Henri Scognamiglio, dit Scogna, né le 15 décembre 1928 à Bougie (Algérie française) et mort le 1er août 1982 à Morcenx (Landes), est un instituteur, directeur d'école et homme politique français.
Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) puis du Parti socialiste (PS), il est maire de Morcenx de 1977 à 1982, conseiller général du canton de Morcenx de 1979 à 1982 et président Conseil général de 1980 à 1982.
Henri Scognamiglio, surnommé « Scogna », naît le 15 décembre 1928 à Bougie (département de Constantine). Enseignant, il exerce en Kabylie. Il est nommé directeur d’école au Breuil (Saône-et-Loire) en 1955 puis dans les Landes en 1962. Il dirige l’école de garçons de Morcenx à partir de 1967. En 1980, il est marié et a huit enfants.
Il meurt à l’âge de 53 ans le 1er août 1982 à Morcenx « des suites d’une longue maladie » pendant laquelle François et Danielle Mitterrand sont venus à son chevet lors d'un séjour dans leur propriété de Latche (Soustons). Le président de la République et le secrétaire d'État chargé des Départements et territoires d'outre-mer Henri Emmanuelli lui rendent hommage devant sa dépouille le jour de son décès.
Militant socialiste, Henri Scognamiglio rejoint la Section française de l'Internationale ouvrière à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, en Algérie. Il devient conseiller municipal de Sindères (Landes) en 1968, puis est élu en mars 1971 conseiller municipal et adjoint au maire de Morcenx.
Il est successivement responsable fédéral à la presse (1971), premier secrétaire fédéral adjoint (1973) et premier secrétaire fédéral (1975) du Parti socialiste dans le département des Landes, succédant à René Labat. Il contribuer à y enraciner le PS et à en faire un fief de gauche. Il participe à la rénovation du parti dans les années 1970.
En tant que secrétaire fédéral, dans le cadre de la campagne pour les élections législatives de 1978, il contribue à lancer la carrière politique d'Henri Emmanuelli en le faisant désigner comme candidat par les militants socialistes et en organisant, en octobre 1977, un meeting considéré comme crucial dans la course pour la 3e circonscription des Landes.
Le 28 avril 1975, François Mitterrand, lui adresse, ainsi qu'à d'autres responsables socialistes landais, une invitation à une réunion se tenant dans sa résidence de Latche les 24 et 25 mai suivants. Dans sa lettre, le premier secrétaire du Parti socialiste explique qu'il lui « serait particulièrement agréable que vous puissiez vous associer à cette réunion qui pour être amicale, n’en revêt pas moins une grande importance en regard d’une coopération plus étroite entre partis socialistes dont l’action se situe dans des contextes politiques et sociaux relativement similaires ». En effet, elle réunit Felipe González, secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol, Bettino Craxi, vice-président du Parti socialiste italien, André Cools, président du Parti socialiste belge et Konstantinos Simitis, cofondateur du Mouvement socialiste panhellénique.
En mars 1977, Henri Scognamiglio mène une liste d’union de la gauche, remporte les élections municipales avec plus de 55 % des suffrages au premier tour et devient maire de Morcenx.
Sous son mandat, la commune est classée station verte de vacance le 4 septembre 1980, remporte le 1er prix départemental et le 2e prix régional du concours des villes et villages fleuris. Il s'oppose à la fermeture de la centrale électrique à lignite d'Arjuzanx, qui constitue un risque économique pour Morcenx. Le 17 mai 1980, il signe un accord de jumelage avec Raymond Gesser, maire d'Hégenheim (Haut-Rhin), dont les habitants se réfugient à Morcenx en septembre 1939 pour fuir la Seconde Guerre mondiale.
Lors des élections législatives de mars 1978, il est le suppléant de Roger Duroure qui l’emporte dans la troisième circonscription des Landes. Le 18 mars 1979, il est élu au premier tour conseiller général pour le canton de Morcenx aux élections cantonales. Il devient chef de la majorité socialiste au conseil général.
Henri Scognamiglio, toujours secrétaire fédéral, est élu président du conseil général le 27 novembre 1980 en remplacement d’Henri Lavielle, décédé. Il obtient 20 voix (dont 3 du Parti communiste français) contre 7 bulletins blancs. Après les élections cantonales françaises de mars 1982 qu’il mène aux côtés d’Henri Emmanuelli et de Robert Cabé, il est réélu à la présidence du Conseil général.
Personnage décrit comme « plus effacé » que son prédécesseur, il agit en faveur « d'une plus grande autonomie pour les collectivités locales et [accompagne] les premières lois de décentralisation en 1981-82 ». Pendant son mandat, le siège du Parti socialiste landais est la cible de deux attentats au cocktail Molotov, le 15 août 1981 et le 11 mai 1982. Ces actes de violence politique ne font aucune victime.
À sa mort, il est remplacé par Henri Emmanuelli comme président du Conseil général, par Jean-Claude Deyres comme conseiller général de Morcenx, et par Jean-Louis Carrère comme premier secrétaire fédéral.
La fondation Jean-Jaurès conserve plusieurs lettres d'Henri Scognamiglio issues de ses correspondances avec les responsables nationaux du Parti socialiste en tant que secrétaire fédéral. Les archives départementales des Landes conservent un discours tenu devant l'assemblée générale de l'Union landaise entre 1977 et 1983.
Le collège Henri Scognamiglio (d) et la salle municipale de Morcenx sont nommés en son honneur.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
[Suau 1991] Bernadette Suau, « Scognamiglio (Henri) », dans Mémoire des Landes : dictionnaire biographique, Mont-de-Marsan, Comité d'étude sur l'histoire et l'art de la Gascogne, 1991, 346 p. (ISBN 2-9501584-2-0), p. 281. .