est le leader socialiste noir Hubert Harrison.

Sa jeunesse est au départ marquée par l'errance : il enchaîne les petits boulots, entame de brèves études au City College of New York pendant un semestre. En 1909, après avoir perdu sa virginité dans un bordel, il rencontre Pauline Chouteau, une veuve âgée de 35 ans, mère de deux enfants qui cherche un professeur de solfège : il s'installe chez elle, quittant ainsi ses parents, mais bientôt, cette liaison lui pèse. Henry rêve d'aventure, il n'a plus envie de cette vie et part six mois vers l'Ouest, puis revient dépité et sans le sou.

Miller décroche ensuite un emploi dans une importante société télégraphique, la Western Union Telegraph, où il devient directeur du personnel. En 1917, il épouse Beatrice Sylvas Wickens (1891-1984), son ancienne professeure de piano, rencontrée trois ans plus tôt. Ils ont une fille en 1919, prénommée Barbara. Ils s'installent au 244 6th Avenue à Park Slope, Brooklyn. En juillet 1922, il écrit son premier roman, Clipped Wings : jamais publié, il explore la vie d'une dizaine d'employés télégraphistes de la Western Union — une partie sera recyclée dans ses œuvres ultérieures, entre autres dans Tropique du Capricorne. En juillet 1923, dans un cabaret, il rencontre Juliet Edith Smerth, connue sous le nom de scène de June Mansfield, elle est âgée de 21 ans, et ils deviennent amants. Beatrice et Henry divorcent en décembre suivant. Le 24 juin 1924, il épouse June.

June Miller devient sa muse littéraire : dans les romans semi-autobiographiques de Miller, elle apparaît sous le nom de Mona, notamment dans la trilogie La Crucifixion en rose. C'est sous son impulsion qu'il abandonne son travail alimentaire afin de se consacrer totalement à l'écriture. De 1924 à 1925, il vit au 91 Remsen Street dans le quartier de Brooklyn Heights. C'est à cette époque qu'il tente de s'autoéditer, des textes qu'il appelle des Mezzotints (cf. plus loin). Le couple déménage au 106 Perry street à Greenwich Village et tente d'y ouvrir, dans la cave, un speakeasy, en pleine prohibition.

Entre 1926 et 1929, il écrit un nouveau roman, Moloch: or, This Gentile World (en), sous le prête-nom de June [Juliet Edith Smerth] : ce texte qui s'inspire de ses années de mariage avec Beatrice, est le résultat d'une commande faite à June par l'un de ses riches admirateurs et amants, Roland Freedman, et fut donc écrit secrètement par Henry. Il ne sera publié qu'en 1992. Un troisième roman voit le jour à cette époque, Crazy Cock, initialement titré Lovely Lesbians, qui s'inspire de la relation amoureuse entre June et son amie Marion, allias Jean Kronsky. Cette dernière vient vivre avec Henry et June en décembre 1926, et Miller voit circuler Freedman et Kronsky dans le lit de June, ce qui le jette dans une profonde dépression. En avril 1927, June et Kronsky partent vivre leur amour à Paris, laissant Miller seul. June revient vers Miller à la fin de l'année 1927. En 1930, à Paris, Jean Kronsky mettra fin à ses jours.

En 1928, June et Henry entreprennent ensemble un premier voyage à Paris, financé par Roland Freedman — pour June c'est la deuxième fois qu'elle visite Paris. Miller rencontre Robert William Service, poète vagabond, excentrique, voyageur, vivant en France depuis des années, et qui méprisait la littérature de ses contemporains. Il est également possible que Miller découvre la librairie de Sylvia Beach et la communauté littéraire réunie autour de la revue Transition issue de la génération perdue. Vers la fin de l'année, de retour à New York, June et Miller se séparent une nouvelle fois. Le krach boursier fin octobre 1929 n'arrange ni les affaires de Freedman, ni celles du couple.

En 1930, persuadé qu'il ne sera jamais reconnu comme écrivain dans son propre pays, Henry Miller décide seul de quitter les États-Unis pour ne plus y retourner : grâce à une aide financière obtenue par June, il parvient à embarquer sur un transatlantique en direction de Londres : là, n'ayant plus un sou, il contacte June et quelques amis qui lui font parvenir un peu d'argent, puis, il décide de se fixer à Paris où il espère trouver de meilleures conditions de vie. Ses premiers mois de bohème y sont misérables. Il lutte contre le froid et la faim, dormant chaque soir sous les porches, mendiant et courant après les repas offerts. En décembre, la chance se présente enfin en la personne de Richard Osborn (1903-1974), un jeune avocat américain conseiller juridique à la National City Bank, qui lui offre une chambre dans son propre appartement. Chaque matin, Osborn laisse un billet de 10 francs à son intention sur la table de la cuisine. Il commence à rédiger les premiers chapitres de Tropique du Cancer, dans une liberté de ton qu'il veut totale.

Fréquentant le quartier du Montparnasse, il retrouve dans les bars, brasseries et restaurants du quartier, (Le Dôme, Dingo Bar, La Coupole, etc.), non seulement une communauté d'Américains, mais aussi d'Allemands et de mitteleuropéens : parmi ceux-ci, on compte Eva Kotchever, propriétaire du Eve's Hangout de New York, qui venait d'être expulsée des États-Unis, le photographe Brassaï, Alfred Perlès (1897-1990), Michael Fraenkel (1896-1957). Grâce à Osborn, Henry rencontre Anaïs Nin et son mari Hugh Parker Guiler (connu sous le nom de Ian Hugo). Durant l'automne 1931, Henry visite souvent leur maison située à Louveciennes. C'est là que June les retrouve en décembre suivant. En février 1932, Miller trouve un poste de répétiteur du lycée Carnot de Dijon, une expérience qui dure à peine un mois, qu'il interrompt pour devenir correcteur de l'édition parisienne du Chicago Tribune, grâce à Alfred Perlès, qui y était employé. Miller tente de publier des articles dans la presse. Les deux hommes partagent un logement à Clichy. Vers mars 1932, Miller et Nin deviennent amants : leur correspondance révèle qu'ils vivaient alors des moments tranquilles et intenses entre Louveciennes et Clichy. La rédaction de Tropique du Cancer s'intensifie entre 1931 et 1933. Miller est conseillé par Fraenkel : c'est le début d'une correspondance littéraire entre eux, qui fait que Miller abandonne l'idée de publier Crazy Cock, pour construire un ouvrage différent. Son amante Nin, à la fois muse, critique et mécène, va financer en partie, avec l'aide d'Otto Rank, l'impression de Tropique du Cancer, qui est publié en anglais à Paris par Jack Kahane chez Obelisk Press, et sort en septembre 1934 ; le livre, jugé obscène, est interdit d'exportation vers l'Amérique et la Grande-Bretagne. Au même moment, le divorce avec June est prononcé par procuration à Mexico.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Henry Miller | World in Stories