Henri du Vergier de La Rochejaquelein, né le 30 août 1772 au château de la Durbelière, à Saint-Aubin-de-Baubigné (Poitou), et mort le 28 janvier 1794 à Nuaillé (Maine-et-Loire), est un militaire français et général vendéen. Il l'un des chefs de l'armée catholique et royale au cours de la guerre de Vendée, pendant la Révolution française.
Il est généralissime de l'Armée catholique et royale, succédant à Maurice d'Elbée, d'octobre 1793 jusqu'à sa mort.
Il est le frère de Louis et d'Auguste du Vergier de La Rochejaquelein qui sont également militaires au sein de l'armée vendéenne.
Henri de La Rochejaquelein naît le 30 août 1772 au château de la Durbelière, à Saint-Aubin-de-Baubigné, dans la province du Poitou. Il est le deuxième enfant et le premier fils du marquis Henri Louis Auguste du Vergier de La Rochejaquelein (1749-1802) et de Constance Lucie Bonne de Caumont (1749-1798). Il a pour frères et sœurs, Constance, née en 1770 ; Anne, née en 1774 ; Louis, né en 1777 ; Louise, née en 1780 ; Auguste, né en 1784 ; et Lucie, née en 1788.
Henri de La Rochejaquelein appartient à une famille de la haute noblesse. Son père est présenté au château de Versailles et obtient les honneurs de la Cour. Henri passe son enfance au château de la Durbelière. En 1782, son père le fait admettre à l'école royale militaire de Sorèze, dans le Languedoc. Il a notamment pour compagnon de chambre son cousin, Pierre Constant de Suzannet. Sorti de l'école en 1785, il entre à 13 ans comme sous-lieutenant dans le régiment Royal-Pologne cavalerie, acheté par son père l'année précédente. Caserné initialement à Niort, le régiment passe en garnison à Landrecies, puis revient à Niort, pour ensuite aller à Libourne. En 1788, le père d'Henri est promu maréchal de camp et le régiment passe au duc d'Aiguillon.
Début de la Révolution française
Henri de La Rochejaquelein a 16 ans lorsque débute la Révolution française. Son père participe à Poitiers à la rédaction des cahiers de la noblesse mais échoue à se faire élire député aux états généraux.
Le 14 juillet 1790, Henri participe à la Fête de la Fédération, à Paris et prête serment à la nation, à la loi et au roi. Le 1er avril 1791, le régiment Royal-Pologne devient le 5e régiment de cavalerie.
Le père d'Henri est quant à lui proche des monarchiens et est un des fondateurs du Club de l'hôtel de Massiac. Il émigre à l'été 1791, après la fuite de Varennes, mais il rentre à Paris en automne. En décembre 1791, il embarque avec sa femme et une partie de sa famille pour Saint-Domingue, où il possède une plantation sucrière de 250 esclaves.
En novembre 1791, Henri de La Rochejaquelein est nommé par le roi pour rejoindre sa Garde constitutionnelle. Après peut-être quelques hésitations, il accepte en janvier 1792. Il sert alors dans la cavalerie, sous les ordres de Louis Charles d'Hervilly. Le 16 mars 1792, à l'Hôtel de ville de Paris, la Garde prête serment à la Nation, à la loi et au roi, en présence de Louis XVI et du maire Jérôme Pétion de Villeneuve. Elle est cependant dissoute le 29 mai.
La Rochejaquelein reste à Paris et demeure à l'Hôtel d'Angleterre, rue Jacob. Il y retrouve son cousin, Louis de Lescure, marié l'année précédente à Victoire de Donnissan.
Le 10 août 1792, il participe à la défense du palais des Tuileries au sein de la compagnie dirigée par Vioménil et d'Hervilly, postée dans la galerie des Carraches. Il parvient à échapper au massacre et à quitter Paris quelques jours plus tard.
Le 22 août, La Rochejaquelein regagne son château de la Durbelière, désormais vide, alors qu'au même moment le nord du département des Deux-Sèvres est le théâtre d'une insurrection paysanne s'opposant à une levée de volontaires pour rejoindre les armées. La petite ville de Châtillon-sur-Sèvre, voisine de la Durbelière, est prise le même jour par les insurgés, mais ces derniers subissent deux jours plus tard une lourde défaite devant les murs de Bressuire.
Lescure invite alors La Rochejaquelein à le rejoindre à son château de Clisson, à Boismé, près de Bressuire. Il y retrouve notamment Victoire de Donnissan, Guy Joseph de Donnissan et Gaspard de Bernard de Marigny. Tous mènent alors une existence discrète et cherchent à ne pas se faire remarquer des autorités patriotes. La Rochejaquelein et Lescure passent leurs journées à lire pour accroître leur connaissance de l'art de la guerre. La Rochejaquelein lit notamment à plusieurs reprises une biographie du maréchal Turenne. Fin janvier 1793, ils apprennent l'exécution de Louis XVI. Selon Victoire de Donnissan : « Ce ne fut pendant plusieurs jours, que des larmes dans toute la maison ».
Le 24 février 1793, la Convention nationale décrète une levée en masse de 300 000 hommes afin de faire face aux armées de la coalition. Au nord des Deux-Sèvres, le tirage au sort est fixé le 7 avril, à Bressuire.
La levée en masse provoque de nombreux soulèvements populaires dans l'Ouest de la France et entraîne le début de la guerre de Vendée. Dans le nord des Deux-Sèvres, la petite ville de Châtillon-sur-Sèvre, située près du château de la Durbelière, est prise par les insurgés le 15 mars, mais la région de Bressuire reste encore relativement calme, marquée par l'échec de l'insurrection d'août 1792. Étant lui-même concerné par le décret, qui s'applique à tous les célibataires âgés de 18 à 40 ans, La Rochejaquelein quitte Boismé le 2 avril et regagne la Durbelière dans le but de rallier les insurgés. Lescure pense d'abord le suivre mais reste finalement à Boismé pour préserver ses proches. Ceux-ci sont cependant arrêtés préventivement le 9 août par les patriotes et assignés à résidence à Bressuire.
La Rochejaquelein gagne alors le Maine-et-Loire pour rejoindre l'« Armée d'Anjou » commandée par Maurice d'Elbée, Charles de Bonchamps, Jacques Cathelineau et Jean-Nicolas Stofflet. Il leur propose ses services, mais ces derniers viennent d'essuyer plusieurs défaites à Coron et Chemillé, contre les forces républicaines du général Berruyer. Alors en pleine retraite sur Tiffauges, ils lui répondent qu'ils considèrent le soulèvement voué à l'échec et qu'ils songent à disperser l'armée. La Rochejaquelein se résout alors à regagner la Durbelière.
Le 11 avril, une colonne républicaine de 2 500 hommes commandée par le général Pierre Quétineau sort de Bressuire et s'empare le lendemain des Aubiers, près de Châtillon-sur-Sèvre. Quelques paysans, à la recherche d'officiers de métier pour les diriger, se rendent alors à la Durbelière et proposent à La Rochejaquelein de se mettre à leur tête, lui promettant près de 10 000 hommes au prochain rassemblement. Celui-ci accepte. Le lendemain, le tocsin retentit dans les environs de Châtillon-sur-Sèvre et plusieurs milliers de paysans se rassemblent à la Durbelière. À cette occasion, La Rochejaquelein prononce une harangue restée célèbre, rapportée par Victoire de Donnissan dans ses mémoires : « Mes amis, si mon père était ici, il vous inspirerait plus de confiance, mais à peine vous me connaissez et je suis un enfant ; j'espère que je vous prouverai au moins par ma conduite, que je suis digne d'être à votre tête. Si j'avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi ! ».