Ce Jour-là

Henri Sauvage

Architecte français

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Frédéric Henri Sauvage dit Henri Sauvage, né le 10 mai 1873 à Rouen et mort le 21 mars 1932 à Paris, est un architecte et un décorateur français. Il est un disciple d'Eugène Viollet-le-Duc.

Concepteur prolifique, partisan de l'œuvre d'art totale définie par Henry Van de Velde, Henri Sauvage est considéré[Par qui ?] comme l’un des principaux architectes français du premier tiers du XXe siècle[évasif]. De l’Art nouveau à l’Art déco, Sauvage est l’un des rares créateurs de sa génération à avoir constamment et méthodiquement renouvelé ses repères formels et ses références techniques. La villa Majorelle à Nancy (1898-1902), les immeubles d'habitation à bon marché construits de 1903 à 1912, les immeubles à gradins du 26, rue Vavin (1912-1913) et du 13, rue des Amiraux (1913-1930), enfin les magasins 2 et 3 de la Samaritaine à Paris (1925-1930) et les magasins Decré à Nantes (1931) jalonnent une œuvre très diverse qui commença par les tentures décoratives et le mobilier, pour aboutir aux immeubles à gradins et à la préfabrication. La rigueur constructive, la hardiesse des partis et la qualité des détails servent un rationalisme pragmatique. Les exigences esthétiques, techniques, urbanistiques et sociales d’Henri Sauvage ont préparé les expériences menées par plusieurs générations d'architectes : en premier lieu ceux qui se firent connaître dans les années 1920, comme Le Corbusier ou Robert Mallet-Stevens, qui considérèrent Sauvage comme un précurseur de l'architecture dite moderne, à l'instar d'Auguste Perret ou de Tony Garnier.

Formation et premières réalisations

Henri Sauvage étudie l'architecture à l'École nationale supérieure des beaux-arts de 1892 à 1903, dans l'atelier de Jean-Louis Pascal, mais quitte l'École sans en être diplômé et se revendique autodidacte. Fils spirituel de l'architecte rationaliste Frantz Jourdain (1847-1935), admirateur et ami de l'ébéniste nancéien Louis Majorelle (1859-1926), ami du peintre et créateur de meubles Francis Jourdain (le fils de Frantz Jourdain), de l'architecte-décorateur Hector Guimard et de l'architecte Auguste Perret, gendre, enfin, du sculpteur, médailleur et ébéniste Alexandre Charpentier, Henri Sauvage a construit sa première célébrité sur les chemins de traverse de l'Art nouveau. Vers 1895, pour le compte de l'entreprise de tentures décoratives de son père Henri-Albert Sauvage et l'associé de celui-ci, Alexandre-Amédée Jolly, il aménage une boutique de décoration 3 rue de Rohan, Paris 1er (détruite). L'entreprise Jolly fils et H. Sauvage reçoit de nombreuses commandes de tentures décoratives, notamment d'Hector Guimard pour son Castel Béranger, ou de Louis Majorelle. Pour ce travail, il s'inspire directement du livre de Viollet-le-Duc Histoire d'une Maison. C'est avec cette première activité de créateur de pochoirs puis de meubles et d'objets décoratifs que le jeune Henri Sauvage se forme à son métier.

En 1897, Sauvage est à Bruxelles où il travaille chez l'architecte Paul Saintenoy. Le séjour d'Henri Sauvage à Bruxelles, qui le sensibilise aussi à l'Art nouveau très rationaliste de Paul Hankar, est aussi important pour la maturation artistique de Sauvage (et pour l'éclosion de l'Art nouveau français) que le fut pour Hector Guimard la visite que celui-ci fit à l'architecte belge Victor Horta deux ans plus tôt. En 1898, Sauvage épouse Marie-Louise Charpentier, fille d'Alexandre Charpentier. La même année, il fonde son agence et adhère à la Société nationale des beaux-arts où il expose régulièrement ses créations.

Un protagoniste de l'Art nouveau

Toujours en 1898, il reçoit de Louis Majorelle la commande d'une villa à construire à proximité des nouveaux ateliers du maître-ébéniste nancéien. Parachevée en 1902, la villa Majorelle à Nancy vaut une précoce célébrité internationale au jeune architecte parisien. En 1899, Sauvage aménage deux salons au Café de Paris (détruits ; le salon mauve a été reconstitué au musée Carnavalet, Paris), après les trois salons que Louis Majorelle y a décorés l'année précédente. À l’Exposition universelle de Paris 1900, il réalise le théâtre de la danseuse Loïe Fuller (en collaboration avec Pierre Roche, Francis Jourdain et Alexandre Bigot), le Guignol parisien, le stand de Jolly fils et H. Sauvage, une usine pour la production électrique destinée à l’exposition et quelques édicules dans le cadre de l’exposition de L’Art de la rue organisée par Frantz Jourdain. Il signe des projets, non réalisés, de buvette, de mâts décoratifs, de pavillon pour les Établissements Majorelle, pour la revue La mode pratique.

De 1899 à 1901, Sauvage expose des meubles et objets divers aux salons annuels de L’Art dans Tout, ancien Groupe des Cinq (puis Société des Six) fondé en 1895 à l’initiative d’Alexandre Charpentier. En 1901, il adhère à la Société des artistes décorateurs (SAD), dès sa fondation. En 1901-1902, il réaménage le magasin du tapissier et décorateur Henri Jansen, 9 rue Royale (Paris 1er, détruit), où il collabore avec le ferronnier Régius (enseigne du magasin) et, pour la décoration de la salle de bains modèle, avec Francis Jourdain, Alexandre Charpentier et le céramiste Alexandre Bigot. En 1902, Sauvage réaménage la boutique du marchand de tissu Jules Coudyser, 19 rue de Cléry (Paris 2e, détruite). Il participe la même année à l’Exposition internationale d’art décoratif de Turin. En 1905, il reçoit la commande de la décoration de la maison de l'avocat Léon Losseau (maison Losseau) à Mons (Belgique) réaménagée sous la direction de Paul Saintenoy. Seules les mosaïques des vestibules seront réalisées par Sauvage et Sarazin, son associé. (NB : une grande partie de la décoration intérieure de la maison de Léon Losseau a été finalement réalisée par le Bruxellois Louis Sauvage, homonymie qui provoque souvent des confusions d'autant moins décelables que certains détails réalisés par Louis Sauvage, en particulier les luminaires moulurés en écoinçons aux angles des murs et du plafond du hall central, reprennent directement des solutions imaginées par Henri Sauvage). En 1908, il réalise la villa de la veuve du commandant Albert Marcot, 16 avenue Thiers à Compiègne (Oise), ornée de grès flammés de Gentil & Bourdet, de ferronneries de Régius et Ruffin (aujourd'hui dégradées), avec du mobilier de Louis Majorelle (disparu).

Logement social, villas de luxe, immeubles de rapport et hôtels balnéaires

De 1902 à 1916, il collabore avec l'architecte Charles Sarazin avec lequel il participe à la fondation en 1903 de la Société des logements hygiéniques à bon marché. Il construit pour cette société six immeubles, en particulier le 7 rue de Trétaigne, Paris 18e (1903-1904) et le 163 boulevard de l'Hôpital, Paris 13e (1908), l'un et l'autre bâti au moyen d'une structure en béton armé apparente, avec remplissages en briques apparentes pour le premier immeuble, intégralement carrelée de grès de Gentil & Bourdet pour le second. Il réalise par ailleurs des immeubles HBM moins coûteux car de construction plus conventionnelle en briques porteuses apparentes, comme le 20, rue Severo, Paris 14e (1905), le 1 rue de la Chine, Paris 20e (1907), le 26 rue Jean-Macé au Havre (1911), le 1 rue Ferdinand-Flocon, Paris 18e (1912). Avec ces HBM, Henri Sauvage intègre avec grande rigueur les principes hygiénistes dans la conception et la construction des logements collectifs, suivant une méthode rationaliste directement nourrie aux écrits de Viollet-le-Duc. Sauvage est aussi l'un des premiers en France avec Auguste Perret à avoir utilisé le béton armé dans le domaine de l'architecture domestique, non pas seulement comme un matériau de construction, mais surtout comme un véritable matériau d'architecture : au 7 rue de Trétaigne, Sauvage met en œuvre une structure en béton armé d'apparence austère, mais dont la modularité très fonctionnelle crée une puissante scansion monumentale. La solution sera reprise par de nombreux architectes d'HBM, en particulier Auguste Labussière au groupe HBM de la rue de la Saïda, Paris XIIIe (1913).

L'association avec Charles Sarazin de 1902 à 1916 l'amène à construire à Biarritz deux audacieuses et élégantes villas mêlant Art nouveau et régionalisme : la villa Océana, construite sur l'avenue de l'Impératrice en 1903-1904 (détruite en 1975), et surtout la villa d'Albert-Guillaume Leuba (appelée villa Natacha à partir des années 1920), 110 rue d'Espagne (1905-1907), dont l'esthétique générale néo-basque n'est qu'apparente et qui fut l'une des plus grandes réussites d'Henri Sauvage en matière d'Art nouveau (collaborations avec le ferronnier Edgar Brandt, avec le peintre Frank Brangwyn, avec le céramiste Alexandre Bigot). Sauvage y conçoit aussi des vitraux inspirés des réalisations de Tiffany, ainsi que le mobilier, proche des réalisations de Gustave Serrurier-Bovy.

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Henri Sauvage | World in Stories