Ce Jour-là

Henri Louis Duhamel du Monceau

Botaniste et agronome français

Anúncio

Henri Louis Duhamel du Monceau (baptisé à Paris le 20 juillet 1700 et mort à Paris le 22 août 1782), est un physicien, botaniste et agronome français.

Membre depuis 1738 de l'Académie royale des sciences, dont il est élu trois fois Président, il laisse une œuvre importante comme écrivain scientifique dans des domaines aussi variés que la construction et le service des vaisseaux, la pêche, la culture et la conservation du froment, la gestion des forêts. Nommé inspecteur général de la marine en 1739, il crée en 1741 une école de marine, qui deviendra en 1765 l'École des ingénieurs-constructeurs, future ENSTA Paris. Poursuivant l'œuvre de Réaumur, il relance en 1757 la Description des Arts et Métiers et s'oppose aux Encyclopédistes.

Véritable ingénieur, son goût pour les problèmes concrets, l'expérimentation et la vulgarisation en font l'un des fondateurs de l'agronomie et de la sylviculture modernes.

Cette famille de robe entre en possession en 1544 du château de Denainvilliers et de son domaine à Dadonville (45), d'une surface de 600 arpents (un peu moins de 300 ha), lorsque Nicolas Duhamel, épouse Antoinette Jacquelot dont le père François Jacquelot, procureur au parlement de Paris, avait acheté le château l'année précédente à René de Pocaire.

Leur fils Claude Duhamel, bisaïeul d'Henri-Louis, commissaire de l'Artillerie de France, est anobli par le roi Louis XIII en 1624.

Alexandre Duhamel (1647-1714), le père d'Henri-Louis, qui a servi dans les armées du Roi, est veuf et remarié ; il a 53 ans à sa naissance et meurt en 1714. La succession n'est réglée qu'en 1727 : le domaine de Denainvilliers revient à son frère Alexandre (1697-1775), à l'exception de la ferme qui lui échoit. Henri-Louis achète bientôt le domaine du Monceau, près de Pithiviers-le-Vieil, et emprunte pour cela 16 000 livres. Le veuvage d'Alexandre, en 1750, voit la terre de Vrigny, propriété de sa femme, lui échoir. À la fin de sa vie, Alexandre, se sachant malade, cède sa fortune, estimée à plus de 224 000 livres, à Henri-Louis. Celle-ci se compose du domaine de Denainvilliers, de trois fermes et de rentes foncières auxquels s'ajoutent, à Dadonville, une ferme et des terres labourables, à Grantarvilliers un manoir et les droits seigneuriaux ainsi que des terres, à Rebréchien, une exploitation viticole restée indivise, une maison à Pithiviers, des parts à Paris dans cinq immeubles hérités de ses parents ainsi que diverses rentes. Henri-Louis devient alors propriétaire d'une fortune considérable dont il ne tardera pas à prévoir la répartition entre les fils de sa sœur.

« Ce fut pour moi un plus grand plaisir de voir que Denainvilliers est un domaine considérable. L'étendue des champs, le château important, les communs, les jardins, etc., tout cela montre que c'est la résidence d'un homme fortuné ; on voit par là que cet infatigable inventeur (Duhamel), bien que quelques-unes de ses entreprises aient échoué, reçut de son gouvernement la récompense qu'à son honneur il ne lui marchanda pas et qu'il ne fut pas comme d'autres laissé dans l'obscurité sans autres récompenses que celles que peut leur conférer leur seul talent […] »

— Arthur Young, Voyage en France, 1787-1789.

La grand-tante d'Henri-Louis, Élisabeth Boulard de Denainvilliers, est la dernière abbesse de Port-Royal et son grand-oncle Duhamel est un prêtre très engagé dans le milieu janséniste. L'inventaire de la bibliothèque familiale témoigne d'une piété persistante et du maintien de l'influence janséniste. À propos d'Alexandre Duhamel, Fougeroux de Bondaroy écrit que « ses qualités tiraient tout leur prix de la religion : il y était inviolablement attaché ; elle était l'âme de ses actions ». Ainsi, la famille Duhamel est animée de « sentiments d'humanité et de bienfaisance », témoignant de l'empreinte d'une culture familiale janséniste.

Les activités d'Henri-Louis Duhamel sont intimement liées à celles de son frère aîné Alexandre Duhamel, décrit comme un ascète et gentilhomme campagnard, et à celles de son neveu Fougeroux de Bondaroy, qui devient au fil des ans l'un de ses principaux collaborateurs.

Resté volontairement dans l'ombre de son frère cadet, Alexandre Duhamel n'en eut pas moins un rôle important et, selon l'abbé de Barcos, « les deux frères vivaient dans une union si étroite que bientôt les goûts de l'un devenaient ceux de l'autre. Ce n'était qu'un cœur et un même esprit ». Charles-Pierre Colardeau écrit de lui : « né sans ambition, porté par goût vers les travaux de la campagne où semblait l'appeler son amour pour la tranquillité, il destina son temps et les connaissances qu'il avait acquises à l'utilité des habitants de ses terres ». Alexandre ne signe jamais aucune publication malgré son implication bien réelle dans l'œuvre attribuée à Henri-Louis. Sur la fin de sa vie, il refuse le titre de correspondant de l'Académie que lui propose Malesherbes ; il meurt en 1775.

Resté célibataire, peu enclin aux mondanités, Duhamel du Monceau adoptera et élèvera ses six neveux Fougeroux ; Auguste Denis Fougeroux de Bondaroy est l'aîné. Élu adjoint botaniste à l'Académie le 25 août 1758, c'est un excellent dessinateur. Dans son testament, Duhamel le charge d'achever le Traité des Pêches, ouvrage de compilation sur l'exploitation des ressources halieutiques, entreprise qu'il ne mènera jamais à bien.

Les papiers personnels de Henri Louis Duhamel du Monceau sont conservés aux Archives nationales sous la cote 127AP.

Formation et début d'une carrière scientifique

Henri-Louis et son frère sont envoyés au collège d'Harcourt, à Paris où sa famille possède une résidence. Ils ont pour précepteur l'abbé Pinchart. Leur oncle maternel, l'avocat Julien Trottier, s'occupe de leur éducation et de la gestion de leurs biens. Henri-Louis n'est pas un élève brillant, il n'aime ni les mathématiques ni les langues étrangères mais découvre bientôt la physique, qui lui permet de satisfaire son goût du concret et des travaux manuels. Il passe l'été à Denainvilliers où il pratique le bricolage avec son frère Alexandre, marquant ainsi le début d'une longue collaboration.

Henri-Louis s'inscrit aux cours des savants du Jardin du roi et fréquente bientôt les chimistes Louis Lémery et les Geoffroy, père et fils, ainsi que le directeur des cultures Sébastien Vaillant, les anatomistes Jacques-Bénigne Winslow et Joseph-Guichard Du Verney, le botaniste Antoine de Jussieu et son neveu Bernard, ou encore Charles François de Cisternay du Fay. Il est remarqué par le directeur du jardin, Guy-Crescent Fagon. Sa famille n'apprécie guère ses fréquentations et lui intime de faire son droit ; en 1718 il s'inscrit à Orléans où il peut loger chez son oncle. Mais il préfère visiter les nombreux ateliers et manufactures de la ville, ce qui lui servira plus tard pour la Description des arts et métiers.

En 1721, de retour à Paris après la mort de son père, Henri-Louis s'y installe avec sa mère, avec qui il vivra jusqu'à sa mort en 1757. Il s'oriente alors vers ce qui deviendra la physiologie végétale, car pour lui il est plus important de « faire l'essai expérimental d'une idée que d'en discuter », rejoignant ainsi Bernard Palissy et Réaumur. En 1728, il présente son mémoire sur le safran à l'Académie royale des sciences, dont il est nommé adjoint chimiste le 22 janvier.

En 1728, il aménage un laboratoire de chimie pour son frère dans le domaine familial. Son premier sujet d'étude est la solubilisation et la purification des sels de tartre qui étaient alors utilisés en médecine pour leurs propriétés apéritives et laxatives. Il établit que les « terres alcalines » peuvent rendre le tartre soluble alors que les autres ne font que le purifier. Duhamel et son fidèle collaborateur Jean Grosse établissent une table dans laquelle ils classent les différents « tartres solubles » (les différents tartrates neutres obtenus) en fonction de leur solubilité dans l'eau, de la nature de la base utilisée pour leur formation, de leur facilité à régénérer la « crème de tartre », de la nature de l'acide employé pour cette opération. Cette table est à comparer à la table d'affinités-rapports publiée en 1718 par Étienne-François Geoffroy.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium