Ce Jour-là

Henri VIII

Roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à 1547

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Henri VIII (en anglais : Henry VIII), né le 28 juin 1491 et mort le 28 janvier 1547, est roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à sa mort, ainsi que le fondateur de l'Église anglicane.

La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage avec Catherine d'Aragon et à sa reconnaissance de nullité fut l'une des principales causes du schisme en 1534 de l'Église d'Angleterre avec Rome et de la Réforme anglaise. Henri VIII supervise cette séparation avec notamment la dissolution des monastères et est pour cela excommunié ; il reste néanmoins un défenseur des fondamentaux de la théologie catholique. Cependant, l'anglicanisme henricien n'est pas la forme anglaise du luthéranisme. Henri VIII n'est pas d'accord avec toutes les idées luthériennes ni avec tous les rites luthériens. La doctrine et les rites anglicans mêlent des éléments catholiques et luthériens. Henri VIII se marie à six reprises et fait exécuter deux de ses épouses, Anne Boleyn accusée d'inceste, de sorcellerie, et d'adultère et Catherine Howard accusée de traîtrise et d'adultère.

En politique étrangère, Henri VIII participe notamment aux guerres d'Italie contre la France de François Ier en s'alliant fréquemment à Charles Quint. Ses succès sur le continent sont cependant limités. Dans les îles Britanniques, il s'oppose à plusieurs reprises à l'Écosse alors alliée à la France tandis que son règne marque le début d'une plus grande influence anglaise en Irlande. Ces guerres et les dépenses fastueuses du roi affectent profondément les finances du royaume, et les mesures prises pour équilibrer le budget ne font qu'aggraver la situation économique de l'Angleterre.

Humaniste de la Renaissance, athlétique et cultivé, il s'exerce à l'écriture et à la musique. Néanmoins, un accident de tournoi et l'usure du temps affectent la santé physique et mentale du roi, qui devient obèse et est considéré à la fin de sa vie comme un tyran égoïste. Au fil de ses mariages, il a écarté de sa succession ses deux filles aînées Marie et Élisabeth au profit de son fils Édouard. Tous ses enfants légitimes montent néanmoins sur le trône mais en l'absence de descendance, ses filles sont les dernières souveraines de la dynastie Tudor.

Né au palais de Placentia, le 28 juin 1491, Henri Tudor est le troisième enfant et le second fils du roi Henri VII et d'Élisabeth d'York. Sur les six frères et sœurs d'Henri, seuls trois (Arthur de Galles, Marguerite et Marie) atteignent l'âge adulte. Il est baptisé par l'évêque d'Exeter Richard Fox dans une église franciscaine non loin du palais. En 1493, à l'âge de deux ans, il est fait connétable du château de Douvres et gouverneur des Cinq-Ports. L'année suivante, il devient comte maréchal d'Angleterre, lord-lieutenant d'Irlande, duc d'York, gardien des Marches et il intègre l'ordre du Bain. En mai 1495, il est nommé à l'ordre de la Jarretière.

Henri reçoit une éducation très soignée, il parle couramment l'anglais, le latin et le français et a quelques notions d'italien. On ne sait que peu de choses de son enfance car n'étant pas prince de Galles, il n'est pas destiné à devenir roi. En novembre 1501, il joue un rôle important dans les cérémonies entourant le mariage de son frère Arthur avec Catherine d'Aragon, la plus jeune fille du roi Ferdinand II d'Aragon et de la reine Isabelle Ire de Castille, et donc la tante maternelle de Charles Quint.

Arthur meurt soudainement, peut-être de la suette ou de la tuberculose, à 15 ans, en avril 1502, après 20 semaines de mariage avec Catherine. D'autres suppositions laissent penser qu'il était touché par la peste bubonique ou encore par un cancer des testicules. Toutes ses prérogatives et tous ses titres sont ainsi transmis à Henri, âgé de dix ans, qui devient duc de Cornouailles en octobre, puis prince de Galles et comte de Chester en février 1503. Henri VII ne délègue que quelques missions à son nouvel héritier. Les actes du jeune Henri sont également étroitement encadrés et il accède au trône « sans entraînement à l'art exigeant de la royauté ».

La mort d'Arthur est suivie de très près par celle de la mère d'Henri VIII, Élisabeth d'York, lors de la naissance d'une fille qui meurt elle aussi. Cette mort a visiblement affecté Henri VIII, suffisamment pour qu'il appelle sa propre fille Élisabeth et qu'à la mort de son père, il fasse revenir à la cour sa cousine, Lady Margaret Pole. Il semblerait aussi que la mort de sa mère ait été un traumatisme et que, plus tard, il recherchera à retrouver toutes les qualités de sa mère avec ses épouses. Il fera exécuter deux d'entre elles et annuler les trois autres mariages.

Mariage avec Catherine d'Aragon

À la mort de son fils ainé, Arthur, Henri VII poursuit ses tentatives diplomatiques afin de sceller une alliance entre l'Angleterre et l'Espagne en proposant de marier Henri à la veuve de son frère, Catherine. L'idée avait germé immédiatement après la mort d'Arthur. Un accord en vue d'un mariage est signé le 23 juin 1503 et ils se marient dans la chapelle de la reine de Greenwich, cérémonie qui sera célébrée par William Warham. Lors de ce mariage, le futur Henri VIII n'a que douze ans tandis que Catherine d'Aragon est son ainée de cinq ans et demi. De fait, contrairement à Catherine, majeure depuis ses douze ans, Henri ne l'est pas puisque la majorité des jeunes garçons est fixée à quatorze ans. Son mariage est ainsi validé en 1505, à l'atteinte de sa majorité : manière de renouer avec la réussite diplomatique de son père.

Toutefois, Catherine d'Aragon, en vertu de son précédent mariage, est considérée par l'Église comme la sœur du futur roi. L'Église interdisant le mariage entre membres de la même famille, cette union est l'objet de nombreux débats juridiques. Deux solutions se présentent à Henri : prouver que le mariage n'a pas été consommé, auquel cas il doit rendre la dot de Catherine ou bien demander une dispense papale.

Cette autorisation pontificale est demandée par Henri VII et l'ambassadeur espagnol. Celle-ci n'est nécessaire que si l'union a été consommée, ce qui n'était pas arrivé, selon Catherine et sa chaperonne, la duègne Dona Elvire. Mais des divergences apparaissent sur cette question. Contrairement aux Espagnols, les Anglais défendent l'idée que le mariage a été consommé. Malgré tout, en août 1503, Ferdinand d'Aragon juge bon, dans une lettre adressée à son ambassadeur de Rome, de considérer que le mariage a été consommé afin de pérenniser les relations diplomatiques avec l'Angleterre : « Comme les Anglais sont particulièrement disposés à chicaner, il nous a semblé plus prudent, pour faire avancer le cas en question, de considérer que le mariage a bien été consommé. »

Le pape Jules II accorde donc la dispense. Le jeune âge d'Henri empêche toute cohabitation tandis que la mort d'Isabelle Ire en 1504 et la crise de succession qui suit compliquent la question. Son père préfère qu'elle reste en Angleterre, mais les relations entre Henri VII et Ferdinand II se détériorent, et la perspective d'un mariage semble s'éloigner. Catherine vit donc relativement recluse, et elle est nommée ambassadeur par son père pour lui permettre de rester indéfiniment en Angleterre.

Henri VII meurt de la tuberculose le 21 avril 1509, et le jeune Henri lui succède sous le nom d'Henri VIII. Peu après l'enterrement de son père, le 10 mai, Henri VIII déclare qu'il épousera Catherine même si les questions entourant la dispense pontificale restent irrésolues. La cérémonie de mariage est sobre et organisée à l'église franciscaine de Greenwich. Le 23 juin 1509, Henri VIII mène Catherine de la tour de Londres à l'abbaye de Westminster pour leur couronnement qui a lieu le lendemain. Le trajet du couple royal est décoré de tapisseries et un luxueux banquet dans la grande salle du palais de Westminster suit la cérémonie.

Deux jours après son couronnement, Henri VIII fait arrêter deux des ministres les plus impopulaires de son père : Richard Empson et Edmund Dudley. Ils sont condamnés pour haute trahison et exécutés en 1510. L'historien Ian Crofton considère que de telles exécutions ont été largement utilisées par Henri VIII pour éliminer ceux qui s'opposaient à son autorité. À l'inverse, il est beaucoup plus modéré que son père envers la maison d'York qui a des revendications sur la couronne d'Angleterre. Plusieurs nobles emprisonnés par Henri VII, comme Thomas Grey, sont amnistiés mais certains sont exécutés ; Edmond de la Pole est ainsi décapité en 1513, après que son frère Richard eut rejoint les adversaires de l'Angleterre durant la guerre de la Ligue de Cambrai.

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