Ce Jour-là

Henry Campbell-Bannerman

Homme d’État britannique, Premier ministre du Royaume-Uni de 1905 à 1908

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Henry Campbell-Bannerman, né le 7 septembre 1836 à Glasgow et mort le 22 avril 1908 à Westminster en Londres, est un homme d'État britannique. Chef du Parti libéral de 1899 à 1908, il fut Premier ministre sous Édouard VII du 5 décembre 1905 au 3 avril 1908. Auparavant, il fut de nombreuses fois ministre, notamment secrétaire du Trésor à la Guerre dans plusieurs gouvernements de Gladstone (1871-1874 ; 1880-1882), secrétaire parlementaire et ministériel à l'amirauté dans ce même cabinet (1882-1884), secrétaire en chef des Affaires irlandaises (1884), puis, enfin, secrétaire d'Etat à la guerre (cabinet Gladstone, 1886 et 1892-1894 ; cabinet Rosebury, 1894-1895).

Aucun précédent First Lord of the Treasury n'avait été officiellement appelé « Premier ministre » avant lui, usage qui devient officiel cinq jours après son entrée en fonction. Il cumula ce titre avec celui de Father of the House (cas unique). Il fut également le seul Premier ministre à mourir au 10 Downing Street, dix-neuf jours après sa démission pour cause de santé.

Surnommé « CB », il était un partisan du libre échange, de l'autonomie irlandaise (Home Rule) et de progrès sociaux. On a pu dire de lui qu'il était le « premier et seul Premier ministre britannique radical ». Après la défaite aux élections générales de 1900, Campbell-Bannerman avait pris la tête du Parti libéral qu'il parvint à faire gagner en 1906, dans un véritable raz de marée électoral contre les conservateurs : ce fut la dernière fois que les libéraux eurent la majorité à la Chambre des communes. Son gouvernement promulgua plusieurs réformes sociales d'envergure et consolida la Triple Entente, tandis que diverses réformes étaient faites dans l'Empire britannique.

Né le 7 septembre 1836 à Kelvinside House à Glasgow, Henry Campbell est le second et plus jeune fils des six enfants de Sir James Campbell (1790–1876) et de Janet Bannerman (1799–1873). Presbytérien, son père avait fondé, très jeune (en 1817), une affaire de draps en gros et détail à Glasgow, la J.& W. Campbell & Co. . Conseiller municipal de Glasgow (1831) en tant que conservateur, James Campbell fut candidat pour Glasgow aux élections générales de 1837 et de 1841. Il devint lord prévôt de Glasgow entre 1840 et 1843.

Son fils, le jeune Henry Campbell, fit ses études à la High School (1845–1847), et à l'université de Glasgow (1851), puis obtint un diplôme au Trinity College de Cambridge (1854–1858). Il revint ensuite travailler dans la maison familiale, la J.& W. Campbell & Co., rue Ingram à Glasgow, où il fut associé en 1860, l'année de son mariage avec Sarah Charlotte Bruce, et de leur emménagement au 6 Claremont Gardens. Le couple n'eut pas d'enfants. En 1871, Henry Campbell ajouta Bannerman à son nom, pour suivre la dernière volonté de son oncle maternel, Henry Bannerman, dont il avait hérité des biens à Hunton Court (Kent).

Henry Campbell-Bannerman parlait couramment français, allemand et italien et chaque été il passait deux mois en Europe avec son épouse(principalement en France et dans la station thermale de Marienbad en Bohème).

Son frère aîné, James, fut, comme leur père, conservateur, élu membre du parlement pour la circonscription des Universités-de-Glasgow-et-Aberdeen (en) de 1880 à 1906, et s'opposait à la plupart des choix politiques de son jeune frère. Il renonça à son mandat lors de l'élection qui conduisit son frère au pouvoir.

Mandat parlementaire et portefeuilles ministériels

En avril 1868, à trente et un ans, Campbell-Bannerman se présenta pour le Parti libéral lors d'une élection partielle dans la circonscription de Stirling Burghs, perdant de peu contre John Ramsay, un rival interne du parti. Toutefois, lors de l'élection générale qui suivit la même année, en novembre, Campbell-Bannerman l'emporta sur Ramsay et fut élu à la Chambre des communes. Il resta l'élu de cette circonscription libérale presque quarante ans.

Campbell-Bannerman fut rapidement promu secrétaire d'État (secrétaire du Trésor à la guerre) dans le gouvernement de Gladstone en novembre 1871, restant à ce poste jusqu'en 1874. Il retrouva ce même poste de 1880 à 1882 dans le second gouvernement Gladstone, et après avoir eu le poste de secrétaire parlementaire et ministériel à l'amirauté entre 1882 et 1884, Campbell-Bannerman fut promu au ministère comme secrétaire en chef des Affaires irlandaises en 1884.

Dans le troisième et le quatrième gouvernement Gladstone en 1886 et de 1892 à 1894, comme dans le gouvernement Rosebery de 1894 à 1895, il devint secrétaire d'État à la Guerre. À ce poste, il sut persuader le duc de Cambridge, cousin de la reine Victoria de rendre son commandement en chef de l'armée britannique à un militaire. Cela lui valut un anoblissement, avec le titre de chevalier.

Le 6 février 1899 Campbell-Bannerman succéda à William Vernon Harcourt à la tête des libéraux de la Chambre des communes et devint chef de l'opposition. Sa tâche fut toutefois singulièrement compliquée par l'éclatement du parti dû à la seconde guerre des Boers (1899), durant laquelle libéraux se scindèrent entre pro-Boer et impérialistes. Ces divisions facilitèrent la défaite du parti aux élections générales de 1900.

L'unité retrouvée du parti libéral et la polémique sur le libre-échange

Après la guerre, du reste, les libéraux retrouvèrent progressivement une unité dans leur opposition à l'Education Act de 1902 et à la politique tarifaire pour le sucre du gouvernement conservateur d'Arthur Balfour : celui-ci voulait protéger le sucre colonial du sucre industriel [Quoi ?] et avait signé une « convention du sucre » à Bruxelles (1902), qui liait la Grande-Bretagne et neuf autres pays afin de stabiliser les prix du sucre par un retour progressif au protectionnisme .

Dans son discours du 28 novembre 1902, Campbell-Bannerman, fidèle à la doctrine du libre échange, dénonça la convention comme portant atteinte à la souveraineté britannique : « Cela signifie que nous abandonnons notre indépendance fiscale, en même temps que notre voie du libre échange ; que nous nous réduisons à n'être qu'un dixième de ce Vehmgericht qui nous imposera par directive le taux, à tant de pour cent, des droits sur le sucre (…) et une fois ce nouvel ordre des choses établi, c'est le chancelier de l'échiquier britannique, en sa robe, qui obéit aux ordres reçus d'une convention étrangère, dans laquelle le Britannique n'est qu'un parmi dix, et la Chambre des communes, humblement, se soumet à l'ensemble de la transaction. (exclamations : « Honteux ») Sir, de toutes les plus folles constructions jamais envisagées pour lier un pays libre, celle-ci est sûrement la plus folle ! »

D'ailleurs, ce fut le caractère protectionniste de la réforme des droits de douane proposée par Joseph Chamberlain en mai 1903 qui permit aux libéraux de faire une campagne fédératrice autour d'un thème aux consonances nationales. De 1903 aux élections générales de 1906, cette proposition de Chamberlain domina le débat politique. Campbell-Bannerman, comme les autres libéraux, avait une confiance inébranlable dans le libre échange. Il déclara ainsi : « …que contester le libre échange, après cinquante ans de son fonctionnement éprouvé, c'est la même chose que de contester la loi de la gravitation. »

Il ajoute ailleurs : « Nous sommes positivement convaincus que c'est la juste solution parce que c'est celle qui donne rôle le plus libre à l'énergie et à l'initiative individuelle, au caractère, et la plus large liberté à la fois au producteur et au consommateur. On ampute le commerce quand on ne l'autorise pas à suivre son cours naturel, et quand il est empêché ou détourné par quelque artifice… Nous croyons au libre échange parce que nous croyons à la capacité de nos agriculteurs. Voilà finalement pourquoi je m'oppose aux racines et aux branches du protectionnisme, ostensible ou induit, unilatéral ou réciproque. Je m'y oppose quelle qu'en soit la forme. Pour nous, il y a l'expérience de cinquante ans de libre échange, durant lesquels notre prospérité a été enviée par le monde entier. »

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