Henri VI, connu comme Henri de Windsor, né le 6 décembre 1421 au château de Windsor et mort le 21 mai 1471 prisonnier à la tour de Londres, fils du roi d'Angleterre Henri V (1386-31 août 1422) et petit-fils du roi de France Charles VI (1368-21 octobre 1422), titré duc de Cornouailles jusqu'à la mort de son père, est roi d'Angleterre de 1422 à 1461, puis de 1470 à 1471, duc d'Aquitaine de 1422 à 1453 et roi de France à partir de 1422 sous le nom d’Henri II (non reconnu par la postérité). Devenu roi à l'âge d'un an, Henri VI règne jusqu'en 1437 sous la régence de ses oncles Jean et Humphrey de Lancastre. Son règne personnel est marqué par la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453) et par le début de la guerre des Deux-Roses entre la maison de Lancastre et la maison d'York (1455-1485), deux branches de la maison Plantagenêt.
C'est en vertu du traité de Troyes (1420) qu'Henri est proclamé roi de France en 1422. Ce traité, conclu entre Henri V et Charles VI, fait d'Henri V le gendre et le successeur de Charles VI. Le roi d'Angleterre, vainqueur à Azincourt en 1415, bénéficie depuis 1419 au duc de Bourgogne Philippe le Bon, à la tête du puissant parti des Bourguignons. Henri V étant mort avant Charles VI, la couronne de France échoit à Henri VI.
Cette royauté, qui résulte des vicissitudes de la guerre de Cent Ans, est contestée par le dernier fils survivant de Charles VI, le dauphin Charles (1403-1461), qui se proclame aussi roi de France (Charles VII) en 1422. Après une période de repli au sud de la Loire (il est alors dit « roi de Bourges »), Charles VII, soutenu par le parti des Armagnacs mené par le duc d'Orléans, reprend l'offensive en 1429 grâce à Jeanne d'Arc qui oblige les Anglais à lever le siège d'Orléans (8 mai 1429). Sacré peu après à Reims, selon une longue tradition (17 juillet), Charles VII reprend l'ascendant, malgré la condamnation à mort de Jeanne (brûlée vive le 30 mai 1431) et le couronnement d'Henri comme roi de France à Paris (16 décembre 1431). Le duc de Bourgogne fait la paix avec Charles VII en 1435 (traité d'Arras).
Lorsqu'il prend personnellement le contrôle du gouvernement en 1437, Henri se trouve dans une situation difficile, non seulement en France, mais en Angleterre, en raison des divisions parmi la noblesse. Décrit par ses contemporains comme un homme timide et pieux, qui rejette la guerre et la violence, il apparaît très vite comme un monarque indécis et incapable de diriger le royaume à des moments cruciaux. Voulant établir de bonnes relations avec Charles VII, il épouse en 1445 une de ses nièces, Marguerite d'Anjou, fille du roi René. Mais cette politique pacifiste échoue, conduisant au meurtre de William de la Pole, son principal conseiller. La guerre reprend en France : en 1453, les troupes anglaises d'Aquitaine sont vaincues à Castillon (juillet), et Bordeaux, capitale du duché, est finalement prise (octobre), mettant fin à trois siècles de présence anglaise en Aquitaine (depuis le mariage d'Aliénor avec Henri Plantagenêt en 1152).
Henri VI sombre dans une forme de folie après avoir appris la perte de Bordeaux. La régence est alors assumée par un cousin, Richard Plantagenêt (1411-30 décembre 1460), duc d'York, jusqu'à ce qu’Henri se remette de sa maladie l'année suivante. Mais le roi subit par la suite d'autres crises de folie, ce qui entraine des tensions entre la reine Marguerite et le duc d'York. Ces tensions dégénèrent en guerre civile en 1455.
Capturé par Richard à Northampton (10 juillet 1460), Henri est secouru par son épouse Marguerite, victorieuse à St Albans (17 février 1461), mais il est finalement déposé le 29 mars 1461 après sa défaite de Towton face au fils de Richard, Édouard, qui se proclame roi sous le nom d'Édouard IV. Malgré la résistance menée par Marguerite contre Édouard, Henri est de nouveau capturé en 1465 et emprisonné à la tour de Londres. Richard Neville, comte de Warwick dit « le faiseur de rois », le rétablit sur le trône en 1470, mais Édouard bat Neville et reprend le pouvoir en 1471, emprisonnant une seconde fois Henri à la tour.
Henri meurt à la tour de Londres dans la nuit du 21 mai 1471, peut-être tué sur ordre d'Édouard IV. Il est inhumé à l'abbaye de Chertsey ; son corps est ensuite déplacé à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor en 1484.
Des miracles lui sont attribués après sa mort et il est considéré comme saint et martyr jusqu'au XVIe siècle. La postérité reconnaît à Henri la fondation d'institutions d'éducation prestigieuses, ayant fait construire Eton College, King's College et All Souls College. Il est également le fondateur de l'université de Caen en 1432. William Shakespeare a écrit une trilogie à son sujet, le dépeignant comme un roi faible et manipulé par son épouse Marguerite.
Naissance et première enfance (1421-1422)
Contexte de sa naissance : la guerre de Cent Ans après Azincourt (1415-1421)
Henri V accède au trône d'Angleterre en 1413. Voulant affermir le pouvoir royal qui a été fortement contesté[réf. nécessaire] au cours du règne de son propre père Henri IV, il revendique dès 1414 le trône de France, reprenant le point de vue de son bisaïeul Édouard III en 1340, qui refuse la règle de primogéniture masculine (dite « loi salique ») qui a servi en 1328 pour exclure de la succession de France les descendants en ligne féminine de Philippe le Bel, au profit d'un cousin, Philippe de Valois (Philippe VI). Le conflit franco-anglais est cependant peu actif depuis la victoire navale remportée par les Castillans, alliés de Charles V, à La Rochelle en 1372.
Henri pense pouvoir profiter de la folie du roi Charles VI et de la situation de guerre civile qui règne depuis l'assassinat en 1407 du duc Louis d'Orléans, frère du roi. Cette guerre oppose les Armagnacs, parti du duc d'Orléans, et les Bourguignons, parti du duc de Bourgogne Jean sans Peur, cousin du roi, avec pour enjeu le contrôle de la régence lorsque le roi est incapable de gouverner.
L'offensive anglaise a lieu en août 1415 avec l'arrivée de troupes à Calais, ville tenue depuis 1346 par une garnison anglaise permanente. L'armée française des chevaliers envoyée vers Calais est écrasée à Azincourt le 25 octobre. Henri mène ensuite une conquête méthodique de la Normandie (1417-1419).
Face à ce danger, le gouvernement royal tente une réconciliation entre Armagnacs et Bourguignons. Une entrevue est organisée le 10 septembre 1419 à Montereau entre le duc Jean sans Peur et le dauphin Charles. Mais cette entrevue est catastrophique : Jean sans Peur est assassiné. Son successeur, Philippe le Bon (1396-1467), estime que le dauphin est gravement responsable de ce crime et que toute allégeance féodale envers la dynastie des Valois est annulée : il considère désormais que Henri V est le véritable roi de France.
L'épouse de Charles VI, la reine Isabeau, se rallie au camp anglo-bourguignon : c'est dans cette situation que le 20 mai 1420 est conclu entre Henri V et le roi Charles VI, représenté par son épouse Isabeau de Bavière, le traité de Troyes, qui prononce l'exclusion du dauphin Charles de la succession. À la mort de Charles VI, la couronne de France doit revenir à Henri V, à condition qu'il ait épousé Catherine (1401-1437), fille de Charles VI et sœur du dauphin. Le mariage a lieu dès le 2 juin 1420.
Le traité de Troyes est contesté par le dauphin Charles, alors âgé de 17 ans. Celui-ci se proclame régent pour son père, mais ne pouvant rester à Paris, ville acquise aux Bourguignons, se réfugie au sud de la Loire, en pays favorable aux Armagnacs, notamment à Bourges, de sorte qu'il est ironiquement surnommé par les Anglais « le petit roi de Bourges ». Le dauphin réussit cependant à remporter quelques succès, notamment en battant à Baugé en Anjou le lieutenant d’Henri V en France, son frère Thomas de Lancastre, qui est tué durant la bataille. La situation est suffisamment alarmante pour qu'Henri rassemble des troupes en Angleterre et traverse une nouvelle fois la Manche (10 juin 1421).
Naissance et baptême (décembre 1421)
Le futur Henri VI nait au château de Windsor, au sud-ouest de Londres, le jour de la Saint-Nicolas.