Ce Jour-là

Henri Rochefort

Journaliste, auteur de théâtre et homme politique français (1830-1913)

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Victor Henri de Rochefort-Luçay, dit Henri Rochefort, né le 30 janvier 1831 à Paris et mort le 30 juin 1913 à Aix-les-Bains, est un journaliste, écrivain, pamphlétaire, polémiste, auteur de théâtre et homme politique français surnommé « l'homme aux vingt duels et trente procès ».

Grand polémiste dans les pages de ses journaux (La Lanterne, La Marseillaise, La Petite Marseillaise, Le Mot d'Ordre, L'Intransigeant), il défend au cours de sa vie des positions politiques très variées : anticlérical et républicain sous le Second Empire, favorable à la Commune de Paris à la suite de laquelle il sera déporté au bagne de Nouméa (Nouvelle-Calédonie), boulangiste, « socialiste-nationaliste », et figure antidreyfusarde sous la Troisième République avec Paul Déroulède et Édouard Drumont.

Victor Henri de Rochefort-Luçay est fils de Claude Louis Marie de Rochefort-Luçay, dit Edmond Rochefort, écrivain, lui-même issu d'une branche fixée en Berry (à Luçay) au XVIe siècle d'une famille noble de Franche-Comté dont la filiation remonte à Perrenat de Rochefort, trouvé en 1270. Cette branche dite « marquis et comtes de Rochefort » aurait dérogé.

Il se maria trois fois et épousa à Versailles le 6 novembre 1872 Marie Anastasie Renault (1834-1873), dont il eut trois enfants naturels légitimés par mariage subséquent : Noémie (1856), mariée au peintre et sculpteur suisse Frédéric Dufaux, Henri Maximilien (1859), qui se suicida à l'âge de 29 ans, le 28 avril 1889 à Bône, et Octave (1861-1950) élève de l'École centrale qui devint professeur de physique chimie à l'université de Córdoba (Argentine) et décéda à Buenos Aires.

Le 22 septembre 1897, il épouse Marguerite Vervoort, petite-fille de sa tante maternelle Marie-Anne Maurel et sœur d'André Vervoort.

Grand ami de Victor Hugo, à qui l'auteur des Misérables demandera d'être le parrain de son petit-fils Georges (qu'Hugo élèvera).

Titulaire en 1849 du baccalauréat, il est un admirateur de Victor Hugo et renonce vite aux études médicales auxquelles le destinait son père, le prétendu « comte » de Rochefort-Luçay, auteur dramatique lui-même, connu sous le nom d'Armand de Rochefort. Il commence une carrière d'employé à l'hôtel de ville de Paris qui lui laisse le temps d'aiguiser sa plume. Il se tourne rapidement vers le journalisme en fondant avec Jules Vallès la Chronique parisienne, qui ne dure que quelques numéros. Il entre en 1856 au Charivari, chargé de la rubrique théâtre. Malgré une promotion en 1860, il démissionne de la ville de Paris dès que ses revenus littéraires le lui permettent.

Son œuvre théâtrale, une vingtaine de vaudevilles, connaît quelques succès sans marquer la postérité. Prenant pied peu à peu à la rédaction politique du Charivari, sa carrière de journaliste, en revanche, progresse régulièrement. Il contribue également au Nain jaune en 1863.

C'est en entrant au Figaro qu'il oublie sa particule. À l'époque, la presse est sévèrement contrôlée, le Figaro n'a pas encore payé le cautionnement qui autorise à aborder les sujets politiques. Henri Rochefort se limite donc à la vie littéraire. Il s'en approche pourtant en ne ménageant pas les pièces du duc Charles de Morny ou en déclarant son admiration pour l'exilé Hugo. Il quitte Le Figaro pour rejoindre Le Soleil avant de réintégrer Le Figaro avec un salaire quadruplé. Le ton d'Henri Rochefort n'est pas toléré bien longtemps par l'Empire, et il doit quitter le journal.

Durant sa détention au fort de l'Île-d'Yeu, Henri Rochefort approuve la création d'un conseil de famille dirigé par son beau-frère Jean Marie Gorges, mari de sa sœur Caroline et ensuite par son secrétaire Jean-Marie Destrem.

La loi sur la presse devenant plus libérale, il décide de fonder son propre journal : La Lanterne, en mai 1868. Imprimé à 15 000 exemplaires, il faut lancer des tirages supplémentaires pour atteindre les 100 000 exemplaires vendus. L'éditorial du premier numéro restera célèbre : « La France contient, dit l'Almanach impérial, trente-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement ». L'indifférence affichée par le pouvoir ne résiste pas longtemps au succès du journal car Rochefort ne connaît aucune mesure ; il va jusqu'à écrire : « La statue équestre de Napoléon III, représenté en César (rions-en pendant que nous y sommes) dont j'ai parlé dans mon dernier numéro, est l'œuvre de M. Barye. On sait que M. Barye est le plus célèbre de nos sculpteurs d'animaux ». Après une interdiction à la vente publique, il est attaqué en justice et sévèrement condamné (amendes et prison). Rochefort rejoint alors à Bruxelles l'autre ennemi de « Napoléon-le-Petit » : Victor Hugo, qui l'héberge pendant plusieurs mois.

En France, on continue de se délecter de La Lanterne, vendue clandestinement. Protégé par son exil, Rochefort adopte un ton encore plus acerbe dans ses critiques de l’Empire. L'ennemi juré des bonapartistes est sollicité par les électeurs parisiens lors des élections législatives de 1869, mais il est battu par Jules Favre (auquel se rallient les bonapartistes). En novembre, il est élu député de la Seine, lors d'une élection partielle pour le siège laissé vacant par Léon Gambetta.

Le 19 décembre 1869 sort le premier numéro de son nouveau journal, La Marseillaise, co-créé avec Lissagaray. Le quotidien accueille les collaborations d'Eugène Varlin, Jules Vallès, Paschal Grousset et de Victor Noir. Celui-ci est assassiné le 10 janvier 1870 par Pierre Bonaparte. Les obsèques ont lieu le 12 janvier, suivies par 100 à 200 000 personnes en colère. Pour Émile Ollivier, chef du gouvernement d'alors, Rochefort rate à ce moment une occasion de renverser l'Empire.

Le gouvernement étant parvenu à lever l'immunité parlementaire du député de la Seine, il est arrêté le 7 février 1870 à une réunion (cette arrestation fit l'objet d'un photomontage). Il est condamné à six mois de prison et incarcéré à la prison Sainte-Pélagie, où il est plutôt bien traité et peut continuer à écrire pour La Marseillaise et discuter avec ses camarades détenus, Paschal Grousset et Olivier Pain. C'est du fond de sa cellule qu'il apprend la déclaration de guerre à la Prusse. Par patriotisme et par prudence, espérant une libération prochaine, il suspend La Marseillaise. On préfère pourtant le maintenir en prison.

En 1870, Henri Rochefort cofonde Le Journal du peuple, quotidien anarchiste français, avec Arthur Arnould, Louis Noir ,Ulric de Fonvielle et ses habituels collaborateurs, Le Journal du peuple paraît durant deux mois (1er juillet 1870 — 6 septembre 1870). Il est suspendu dans les jours qui précèdent la chute de l'Empire.

Napoléon III s'est rendu et la République est proclamée le 4 septembre 1870, Rochefort est libéré le même jour et porté en triomphe auprès du gouvernement provisoire qui siège à l'hôtel de ville. Le gouvernement de la Défense nationale est composé exclusivement de députés de Paris, ou élus à Paris mais ayant opté pour un autre département (Gambetta, Jules Simon). C'est donc de droit que Rochefort est membre du Gouvernement de la Défense nationale. Seuls les deux généraux Louis Jules Trochu et Adolphe Le Flô ne sont pas des élus, cependant considérés par les républicains modérés comme des anti-bonapartistes. En fait, les électeurs de Rochefort sont heureux de le voir au Gouvernement, car il est la caution de l'extrême gauche contre qui s'est faite la révolution du 4 septembre. Mais à la suite de l'émeute du 31 octobre, de nouveau confronté à une situation critique, il démissionne prudemment et se dégage de la vie politique jusqu'en janvier 1871, préférant jusque là se contenter de la fréquentation des amis comme l'éditeur Hetzel ou Edmond Adam et sa femme, Juliette Adam. L'armistice du 28 janvier, qu'il rejette, et l'annonce d'élections au début de février, lui font reprendre la plume en créant Le Mot d'ordre. Dès le 5 février, il est solidement élu de même que plusieurs de ceux qu'il soutient[Qui ?].

Il doit rejoindre l'Assemblée à Bordeaux. Celle-ci est favorable à l'armistice avec les Prussiens qui assiègent Paris. Il en démissionne donc rapidement et rentre à Paris, mais trop tard pour assister aux débuts de la Commune. Son attitude devient alors plus complexe, restant à Paris sans être, pour autant, acteur de l'insurrection. Sans croire à la victoire, il refuse la défaite. Sans condamner la Commune, il la soutient de moins en moins, se faisant de plus en plus critique. Dans le Mot d'ordre, ses critiques sur Adolphe Thiers et les Versaillais sont vives, mais les Communards, notamment ses anciens amis comme Paschal Grousset, ne sont pas épargnés.

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