Ce Jour-là

Henri de Toulouse-Lautrec

Peintre, dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur français

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Henri de Toulouse-Lautrec, né le 24 novembre 1864 à Albi et mort le 9 septembre 1901, au château Malromé, à Saint-André-du-Bois, est un peintre, dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur français.

Henri de Toulouse-Lautrec, fils d'Alphonse Charles de Toulouse-Lautrec-Montfa (14 août 1838 - 4 décembre 1913) et d'Adèle Zoë Tapié de Céleyran (23 novembre 1841 - 31 janvier 1930), est né à six heures du matin, rue de l'École-Mage (aujourd'hui, 14, rue Henri-de-Toulouse-Lautrec), Albi, chez ses grandes-tantes, les Demoiselles d'Imbert du Bosc, dans une ancienne famille noble du sud-ouest de la France. Les sources les plus récentes la font descendre des vicomtes de Lautrec. Elle vit comme une famille aisée de la noblesse de province.

Au XIXe siècle, les mariages dans la noblesse se faisaient couramment entre cousins afin d'éviter la division des patrimoines et l'amoindrissement de la fortune. Ce fut le cas des parents d'Henri, Alphonse Charles de Toulouse-Lautrec-Montfa et Adèle Zoë Tapié de Céleyran, cousins au premier degré. Ils ont eu deux garçons, Henri, l'aîné et, quatre ans plus tard, son frère Richard-Constantin, qui meurt un an après. Henri grandit entre Albi, dans le Tarn, le château du Bosc (demeure de ses grands-parents et aussi de son enfance), dans l'Aveyron et le château de Celeyran, dans l'Aude.

L'incompatibilité d'humeur entre les deux parents entraîne leur séparation à l'amiable en 1865 et Henri reste sous la garde de sa mère.

Problèmes de santé et infirmité

Henri de Toulouse-Lautrec a une enfance heureuse jusqu'au moment où se révèle, en 1874, une maladie qui affecte le développement des os, la pycnodysostose, maladie génétique, qui pourrait être due à la consanguinité de ses parents. Ses os sont fragiles et, le 30 mai 1878, il trébuche et tombe. Le médecin diagnostique le fémur gauche brisé et, en raison de sa maladie, la fracture se réduit mal. Entre mai 1878 et août 1879, il souffre de cette fracture du fémur bilatérale qui aggrave son retard de croissance : il ne dépassera pas la taille de 1,52 m. On essaye de le guérir au moyen de décharges électriques et en lui plaçant à chaque pied une grande quantité de plomb.

Comme toujours dans cette affection, son tronc est de taille normale, mais ses membres sont courts. Il a les lèvres et le nez épais. Il zézaye et en jouera, plus tard, faisant le provocateur dans les salons. Il se fera photographier nu sur la plage de Trouville-sur-Mer, en enfant de chœur barbu, ou avec le boa de Jane Avril (dit « Mélinite »), tout en étant très conscient du malaise que suscite son exhibitionnisme.

Élève au lycée Fontanes (devenu lycée Condorcet), il échoue en 1881 au baccalauréat à Paris, mais il est reçu à Toulouse à la session d'octobre. C'est alors qu'il décide de devenir artiste. Soutenu par son oncle Charles et par René Princeteau, un ami de son père peintre animalier, soutenu aussi par les deux frères dessinateurs et sculpteurs Arthur du Passage et Charles du Passage, il finit par convaincre sa mère. De retour à Paris, il étudie la peinture auprès de René Princeteau, dans son atelier au 233, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, puis en avril 1882 dans l'atelier de Léon Bonnat, et en novembre 1882 dans celui de Fernand Cormon où il reste jusqu'en 1886 et y fréquente Vincent van Gogh, Émile Bernard, Louis Anquetin, Albert Grenier et Adolphe Albert, un militaire voulant devenir peintre, avec qui il sera très lié.

Toulouse-Lautrec a vécu pour son art. Peintre du postimpressionnisme, illustrateur de l’Art nouveau et remarquable lithographe, il a croqué le mode de vie de la Bohème parisienne à la fin du XIXe siècle. Au milieu des années 1890, il a contribué par des illustrations à l'hebdomadaire humoristique Le Rire.

Considéré comme « l’âme de Montmartre », le quartier parisien où il habite depuis son installation en 1884, d'abord dans l'appartement-atelier d'Albert Grenier et de Lili Grenier, au 19 bis, rue Fontaine, puis au 5, rue Tourlaque, inspire une grande partie de son œuvre, dont les peintures décrivent la vie au Moulin-Rouge ainsi que dans d’autres cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens. Il peint Aristide Bruant mais aussi la prostitution à Paris à travers les maisons closes qu’il fréquente et où, peut-être, il contracte la syphilis. Il a notamment une chambre à demeure à La Fleur blanche. Parmi les femmes connues qu'il a représentées figurent la danseuse Jane Avril, la clownesse Cha-U-Kao, la chanteuse Yvette Guilbert et Louise Weber, plus connue sous le nom de La Goulue, danseuse excentrique qui a importé le cancan d'Angleterre en France. Toulouse-Lautrec va souvent au café du Tambourin, tenu par la modèle italienne Agostina Segatori, où il peint en 1887 le Portrait de Vincent van Gogh (Amsterdam, musée Van-Gogh).

Toulouse-Lautrec a donné des cours de peinture et encouragé les efforts de Suzanne Valadon, un de ses modèles et aussi probablement sa maîtresse. Il l'a représentée dans Portrait de Suzanne Valadon en 1885.

Alcoolique pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, il a l'habitude de mélanger à son absinthe quotidienne du cognac, au mépris des convenances de l'époque. Il utilise notamment le subterfuge d'une canne creuse qui cache une longue fiole contenant une réserve d'alcool, dévissant le pommeau dans lequel est rangé un verre à pied.

En mars 1899, il est interné sur intervention de sa mère, dans une maison de santé de Neuilly, la folie Saint-James, pour le sevrer de son alcoolisme et pallier les complications de sa syphilis, la paralysie générale. La clinique privée est dirigée par l'aliéniste René Semelaigne, arrière-petit-neveu et apologiste de Philippe Pinel, et offre toutes les techniques les plus modernes mises au point par Jean-Martin Charcot et développées par Paul Sollier, telles que l'hydrothérapie. Au cours de ces deux mois entre la rive de la Seine et le bois de Boulogne, il dessine et fait un célèbre tableau de « son gardien ».

En mars 1901, un accident vasculaire cérébral le laisse paralysé des jambes et le condamne à la chaise roulante. Le 15 août 1901, il est victime d'une attaque d'apoplexie, à Taussat, qui le rend hémiplégique. Sa mère l'emmène au château de Malromé où il meurt le 9 septembre 1901, à deux heures du matin. Il est inhumé dans le cimetière de Verdelais (Gironde) à quelques kilomètres de Malromé.

Ses derniers mots sont pour son père, présent au moment de sa mort, faisant allusion aux goûts de cet aristocrate fantasque et passionné de chasse : « Je savais, papa, que vous ne manqueriez pas l'hallali. » On cite aussi sa réaction lapidaire voyant son père, chasseur dans l'âme, tentant de toucher une mouche qui vole sur le lit de mort de son fils avec l'élastique d'une de ses bottines : « Le vieux con ! »

Au musée Toulouse-Lautrec d'Albi, il est fait allusion aux dernières paroles de l'artiste adressées à sa mère. Les relations que Lautrec entretenait avec son père ont été sujettes à de nombreuses divagations[réf. nécessaire]. Le peintre n'a pas été un artiste maudit par sa famille, bien au contraire. Son père écrit à Gabrielle de Toulouse-Lautrec, sa mère et donc la grand-mère paternelle du peintre, le soir de la mort de son fils : « Malromé, 9 septembre 1901 : Ah chère Maman, que de tristesses. Dieu n'a pas béni notre union. Que sa volonté soit faite, mais c'est bien dur de voir renverser l'ordre de la nature. J'ai hâte de vous rejoindre après le triste spectacle de l'agonie longue de mon pauvre enfant si inoffensif, n'ayant jamais eu pour son père un mot enfiellé. Plaignez-nous. Alphonse. »

Après la mort de Toulouse-Lautrec, son ami intime, protecteur et marchand de tableaux pour Goupil & Cie, Maurice Joyant souhaite mettre en valeur son œuvre avec l'accord d'Adèle de Toulouse-Lautrec, la mère de l'artiste. Ensemble, ils financent la création d'un musée à Albi, ville natale du peintre, et offrent leur précieuse collection de tableaux. Ce musée est installé dans le palais de la Berbie, un ancien palais épiscopal datant du XIIIe siècle.

Malgré une vie courte et marquée par la maladie, l’œuvre du peintre est très vaste : le catalogue raisonné de ses œuvres, publié en 1971 par l'historienne d'art Madeleine Grillaert Dortu, énumère 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies (y compris les affiches qui l'ont rendu célèbre) et 4 784 dessins (sans compter les dessins érotiques).

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