Ce Jour-là

Henri le Navigateur

Prince portugais au XVe siècle, à l'origine de l'entreprise d'exploration des côtes de l'Afrique

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Henri le Navigateur (en portugais Henrique o Navegador), également appelé Infant Don Henri (Infante Dom Henrique), né le 4 mars 1394 à Porto et mort le 13 novembre 1460 à Sagres, fils du roi Jean Ier du Portugal, est à l'origine de l'entreprise d'exploration des côtes de l'Afrique, qui commence en 1415 et aboutit en 1488 à la découverte du cap de Bonne-Espérance, puis en 1498 au premier voyage direct de l'Europe à l'Inde (Vasco de Gama).

L'épithète de « navigateur » qui lui est attribuée est purement honorifique, car lui-même n'a jamais vraiment navigué et n'a fait aucune découverte géographique. Son rôle dans ce domaine s'est limité à celui de prince éclairé.

Il est généralement considéré comme l'initiateur des grandes découvertes et la figure la plus importante du début de l'expansion coloniale européenne. L'historiographie actuelle réévalue cependant le rôle de son frère Pierre (1392-1449) dans ces découvertes.

Henri le Navigateur ne s'est jamais marié et n'a pas eu de descendance.

Henri est le troisième fils survivant de Jean Ier, fondateur de la dynastie d'Aviz, et de Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur du roi d'Angleterre Henri IV. Il est, pour cette même raison, le frère du roi Édouard Ier (1391-1438) et l'oncle du roi Alphonse V (1432-1481), sous le règne duquel il finit sa vie.

La campagne de Ceuta (1414-1415)

En 1414, alors qu'il n'a que 20 ans, il convainc son père d'organiser une campagne pour s'emparer du port de Ceuta aux musulmans. Des pirates maures harcèlent en effet les côtes méridionales du Portugal à partir de ce port, vendant les captifs qu'ils font au Portugal sur les marchés aux esclaves d’Afrique du Nord.

La ville est prise en août 1415. Henri découvre alors les marchandises qui arrivent par les routes commerciales du Sahara, dont Ceuta est une étape, notamment l'or du sud de la Mauritanie. Henri veut également sa part de ces richesses, mais l'accès terrestre est interdit par les musulmans qui protègent leur territoire, ainsi que par Venise qui cherche à conserver son monopole sur les mers. La situation incite donc les Portugais à descendre l'Afrique par la voie maritime.

Les débuts de l'« école de Sagres » (1416-1419)

Au retour de l'expédition, le roi le fait duc de Viseu et seigneur de Covilhã.

Selon João de Barros, il commence en 1416 à repeupler le village de Terçanabal, situé sur la péninsule de Sagres en Algarve. Ce village, bientôt appelé Vila do Infante (« Ville de l'Infant »), est pourvu d'un arsenal naval et d'un observatoire, et Henri y crée une école de géographie et de navigation. Le cartographe Jehuda Cresques (1350-1427) est invité à y travailler. Le port de Lagos tout proche devient un centre de construction navale.

Dès 1418, un premier résultat est atteint : la découverte de l'île de Porto Santo, dans l'archipel de Madère par João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira.

L'exploration outre-mer : motifs et moyens techniques

Les motivations du prince Henri qui envoie des explorateurs sur la côte ouest de l'Afrique sont de plusieurs ordres.

Le motif économique : il s'agit de mettre fin au monopole des Vénitiens qui dominent le commerce européen avec les « Indes », c'est-à-dire l'Asie orientale. Les Vénitiens achètent les épices aux marchands caravaniers arabo-musulmans qui contrôlent la route terrestre des Indes et la route maritime de l'océan Indien.

En suivant les côtes du continent africain dont on ignore à l'époque les dimensions, on espère trouver un passage vers l'océan Indien et atteindre directement les Indes.

Un motif politico-religieux : après la Reconquista, que le Portugal a d'ailleurs achevée dès 1249 (prise de Faro), soit un siècle et demi auparavant, alors que la Castille ne la terminera qu'en 1492, il s'agit de poursuivre le combat contre le monde musulman, notamment en atteignant l'Abyssinie où, pense-t-on, se trouve le légendaire « royaume du prêtre Jean », de manière à prendre le monde islamique à revers.

Ces explorations comportent également des motifs scientifiques : malgré les craintes que suscite la « mer des Ténèbres » (l'Atlantique), le goût de l'aventure, alimenté notamment par Le Livre de Marco Polo (1298), rencontre l'envie de connaissances des savants.

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