Henri Queuille, né le 31 mars 1884 à Neuvic (Corrèze) et mort le 15 juin 1970 à Paris, est un homme politique français.
Membre du Parti radical-socialiste, plusieurs fois ministre sous la IIIe République, notamment à l'Agriculture, il fut trois fois président du Conseil sous la IVe République.
Henri Queuille naît à Neuvic où son père François-Clément est pharmacien, maire adjoint et conseiller d'arrondissement du canton de Neuvic de 1889 à son décès en 1895. Orphelin de père à l'âge de 11 ans, il est élève boursier au lycée de Tulle et décroche son baccalauréat à 18 ans. Il fait ensuite des études de médecine à Paris, où il se lie d'amitié avec Georges Duhamel, également médecin. À 20 ans, il fonde le syndicat des gorges de la Dordogne QEB qui édite des cartes postales et des brochures pour le tourisme.
À 24 ans, après la mort de sa mère en 1908, il s'installe comme médecin généraliste à Neuvic. Il devient un acteur politique local très engagé dans le parti radical-socialiste et fait figure de « rouge » pour ses détracteurs.
Il est élu maire de Neuvic en 1912, conseiller général du canton de Neuvic en 1913 et député de la circonscription d'Ussel en 1914.
Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale
Volontaire, dès le début de la Première Guerre mondiale, il est affecté comme médecin aide-major à l'hôpital de Baccarat.
En septembre 1916 lui est décernée la croix de guerre avec citation, seule décoration qu'il porte. Il participe à la bataille de Verdun et à la bataille de la Somme.
Un ministre de l'entre-deux-guerres
Élu député de la Corrèze dès 1914, il va être réélu à quatre reprises sous l'étiquette radical-socialiste, jusqu'aux élections de 1936 auxquelles il ne se participera pas et qui verront le communiste Marius Vazeilles lui succéder temporairement. Il retrouvera l'Assemblée nationale après la guerre, en 1946.
En 1935, il devient sénateur de la Corrèze en succédant à ce poste à Henry de Jouvenel, mort cette année-là. Sur le plan local, outre son mandat de maire de Neuvic, il accède, à partir de 1921, à la présidence du conseil général de la Corrèze, poste qu'il occupera jusqu'en 1940.
Queuille est sous-secrétaire d’État à l'Agriculture en 1920, puis nommé secrétaire d'État ou ministre à plusieurs reprises : Agriculture en 1924-1925, 1926-1928, 1930, 1932-1933, 1933 (1), 1933 (2), 1933-1934, 1934 (1), 1934 (2), 1938-1940, Santé publique en 1930-1931, 1934-1935, PTT en 1932, Travaux publics en 1937-1938. Au titre de cette dernière fonction, il met en œuvre et applique la nationalisation des chemins de fer amorcée antérieurement. La création sans heurt de la SNCF, dans des délais très courts, à l'issue de négociations délicates avec les compagnies, vaut à Queuille l'hommage public du président du Conseil, Camille Chautemps, et les félicitations de Léon Blum. Il est président de la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricole de 1935 à 1959.
L'inamovible ministre de l'Agriculture durant l'entre-deux-guerres n'en est pas moins pris dans la tourmente, en 1933, de l’un des plus gros scandales politico-financiers de l’époque, l’affaire Stavisky.
Seconde Guerre mondiale : ralliement au général de Gaulle
Ministre du Ravitaillement en 1940 dans le gouvernement Reynaud, il participe comme sénateur au congrès de Vichy le 10 juillet 1940. Il s'abstient lors de l'octroi des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain et se retire à Neuvic, où il fonde une entreprise de charbon de bois, destinée à alimenter les gazogènes.
Le 16 juillet 1941, il est révoqué de sa fonction de maire de Neuvic par le régime de Vichy. Pendant son séjour clandestin à Neuvic en décembre 1942, Claude Hettier de Boislambert l'informe que le général Charles de Gaulle attache une grande importance à son ralliement. Après l'échec d'une première tentative d'exfiltration, il réussit, en avril 1943, à gagner Londres à bord d'un avion Lysander de la RAF. Quelques jours après son arrivée, il lance à la BBC un appel à la Résistance destiné aux paysans de France.
En novembre 1943, Queuille est nommé commissaire d'État du Comité français de libération nationale. Il en assume également la vice-présidence. En juin 1944, il devient ministre d'État du premier gouvernement provisoire de la République et, à ce titre, assure l'intérim de la présidence pendant les absences du général de Gaulle. Après la Libération, il se retire en Corrèze et refuse de continuer aux côtés de Charles de Gaulle, signe d'une faille entre les deux hommes. Il est battu aux élections législatives de 1945 pour la première et seule fois de sa carrière, mais il redevient maire de Neuvic.
Favorable au rétablissement des institutions républicaines, Queuille se consacre, dans les mois qui suivent la Libération, au relèvement et à la réorganisation du parti radical, durement éprouvé par la guerre et l'occupation.