Henry Laurens, né le 11 juillet 1954 à Neuilly-sur-Seine, est un historien et universitaire français, spécialiste du monde arabe et professeur au Collège de France, où il occupe la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe depuis 2003.
Après avoir été élève à Paris du lycée Carnot et en classes préparatoires littéraires au lycée Louis-le-Grand de 1973 à 1976, Henry Laurens poursuit des études d'histoire à l'université Paris-Sorbonne où il obtient successivement une licence (1976), une maîtrise (1977), un DEA (1979) et l'agrégation (1980).
Il effectue son service national à l'université du Koweït en 1977-1978. En 1981, il est diplômé de l'INALCO (arabe littéraire) et soutient une thèse de 3e cycle intitulée « Les origines intellectuelles de l'expédition d'Égypte. L'orientalisme islamisant en France (1698-1798) », rédigée sous la direction de Dominique Chevallier.
Boursier à l'Institut français d'études arabes de Damas en 1981-1982, puis lecteur de français à l'université du Caire en 1982-1983, il obtient un doctorat d'État en histoire en 1989 avec la thèse « La Révolution française et l'Islam : histoire et significations de l'expédition d'Égypte, 1798-1801 », sous la direction de Dominique Chevallier.
Après avoir été assistant d'histoire contemporaine à l'université Paris-Sorbonne de 1983 à 1990, il est nommé maître de conférences à l'université Paris-IV en 1990.
Professeur des universités à l'INALCO de 1991 à 2001, il y est aussi le directeur de la formation doctorale « Études méditerranéennes » de 1992 à 1995 et le directeur du département « Afrique du Nord Moyen-Orient » de 1992 à 1994.
Membre de jurys de soutenance de masters, thèses et diplômes d’habilitation, il est également membre du comité de rédaction (conseil scientifique) de plusieurs revues académiques, dont la revue Maghreb-Machrek.
Il fut membre du jury des concours d'accès au corps des secrétaires adjoint et des secrétaires des Affaires étrangères (cadre d'Orient) du ministère des Affaires étrangères (1993-1994, 1996-2000), membre du haut conseil de l’Institut du monde arabe (2004-2008), membre du conseil d’administration de la Maison du Liban à la cité internationale universitaire de Paris (2004) et président du conseil scientifique du pôle Espar (Égypte, Soudan, Péninsule arabique) du ministère des Affaires étrangères (2004-2008).
Membre du CNRS depuis 1991, de la commission scientifique des Archives diplomatiques depuis 2011, il siège au conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques depuis 2016.
Depuis le 1er septembre 2003, il est titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe » au Collège de France.
Il est élu membre de l'Académie des sciences d'outre-mer en octobre 2021 et associé étranger à l'Académie du royaume du Maroc.
Chevalier de la Légion d'honneur (2011)
Officier de l'ordre national du Mérite (2024)
Positionnement sur le conflit israélo-palestinien
Henry Laurens comme spécialiste du monde arabe a consacré plusieurs ouvrages à l'étude de la question palestinienne en l'inscrivant dans un cadre historique, politique et culturel large. Son analyse ne se limite pas au conflit lui-même, mais explore les transformations du monde arabe et musulman, ainsi que les évolutions du judaïsme depuis la fin du XVIIIe siècle. Son objectif etait de mettre en lumière la complexité des tensions locales, profondément influencées par les rivalités internationales, tout en replaçant la Palestine dans son contexte régional et historique.
Dans ses recherche sur la région, Laurens s'appuie sur un vaste corpus de sources primaires et secondaires. Il exploite les archives du ministère français des Affaires étrangères, de l'Alliance israélite universelle, du Public Record Office de Londres et de l'Institut d'études palestiniennes de Beyrouth. Il mobilise également des débats parlementaires, des mémoires et des documents en français, en anglais et en arabe.
Dans une interview avec un journaliste de L'Humanité, publiée le 6 novembre 2023, Henry Laurens considère que les événements du 7 octobre 2023 s'inscrivent dans une continuité historique remontant à la « Nakba » de 1948, soulignant que de nombreux membres du Hamas impliqués dans l'attaque sont les descendants de Palestiniens expulsés des régions situées autour de la bande de Gaza lors de la création de l'État d'Israël. Il estime également que le conflit actuel trouve une partie de ses origines dans les conséquences de la guerre des Six Jours de 1967. Selon lui, loin d'avoir assuré une paix durable, cette guerre a conduit à l'occupation des territoires palestiniens, laquelle s'est accompagnée d'une violence persistante. Il affirme ainsi qu'« il n'existe pas d'occupation pacifique et démocratique.
Interrogé en 2015 sur sa vision du conflit israélo-palestinien à la suite de la parution du tome 5 de son étude La Question de Palestine : la paix impossible (1982-2001), Henry Laurens répond :